Les autorités européennes suspectent fortement ZTE et Huawei de bénéficier d'aides de l'État chinois, leur permettant de déverser leurs produits sur le Vieux Continent à des prix défiant toute concurrence. Bruxelles est en contact avec Pékin sur ce dossier, et réfléchit à des mesures visant à faire cesser ce dumping.

Les pratiques commerciales de ZTE et Huawei en Europe pourraient être sanctionnées dans un avenir relativement proche. Selon une note de la Commission européenne consultée par le Wall Street Journal, Bruxelles considère que les activités des deux entreprises chinoises spécialisées dans les télécommunications enfreignent les règles de la concurrence.

Les deux équipementiers sont suspectés de déverser leurs produits sur le Vieux Continent en vendant à perte, empêchant les autres entreprises de les concurrencer loyalement. ZTE et Huawei compenseraient ce manque à gagner grâce à des aides de l'État chinois. Il s'agit de subventions gouvernementales pour soutenir l'exportation, ce qui peut potentiellement aboutir à une plainte auprès de l'OMC.

La Commission européenne n'a pas encore déterminé exactement la nature de l'action qu'elle comptait entreprendre pour obtenir la fin de ce dumping, d'autant qu'aucun équipementier n'a pour l'instant déposé de plainte formelle. Interrogé par le Wall Street Journal, le commissaire en charge du commerce, Karel De Gucht, a expliqué que ce dossier "est suivi de très près" et que les "investigations se poursuivent".

"Nous devrons faire le point dans les prochaines semaines, voire mois, afin de savoir quelle seront les mesures que nous prendrons. Nous avons déjà eu des discussions avec les autorités chinoises sur ce sujet", a-t-il expliqué au quotidien américain. Car les différences de prix sont considérables : certains équipements sont vendus 35 % moins chers que les produits européens. Impossible de s'aligner dans ces conditions.

Suspectés de ne pas jouer le jeu d'une concurrence libre et non faussée, ZTE et Huawei sont également pointés du doigt en matière d'espionnage économique et de cyberdéfense. En France comme dans d'autres pays du monde, les produits des deux constructeurs sont perçus comme les chevaux de Troie du pouvoir chinois et certains gouvernements ont choisi de les écarter des marchés publics.

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