Le SNEP refuse de distinguer download et upload
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 18 Janvier 2006 à 09h46 -
posté dans High-Tech
Le SNEP (Syndicat National de l'Edition Phonographique) a indiqué mardi qu'il rejetait la distinction communément admise entre le téléchargement et la mise à disposition des fichiers (l'upload) sur Internet. Il souhaite que des sanctions soient prises contre tous, même en cas uniquement de téléchargement.
Les deux amendements votés le 21 décembre au soir ont été vus trop rapidement comme l'adoption de la licence globale. En réalité il s'agissait uniquement d'inscrire dans la loi le principe dégagé par les tribunaux français, selon lequel télécharger une chanson sur Internet relève de la copie privée, et n'est donc passible d'aucune peine. Pour ne pas laisser les artistes et les producteurs sans le sous, les amendements ajoutaient une rémunération, similaire à celle qui existe sur les CD vierges pour la copie réalisée par gravure.
Dans les faits, amendements adoptés ou non, le téléchargement (y compris sur les newsgroups ou l'enregistrement de webradios via StationRipper), est réputé légal. Seule est condamnée la mise à disposition des fichiers, c'est-à-dire le partage de fichiers sur les réseaux P2P. Mardi, le SNEP a rejeté toute distinction entre le "téléchargement" et la "mise à disposition de fichiers" sur les réseaux P2P, réagissant aux aménagements proposés par le ministère de la Culture en faveur d'une affirmation du droit à la copie privée. "Cela nous inquiète et nous sommes obligés de le dire au gouvernement: il ne faut pas établir de césure entre le téléchargement (download) et la mise à disposition (upload), car le vrai problème, c'est l'échange" de fichiers (musique, films...) sans autorisation des ayants droit", a indiqué Hervé Rony, le directeur général du SNEP. Et M. Rony a raison, il n'y a pas de distinction à faire puisque sur les réseaux P2P, "quand on télécharge on met automatiquement des fichiers à disposition". Les maisons de disques défendues par le SNEP refusent alors que l'on "supprime tout type de sanction à l'encontre de ceux qui téléchargent illégalement, même modestement". Disparition de la copie privée ? Ce serait alors la disparition de la copie privée sur Internet, qui serait limitée - et c'est bien ce que souhaite l'industrie et ce que s'apprête à adopter le gouvernement, aux seules copies des oeuvres que l'on a déjà personnellement acquises. Le fait de réaliser chez soi la copie d'un album acheté par un voisin est monnaie courante dans le monde physique, et tout à fait légal. Mais faire la même chose sur Internet avec une chanson achetée sur iTunes par un ami serait illégal et condamnable, "même modestement" ? Certes, l'industrie répondra qu'il est tout à fait possible techniquement de permettre un nombre déterminé de copies sur des ordinateurs tiers. Le modèle économique de Weed est basé essentiellement sur ces possibilités de "prêter" une chanson à un ami. Mais c'est alors confier aux seuls industriels la gestion du droit d'auteur. C'est faire que ce droit aux équilibres si fragiles, garantis par le législateur depuis le siècle des Lumières, serait désormais entièrement contractualisé. Les droits et devoirs des producteurs et du public ne seraient plus déterminés par la loi, mais gérés par les seuls contrats inscrits dans les DRM, par les industriels. Est-ce cela, le droit d'auteur que nous voulons ? Si l'upload est en effet indissociable du téléchargement, il faut en tirer la conclusion inverse que l'upload ne peut lui même qu'être soumis à une légalisation. Et cette légalisation, plaise-t-il ou non, ne peut être assurée sans préjudice que par le truchement d'une licence légale/globale. Le débat de la licence globale est donc moins un choix économique qu'un choix de société entre un droit d'auteur régulé par l'Etat et un droit d'auteur régulé contractuellement par les sphères privées. C'est cela, le vrai débat du droit d'auteur qui doit être ouvert le 8 février, lors de la deuxième manche des discussions sur le projet DADVSI. Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «Le SNEP refuse de distinguer download et upload»
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Haklia
le 18/01/2006 à 09:56
Je suis sûr quand se courbant un peu, on peut se mettre à ressembler à des tirelires en forme de cochon. Parce que c'est bien ce que nous sommes d'un point de vue des majors. Et quand on en a trop à ne savoir que faire, on tire dessus ; c'est amusant, et ça fait de la place.
si j'ai bien compris....,
il est aujourd'hui inutil de limiter son upload, upload download même combat.... si j'ai bien compris....,
il est aujourd'hui inutil de limiter son upload, upload download même combat.... kkali : « si j'ai bien compris....,
il est aujourd'hui inutil de limiter son upload, » Tu as mal lu. Pour l'instant, c'est le contraire et le SNEP souhaite changer cela. "même modestement". En gros ce sera la boucherie RIAA style. Il ne faut absolument pas que ça passe.
en même temps, j'espere en ce bas mon que le SNEP n'a pas les pouvoirs qu'elle souhaite. Car si la vie des citoyens doit etre boulversé par un collectif de majors, alors la democratie par en vrille. (oui je sais c'est la cas, blabla). va falloir se sur-mobiliser aux prochains debats. Encore plus qu'aux precedents. pffff... Le SNEP reste fidèle à ses sales manières : lorsqu'une loi ne lui convient pas, il fait pression sur le gouvernement pour obtenir des modifications.
