C'est un voyage inhabituel. Le directeur exécutif de Google, Eric Schmidt, va prochainement se rendre en Corée du Nord. Mais selon toute vraisemblance, il ne s'agira pas d'un voyage d'affaires. L'objectif serait plutôt de persuader les autorités nord-coréennes de relâcher un Américain, arrêté fin décembre pour des motifs obscurs.

Classée dans la catégorie des ennemis du net par Reporters Sans Frontières, la Corée du Nord dispose d'un des réseaux les plus censurés et les plus limités du monde.  Si les nouvelles technologies se développent malgré tout, avec un million de Nord-Coréens disposant d'un accès mobile 3G, elles ne sont pas reliées au réseau des réseaux et font l'objet d'une étroite surveillance.

C'est dans ce contexte un peu particulier qu'Eric Schmidt va participer à une mission humanitaire conduite par l'ancien gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson. La raison exacte de la présence du directeur exécutif de Google au sein de cette expédition n'a pas été divulguée par la firme de Mountain View. L'entreprise américaine a même refusé de confirmer ou d'infirmer l'existence de ce voyage.

Fin décembre, la Corée du Nord a confirmé avoir arrêté un Américain d'origine coréenne. Pae Jun-Ho est accusé d'avoir commis certaines infractions dans le pays, sans que le régime ne précise lesquelles. Au regard du contexte actuel, la présence d'Eric Schmidt aura peut-être pour effet de pousser les autorités à relâcher Pae Jun-Ho et l'expulser du pays.

Plusieurs personnalités américaines ont mené des missions de ce genre par le passé. Les anciens présidents Jimmy Carter et Bill Clinton ont joué ce rôle, afin de permettre à des Américains d'évacuer le pays. Bill Richardson a été par le passé l'émissaire des États-Unis, dans un contexte où les tensions avec la Corée du Sud et le développement d'armes nucléaires sont des sujets brûlants.

Du côté de la Corée du Sud, les services diplomatiques ont confirmé l'existence de cette mission, sans pouvoir indiquer sa date ni le motif de la présence du patron de Google. Du côté du département d'Etat américain, la porte-parole a désapprouvé l'initiative au regard des derniers développements (mise en orbite d'un satellite) et souligné que la mission n'était porteuse d'aucun message officiel.

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