Jérôme Cahuzac est revenu sur le bras de fer qui oppose actuellement Google à l'administration fiscale. Sans la nommer explicitement, le ministre délégué au budget a toutefois appelé la firme californienne à se mettre au plus vite en conformité avec le fisc français. Google pourrait devoir payer 1,7 milliard d'euros.

Les options de Google pour échapper au fisc français commenceraient-elles à manquer ? Tandis que l'administration a récemment marqué des points en gagnant une manche procédurale devant la Cour d'appel de Paris, empêchant Google d'obtenir l'invalidation des preuves saisies dans ses bureaux parisiens, le ministre délégué au budget Jérôme Cahuzac a enjoint le groupe américain à régulariser sa situation.

Sans jamais nommer explicitement Google mais évoquant un "moteur de recherche", le ministre s'est limité à un commentaire laconique dans lequel il a déclaré que "l'administration a demandé à cette entreprise de régulariser sa situation". Affirmant que les deux parties ont établi un "dialogue", Jérôme Cahuzac a néanmoins rappelé que l'option judiciaire était aussi sur la table pour résoudre cette affaire.

"J'ai la conviction tout à fait sincère que l'État, l'administration dispose des éléments largement probants pour que la justice confirme ce qu'est aujourd'hui l'analyse de l'administration", a-t-il poursuivi, cité par Reuters, ajoutant "qu'il a été mis en évidence une activité domiciliée en France qui est incontestable". Le ministre fait ici référence à la notion de cycle commercial complet, définie par la jurisprudence du Conseil d'État.

Dès lors que les opérations commerciales sont réalisées matériellement à l'étranger, mais décidées, traitées et contrôlées directement en France, la société doit payer des impôts en France. Mais pour le fisc, il reste encore à démontrer que les opérations commerciales officiellement réalisées depuis l'Irlande étaient en fait opérées en France. D'où la tentative de Google de faire invalider les preuves obtenues à Paris.

D'après les informations du Canard Enchaîné, l'administration fiscale pourrait réclamer 1,7 milliard d'euros au titre du redressement, en incluant les intérêts et les pénalités pris en compte. De son côté, la firme américaine a bien entendu infirmé les éléments rapportés par l'hebdomadaire satirique.

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