DADVSI : DSK exprime son avis au sein du PS
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 13 Février 2006 à 09h15 -
posté dans High-Tech
Dominique Strauss-Kahn, député socialiste, ancien ministre des finances sous le gouvernement Jospin, et bloggeur à ses heures perdues, a exprimé son avis sur le P2P et le droit d'auteur dans une tribune adressée au journal Libération.
Le Parti Socialiste se trouve dans une position difficile dans le débat sur les droits d'auteur. Son rôle d'opposition et sa tradition progressiste pousse le PS à rejeter naturellement le texte de la proposition de loi DADVSI du gouvernement et son ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres. Mais, plus encore à l'approche d'un rendez-vous électoral, il est délicat pour les socialistes d'aller contre la volonté des leaders d'opinion que sont les artistes. D'autant plus délicat qu'une majorité d'artistes se réclament de gauche et que des interprètes parmi les plus médiatiques se sont ouvertement montrés favorables aux orientations actuelles du projet de loi.
Anne Hidalgo et Jack Lang, deux figures de la Culture au PS, se sont déjà montrés plutôt en faveur de la loi et contre l'idée d'une licence globale défendue pourtant brillamment dans leurs rangs par Patrick Bloche, Didier Mathus et Christian Paul. L'avis de Dominique Straus-Khan (DSK), économiste réputé et ancien ministre des finances sous le gouvernement Jospin (qui n'avait pas transposé la directive EUCD), était dans ce climat de tensions très attendu. Il est venu dans une tribune publiée dans Libération.DSK considère qu'il "ne faut pas s'opposer aux nouveaux usages de l'Internet, et notamment le P2P". "Ce serait illusoire techniquement", rappelle-t-il, avant d'ajouter que "ce serait une erreur politique face aux progrès qu'apporte le P2P dans l'accès à la culture, dans l'offre culturelle, et dans les usages "car les utilisateurs des réseaux de P2P ne sont pas intéressés que par la gratuité : ils sont aussi séduits par la simplicité d'accès, l'instantanéité, la mobilité". Lutter contre le P2P serait donc enfin un contre-sens économique, selon DSK qui invite l'industrie à "réfléchir à un modèle économique adapté à la distribution des biens culturels dans le monde numérique". Aussi DSK dénonce "l'attitude de la droite", qui en proclamant l'urgence se rend "coupable de hâte inutile". "J'invite le gouvernement à reprendre le débat sur des bases saines. Opposer internautes et artistes n'est pas acceptable", clame le député PS. Une solution alternative qui ne serait pas la licence globale "Le maintien de l'interdiction du P2P et la protection du droit d'auteur par des technologies anticopie, basées sur les DRM, juge DSK, est une "solution [qui] paraît peu séduisante". Mais, même s'il n'y montre pas opposé, DSK se dit "personnellement très dubitatif sur la solution de licence globale. La licence pose un problème de répartition de la manne collectée, indique-t-il, avant de s'interroger sur la naïveté du caractère volontaire de la licence. "Quels seraient les moyens de contrôle, si ce n'est ceux répressifs que les partisans de cette solution se refusent à mettre en place pour le téléchargement payant ?", demande-t-il aux partisans de la licence globale. Ainsi DSK propose une troisième voie, curieuse, qui serait la "légalisation payante du P2P". "Le téléchargement serait autorisé (sur la base d'une source initiale légale), mais il serait payant quand l'oeuvre est protégée. Le paiement serait collecté par le fournisseur d'accès en sus de l'abonnement, une fois par mois", explique-t-il. Il s'agirait en somme d'institutionnaliser le paiement oeuvre par oeuvre que DSK semble par ailleurs rejeter. "Le coût par téléchargement nécessaire pour financer la culture serait bas, sans doute moins de dix centimes d'euro par oeuvre", et "l'augmentation phénoménale du volume compenserait la baisse des prix", calcule l'économiste. Mais cette solution batarde et à la mise en oeuvre des plus délicates semble surtout née du réflexe politique de la trouvaille d'idée. Il faut trouver une idée pour exister dans le débat. Or les deux seules idées viables semblent bien s'opposer entre le système protectionniste mis en oeuvre par DRM, et le système de licence globale. Si les seuls problèmes posés par cette dernière sont le mode de répartition des sommes collectées et son caractère optionnel, il faut sans doute mieux en discuter que de rejeter l'intégralité de la proposition. Il faut du courage politique pour ouvrir cette discussion. Et c'est lui, plus que les idées, qui semble aujourd'hui manquer. Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «DADVSI : DSK exprime son avis au sein du PS»
La LG est illusoire techniquement pour ce qui est de la répartition de la manne financière... et il en va exactement de même pour cette idée.
