Le procureur général de l'Etat de New York, Eliot Spitzer, connu pour avoir épinglé le système de corruption des radios par les majors du disque, se concentre désormais sur la tarification imposée aux plateformes musicales en ligne.

Les grandes maisons de disques, particulièrement Sony BMG et Warner, souhaitent sortir du carcan imposé par Apple et son tarif unitaire de 99 centimes par titre. Les labels veulent avoir la possibilité de faire varier les prix en fonction de l’âge et du succès d’un titre. Comme à la bourse, plus un titre a du succès, plus il est cher. Le téléchargement des nouveaux singles serait ainsi facturé plusieurs dixaines de centimes de plus, tandis que les vieux titres de fonds de catalogues seraient bradés autour de 70 centimes. Jusqu’à présent le patron d’Apple est parvenu à résister à la pression exercée par les maisons de disques, qui ont été pour certaines jusqu’à refuser d’accorder leur catalogue sur les nouvelles boutiques installées au Japon et en Australie.

Mais le procureur général de New York vient indirectement en aide à Steve Jobs. Le Eric de Mongolfier des majors a en effet ouvert une enquête en décembre dernier et le parquet a déjà interrogé les quatre majors Sony BMG, Universal, EMI et Warner. Eliot Spitzer, remarqué dans sa chasse à la corruption des radios, veut s’assurer que les majors ne s’entendent pas sur les prix de gros et les conditions imposés aux plateformes de musique en ligne. Ces dernières ont par ailleurs reçu de premières demandes d’information de la part du procureur. Officiellement il s’agit d’enquêter sur les tarifications déjà mises en place, mais le déclenchement de l’enquête envoit surtout un signal fort aux majors. Tout ce qu’ils feront pour faire pression sur Apple et consorts sera examiné de près, et au moindre faux pas une procédure antitrust pourrait être lancée.

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