Le blocage des télécommunications en Syrie a convaincu Google et Twitter de relancer l'opération Speak2Tweet, afin d'aider les Syriens à communiquer avec l'étranger grâce à une simple ligne téléphonique. Mais l'étendue de la coupure des réseaux survenue en Syrie laisse penser que l'outil ne sera pas efficace immédiatement.

La rupture des télécommunications continue en Syrie, malgré les protestations internationales plaidant pour un retour de la connexion Internet et des lignes téléphoniques. Vingt-quatre heures après la déconnexion du pays du réseau des réseaux, des initiatives mises en place dans d'autres circonstances sont relancées. C'est notamment le cas du service Speak2Tweet (parlez pour tweeter).

Lancé lors de la révolution égyptienne, le service promu par Google est capable de diffuser des messages écrits sur le réseau social Twitter, en convertissant les messages vocaux reçus sur un répondeur. L'outil exploite ainsi le réseau téléphonique et est joignable en appelant les numéros suivants : +902123391447,  +302111982716, +390662207294 ou +16504194196.

Cependant, comme le rappelle le géant du net, Speak2Tweet ne fonctionne que si l'utilisateur dispose d'une ligne téléphonique en état de marche. Or au regard des informations en provenance de Syrie, la rupture des communications frappe non seulement Internet, mais également les communications téléphoniques filaires et mobiles. Et leur remise en route dans un avenir proche demeure incertaine.

"Hier, l'accès Internet a été complètement coupé en Syrie. Malheureusement, nous avons entendu des témoignages indiquant que les téléphones mobiles et fixes ne fonctionnent pas correctement non plus. Mais pour ceux qui auraient la chance d'avoir une ligne téléphonique fonctionnelle, ils peuvent toujours utiliser Speak2Tweet en laissant simplement un message sur la boîte vocale […]"", a commenté Google.

À cette occasion, Google a estimé que l'affaire syrienne rappelle pourquoi "un Internet libre et ouvert est si important". Une déclaration loin d'être anodine, car elle survient une semaine avant la conférence mondiale des télécommunications internationales (CMTI-12), dont l'objectif est de réviser le règlement des télécommunications internationales (RTI).

Il s'agit d'un "traité international ayant force obligatoire et conçu pour faciliter, à l’échelle internationale, l’interconnexion et l’interopérabilité des services d’information et de communication, ainsi que pour en assurer l’efficacité et l’utilité et les mettre largement à la disposition du public", explique l'Union internationale des télécommunications (UIT).

Organisée par cette dernière, une institution spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l'information et de la communication, cette conférence suscite l'inquiétude de plusieurs acteurs, en particulier Google qui a ouvert un portail dédié pour mettre en garde les internautes de la tentation de certains Etats de vouloir réguler Internet à leur guise.

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