Afin d'éviter une amende extrêmement coûteuse, le président de Google Eric Schmidt a envoyé à la Commission européenne des propositions de modifications de son comportement à l'égard de la concurrence. La firme de Mountain View est accusée d'exploiter la force de frappe considérable de son moteur de recherche pour mettre en avant ses services au détriment de ceux proposés par de plus petits acteurs.

Alors qu’il risquait une amende d’un montant historique, Google a accepté de négocier sa peine avec les autorités de Bruxelles. « Nous avons fait une proposition pour répondre aux quatre sujets décrits par la Commission européenne comme sujets potentiels de préoccupation« , a fait savoir le porte-parole de Google Al Verney. « Nous continuons à travailler de façon coopérative avec la Commission« .

Au mois de mai dernier, Bruxelles a fait connaître les grands chapitres des griefs retenus contre Google dans le cadre la procédure pour abus de position dominante ouverte en 2010 contre la firme américaine qui possède 94 % des parts de marché de la recherche en ligne en Europe. La Commission lui a demandé des efforts à l’égard de la concurrence sur quatre domaine : l’intégration de ses moteurs de recherches spécialisés au sein des résultats affichés en première page de Google Search, la reproduction de données récoltées sur des sites concurrents (en particulier les avis sur les sites de tourisme), l’exclusivité publicitaire dans les pages de résultats de recherches intégrés aux sites web partenaires, et la portabilité des campagnes d’annonces AdWords vers d’autres plateformes publicitaires.

Début juin, le vice-président de la Commission européenne en charge de la concurrence, Joaquin Almunia, avait sommé Google de faire de prendre des mesures efficaces et rapides pour mettre fin aux accusations. « D’ici début juillet, je m’attends à obtenir de Google des signes concrets de sa bonne volonté« , avait-il prévenu.

C’est donc pile dans les délais qu’Eric Shmidt a envoyé à M. Almunia une lettre, dans laquelle il fait part de ses propositions pour le moment restées confidentielles. Il s’agira désormais d’une négociation entre Google, qui a probablement fait les propositions les plus minimes possibles pour convaincre de sa bonne-volonté sans trop fragiliser sa stratégie, et la Commission Européenne qui a à coeur de protéger les entreprises européennes écrasées sous le poids de Google.

En cas d’échec dans les négociations, qui pourraient prendre des années, Google risquerait jusqu’à 10 % de son chiffre d’affaires en amende, soit près de 4 milliards de dollars si l’on se base sur les résultats de l’année 2011.

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