Comment veut-il répartir l'argent ? Aux titres ? Ok alors je télécharge "Dies Irae", on rémunère qui ? Aux méta-données ? La moitié des mp3s que j'ai récup' n'en possèdent pas, ou des totalement fausses. Aux noms d'auteurs présents dans le nom de fichier ? Débile quand on connait le nombre de chansons attribués à un mauvais auteur. Aux hash ? Impossible, il peut exister une infinité de hash, un bit modifié (un simple tripotage de méta-donnée) et le hash est totalement différent. Sans parler des millions d'oeuvres à référencer. Bref si la LG n'est pas très réaliste, son idée ne l'est absolument pas plus. Mais c'est sympa d'être essayé.
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En me basant sur mon propre exemple, je me vois mal cracher encore plus que mes 75$ d'abonnement mensuel Internet illimité (eh oui, je ne suis pas Français, mais le problème reste le même, on parle bien de principes ici), mettons 10 ou même 20$ de plus (en se basant sur les prix de forfaits de download illimités de certains services de musique en ligne) pour pouvoir profiter réellement d'un tel abonnement.
Si une licence globale peut se faire sans augmenter des prix déjà outranciers, ça serait parfait. Mais à ce moment là, pour qu'elle soit équitable, il est absolument essentiel de supprimer complètement la taxe sur les supports vierges. Ayant des amis Français, je peux vous dire qu'ils sont déjà assez lourdement taxés (tout ce que l'État vous suce en TVA et taxes diverses, jcomprends pas que personne proteste). Mais le problème est encore plus grave pour les étudiants: par nature, ce sont probablement les plus fauchés d'entre nous, à part p-ê les clodos, consacrent une part énorme de leur revenu au logement, les études & Cie., doivent casquer aussi pour le net (indispensable), et ils faudraient en plus qu'ils payent pour avoir le droit d'accéder à la culture.
Sans compter le fait que les FAI ou n'importe quel autre organisme s'arrange pour savoir ce que je télécharge, ça me dérange profondément. Tout comme avoir abandonné Google depuis longtemps pour question de non respect de la vie privée (bien avant la parution de l'article correspondant sur Ratiatum) et boycotté pour la même raison une offre de compte GMail qu'on m'a faite, je ne me vois pas accepter une nouvelle entorse à la plus essentielle des libertés selon moi: le droit à l'anonymat.
Soyons réaliste: tout ce que savent faire les partis de gauche, de tous les pays, c'est taxer. Les majors se plaignent des téléchargements ? Taxons les supports de sauvegarde. Un nouveau régime de rentes pour les congés parentaux est mis en place ? Taxons-les tous, jusqu'au SMICard ou à l'étudiant qui ont autre chose à penser que d'élever des gosses (Joindre les deux bouts, par exemple). Le gouvernement veut baisser les taxes de vente ? Profitons de l'occasion pour augmenter les taxes locales. Il faut investir pour vendre plus d'électricité à l'étranger ? Haussons les prix de l'abonnement des usagers. Un proche vient de mourir en léguant un petit 100 000 à son fils en grave difficulté financière ? Halte-là, et les 50% de l'État alors ? Faudrait pas qu'il puisse rembourser ses créanciers et se refaire, où irait le monde sinon ? Le problème est uniquement politique: s'ils étaient, tous autant qu'ils sont, capables de dire "non" à des taxes existantes (dont celle sur le revenu, qui coûte, d'après estimations, aussi cher à percevoir que ce qu'elle rapporte...une pure perte de temps pour l'État, et de fric pour le péquin moyen) et d'avoir les couilles de s'opposer à des majors puérils, les électeurs les respecteraient davantage. Mais c'est effectivement difficile de voir le fond du "problème" (ce n'en est un que dans leur langage, en fait) quand on n'en fait pas partie, ni de près ni de loin, qu'on reçoit ses 80 000$ par an plus primes diverses et qu'on peut s'acheter au prix fort tout ce qui se vend....quand on s'y intéresse. Je m'excuse de cette dérive anarchiste....Merde, je me suis trahi