Par Didier Durand : En multipliant les produits dangeureux pour la protection de la vie privée, Google s'attire une protestation de plus en plus virulente.

Google se rapproche toujours de la ligne jaune dans le domaine du respect de la sphère et flirte un peu plus avec le danger (J’avais déjà pointé les mots de E. Felten qui a dit que Google est sur le fil du rasoir : selon lui,1 ou 2 scandales de sphère privée et le géant redevient une société comme toutes les autres !..)

En effet, une des nouvelles fonctions de Google Desktop v3 (que le blog officiel de Google vient d’annoncer et que Zorgloob détaille) permet d’exporter l’index des fichiers de son PC personnel vers les serveurs de Google (il était jusqu’à présent strictement local) afin de pouvoir l’accéder depuis un autre ordinateur pour retrouver ses petits.

Pour des personnes qui travaillent sur de multiples ordinateurs, l’intention fondamentale est louable : on retrouve son information personnelle depuis partout. Pour l’administration américaine, hostile à son utilisation interne, le casse-tête s’amplifie !

Quel risque !

En effet, si un méchant hacker vient à transpercer les barrières sécuritaires de Google, il aura accès à des informations hautement personnelles. Et puis, j’ai déjà montré que Google connaissait déjà à travers mes recherches beaucoup de choses sur moi-même. Là, on passe à la puissance 1’000(‘000…) ! Bien sûr, c’est aussi excellent pour un meilleur ciblage publicitaire et donc une amélioration des revenus.

Qui osera utiliser cette option ? L’Electronic Frontier Foundation (wikipedia fr) (la définition EN sur EFF de Wikipedia est encore plus détaillée) très à cheval sur le respect de la sphère privée publie un communiqué très virulent contre l’utilisation de la V3 de Google Desktop.

Elle rapproche le sujet de la récente affaires des journaux d’archives Google demandés par l’administration américaine sur le thème « plus vous donnez à Google, plus il pourra alimenter les autorités sur votre vie privée ».

Elle fonde son opposition sur la loi américaine ECPA de 1986 qui protège nettement moins bien le consommateur et sa sphère privée face aux autorités dès que ses données sont sur les serveurs d’un prestataire de services Internet.

Finalement, une nouvelle incarnation d’une vieille histoire bien connue : la technologie avance plus vite que les lois qui la régisse !

PS : Google va bien sûr revoir ses conditions d’utilisation. M. Arrington analyse les anciennes et prédit que le texte suivant va très prochainement devoir être modifié : « these combined results can be seen only from your own computer ; your computer’s content is never sent to Google (or anyone else« .

Didier Durand
Informaticien par profession et internaute par conviction (passion ?) , Didier travaille dans un groupe de média & publicité suisse autour des nouvelles technologies et de l’Internet. Il est l’auteur du blog Media & Tech.

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