L'enquête sur l'abus de position dominante ciblant Google se poursuit, mais les choses n'avancent pas aussi vite que le souhaite la Commission européenne. Au détour d'un discours prononcé cette semaine à New York, le responsable de la concurrence a invité le géant de Mountain View à presser le pas pour garantir une concurrence saine et non-faussée dans la recherche en ligne.

Accusé d'abus de position dominante dans le secteur de la recherche en ligne, Google a entamé assez vite des discussions avec la Commission européenne pour déterminer jusqu'à quel point il doit intervenir pour rétablir une concurrence loyale et non-faussée sur le Vieux Continent. Plusieurs entreprises s'opposent en effet à la firme de Mountain View, qui profiterait de son succès pour mettre en avant ses propres services.

Au cours de l'été, le géant américain a finalement accepté de coopérer avec Bruxelles. L'entreprise américaine a envoyé ses suggestions dans l'espoir de mettre au plus vite un point final à l'enquête des autorités bruxelloises, démarrée en 2010. Les griefs de la  Commission européenne contre Google peuvent être regroupées au sein de  quatre grands chapitres

Ces quatre points portent sur l'intégration des moteurs spécialisés de Google au sein du moteur principal ; la reproduction illicite de données collectées sur des services concurrents ; l'exclusivité publicitaire dans les pages de résultats intégrées aux sites web ; l'absence de portabilité des campagnes AdWords. Autant d'éléments qui, selon les plaignants, offrent un avantage considérable et anormal à la société.

Si Google a récemment fait preuve de bonne volonté, Joaquín Almunia n'est pas dupe. La firme de Mountain View peut faire des efforts beaucoup plus nets. Lors d'un discours, il a déclaré que si des "solutions effectives étaient trouvées rapidement et testées avec succès, la compétition pourrait être restaurée assez rapidement grâce à cet engagement".

"Mais nous n'en sommes pas encore là et il est clair qu'en l'absence de propositions satisfaisantes à court termes, je vais être contraint de poursuivre notre procédure formelle d'enquête", a-t-il ajouté. En filigrane, il est demandé à l'entreprise d'être une force de proposition et d'accélérer la cadence. L'affaire dure en effet depuis maintenant deux ans et devrait se prolonger encore de longs mois.

Un échec des négociations pourrait coûter cher à Google. Si une procédure est lancée contre le géant américain, celui-ci pourrait perdre jusqu'à 10 % de son chiffre d'affaires. Il s'agit de la peine maximale. Si un tel scénario se déroulait aujourd'hui, Google devrait payer pas moins de 4 milliards de dollars, si l'on ne se base que sur les résultats de l'an dernier.

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