Le Président de la République s'est exprimé ce matin contre la licence globale, lors de ses voeux aux forces vives de la Nation. Le chef de l'Etat a repris les termes de son ministre de la Culture pour encourager la responsabilité des éditeurs de P2P et enterrer les amendements votés avant les fêtes de fin d'année.

L’UMP restera-t-elle divisée à l’Assemblée malgré la prise de position officielle de Jacques Chirac ? Ce matin, alors qu’il exprimait ses voeux aux forces vives (syndicats et associations), le chef de l’Etat a estimé que « ce qu’il faut c’est favoriser le développement d’offres légales à prix raisonnable« . Par ces quelques mots, le Président de la République a rejeté le projet de licence globale soutenu par des députés de tous bords politiques.

« La bataille des contenus, c’est avec les créateurs que nous la gagnerons. Nous devons garantir leurs droits et leur juste rémunération, en trouvant un équilibre entre lutte contre le piratage et liberté des utilisateurs« , a déclaré Jacques Chirac. Ce qu’il faut, a-t-il encore ajouté, c’est « mettre en place des mesures techniques de protection en les encadrant pour garantir le droit essentiel de chacun à la copie privée. Et sortir de la logique de répression systématique des internautes, en se donnant les moyens d’agir contre les logiciels qui favorisent le piratage« . Il y a du Donnedieu de Vabres dans ce Jacques Chirac.

Par ailleurs et dans le journal Le Monde daté d’aujourd’hui peut se lire un article montrant la colère du Président de l’Assemblée Nationale Jean-Louis Debré face aux pratiques législatives du gouvernement et au recours abusif à la déclaration d’urgence. « Il n’est pas rare, a observé M. Debré, que le gouvernement amende son propre projet, se rendant compte qu’il est mal rédigé« , écrit Le Monde. « Le président de l’Assemblée nationale a cité le projet de loi pour l’égalité des droits et des chances des personnes handicapées et celui relatif au droit d’auteur, dont l’adoption a dû être reportée, en raison d’une fronde en décembre 2005 d’une partie des députés, de droite comme de gauche. Sur ce dernier texte, « le gouvernement a présenté deux amendements de quatre pages ! » s’est indigné M. Debré« .

Il est à craindre (et à espérer) pour le gouvernement que le soutien affiché de son leader ne suffise pas à convaincre les parlementaires de se rallier derrière un projet de loi programmé pour passer au forceps.

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