A part tout refuser en bloque, je trouve que les acteurs de l'industrie du disque ne se creusent pas trop la tête pour parvenir à une solution avantageuse pour tout le monde :
Que pensez vous d'une license globale obligatoire de 10 euros mensuel supportée à 50 % par les utilisateurs et 50 % par les FAI. Par exemple, sur un forfait à 30 euros, le FAI le baisse à 25 euros mais la facture pour l'internaute sera de 35 € license globale incluse. 10 €uros x environ 12 000 000 d'internautes = 120 000 000 d'euros par mois soit 1 440 000 000 d'euros annuel. Aujourd'hui les artistes téléchargés ne touche rien, qu'est ce qui est le mieux ? 1,44 milliard d'euros par an ou rien ? franchement moi je trouve ca par mal car ça , se sera un revenu fixe, periode de création artistique creuse ou pas et tout le monde n'achète pas TOUT les mois. De plus je pense que les FAI qui nous ont vendu le haut debit argumentaient principalement sur le telechargement et le contenu, qui plus est qui passe par leur tuyau, ils doivent payer aussi, il sont bien complices si nous sommes considérés en pirates, non ? Ca devient lourd, cette industrie commence à me gonfler.
Je m'interdis jusqu'à nouvel ordre d'acheter un CD ou DVD. Vive la Tele (je coupe lors des pubs). Vive la Radio (de même). c'est à la mode de contredire la loi ?
ça sert à quoi de faire voter une nouvelle loi toute propre si déjà les hautes instances pissent sur l'ancienne ??? Apart les intentions, plus ou moins perverses, des différents groupes de pression autour des industriels, de changer la loi selon leurs intérêts, ce qu'il faut redouter ensuite, une fois la bataille légale perdue, c'est l'application de cette loi: c'est à dire, de quels moyens va-t-il se doter le pouvoir pour défendre la loi qu'il a institué antidémocratiquement? parce que, au nom de la défense d'une loi de rang supérieur on peut toujours bafouer des petits reglements qui jadis nous protégeaient. Quelles nouvelles restrictions, quelles nouvelles habitudes policières, quelle ordre cybernétique pourraient encore nous attendre?
@tholomyès : Les nouvelles habitudes policières sont déjà en place.
http://www.odebi.org...ourlesnuls.html Ben moi je propose qu'on ne fasse aucune distinction entre auteur-compositeur et audiophile i.e. L'audiophile doit être rémunéré pour son écoute. Voilà. On peut aller très loin dans l'amalgame.
De plus, les théories de ces majors se protègent toutes derrière le terme générique de droit d'auteur. Mais que dire alors du téléchargement d'une version d'un titre acquis dans le commerce qui ne diffère que par le type d'enregistrement (par exemple en concert) ? Finalement, il s'agit bien de la même partition et des mêmes paroles.
Alors le législateur inventa le 'droit voisin'... :-( ah en parlant des artistes j'ai lu ca hier :
"Johny H detronne Sardou en 2005 !! alors Johny H 6.6 millions d'euros de gagné en 2005 dont 4 millions en ventes de disque le reste merci la pub. M.Sardou 3.6 millions d'euros M Farmer 3.5 millions d'euros alain souchon 3.2 millions d'euros Raphael: .4 millions d'euros G . de Palmas 1.9 millions d'euros F . Pagny : 1.8 millions d'euros "heu peut etre plus aussi ! " Calogero : 1.6 millions d'euros M : 1.5 millions d'euros Y.noah :1.4 millions d'euros et moi 17000 euros l'année dernière ,et je dois avoir pitié de ces gens là ,et nos politiciens qui se plient aux volontés des patrons de ces gens qui se remplissent encore plus les poches sur notre dos ,,oui ,moi avec mes 17ooo euros par ans je dis qu'on franchit tout doucement la ligne blanche ,en france comme en europe vis à vis des peuples !! Pourquoi le métier de chanteur devrait il être assimilé , à millionnaire ?
Chanteur = obligatoirement millionnaire ? Qu'ils retombent un peu sur terre ! Kad> Et M. Rony a raison, il n'y a pas de distinction à faire puisque sur les réseaux P2P, "quand on télécharge on met automatiquement des fichiers à disposition".
Il n'y a pas de liaison obligatoire entre l'upload et le download. Un serveur FTP anonyme offre uniquement de l'upload et le client ne fait que se gaver. La liaison entre upload et download résulte d'une politique incitative mis en place pour éviter le leech. Mais il ne s'agit pas d'une règle fondamentale du P2P. En fait les Majors et Disney veulent abolir la copie privée, la taxe qui va avec et tout controler. L'amendement est déjà un bon commencement et je pense que s'il son contre bah il y aura plus d'action pour rendre le peer to peer anonyme et crypté mais bon
["quand on télécharge on met automatiquement des fichiers à disposition"]
et le "leech" alors? (download sans upload) en configurant son logiciel p2p c'est très facile à faire @ Ratiamano [Aujourd'hui les artistes téléchargés ne touche rien, qu'est ce qui est le mieux ?] un groupe découvert par le téléchargement a bien plus de chances d'être acheté par la suite qu'un groupe qui n'a pas été découvert.. et ça certaines maisons de disques "indépendantes" feraient bien de le comprendre ! Stupide et prononcé par des représentant qui n'y connaissent rien comme d'habitude...
1) on peut télécharger SANS partager. Hé oui, il suffit d'oucvrir kazaa ou shareaza pour le voir. 2)le SNEP n'est pas une institution judiciaire, que je sache. Encore moins législative, pour décider ce qu'est le droit à la copie privée. Que cela ne leur plaise pas n'est pas un argument juridique pour arranger une loi à leur sauce!
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