Dans une interview à l'Elenbi Strategic Review, le directeur internet du groupe AB évoque le succès économique de la chaîne XXL, mais indique que les sites internet de charme font moins recette qu'autrefois. Le piratage en cause ?

Francis Besse ne le nomme jamais, mais c’est en partie lui qui est visé : le piratage des vidéos dénudées sur les réseaux Peer-to-Peer. Le site Internet de la chaîne XXL a ouvert en février 2000 et compte 10.000 abonnés pour 22,50 ou 39 euros par mois avec consultation illimitée. Mais actuellement, raconte le directeur internet du groupe AB, « nos abonnements internet sont en perte de vitesse en grande partie en raison de la mise à disposition de nombreuses vidéos gratuites partout sur le net« .

La poule aux oeufs d’or qu’était le charme sur Internet à la fin des années 1990 semble perdre de nombreux carats. « Au départ en 1999-2000 de nombreux consommateurs se sont abonnés à internet avant tout pour accéder aux contenus pornographiques et c’est d’autant plus vrai pour l’ADSL« , se souvient Patrick Besse, mais aujourd’hui « de nombreux contenus sont gratuits, il y a beaucoup plus de contenus vidéos et il est difficile pour un site d’être rentable à moins d’innover dans les contenus même« .

Toutefois, indique M. Besse, « la protection du DRM a permis de mieux garantir les droits liés à la propriété intellectuelle et donc de faire un business à partir de ces contenus« . Et il faut admettre effectivement que l’industrie pornographique, toujours en avance sur les industries musicales et cinématographiques, a su combiner DRM et P2P pour accroître leurs revenus. Le réseau eDonkey est par exemple largement fourni en vidéos pornographiques protégées avec le DRM Windows Media de Microsoft. Lorsque l’internaute tente de lire la vidéo qu’il croit avoir piraté, un message l’invite à acheter la vidéo. Sans doute pressé d’assouvir son désir visuel, l’internaute se laisse tenter.

Mais pour XXL, le business du charme sur Internet est une goutte d’eau. Son site internet compte 10.000 abonnés, alors que la chaîne payante, qui bénéficie d’un monopole de fait sur les réseaux câble et satellite en France, « compte aujourd’hui plus d’un million de téléspectateurs réguliers« . Un soulagement, jusqu’à ce que les outils de relais des chaînes de télévision payantes comme PPlive ou Coolstreaming n’apparaissent auprès du grand public.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés