Orange, qui détient déjà 49 % du capital de Dailymotion, devrait lever l'option qui lui permettra de posséder le site de vidéos communautaire en totalité.

En janvier 2011, Orange avait annoncé l’acquisition de 49 % du capital de Dailymotion, pour un peu moins de 60 millions d’euros. L’opération était accompagnée d’une option à prix fixe, lui permettant d’acheter les 51 % restants d’ici 2013, pour un montant complémentaire d’environ 62 millions d’euros. Or selon Les Echos, la division contenus de l’opérateur doit présenter ce lundi à son comité d’entreprise un projet de levée de l’option, qui serait effectif au début de l’année prochaine.

Orange devrait ainsi racheter les parts détenus par six fonds d’investissements, pour prendre le contrôle total de Dailymotion. Mais selon le quotidien économique, Orange revendra rapidement une partie de ses parts à « un ou plusieurs partenaires industriels« , de préférence américains, qui pourraient aider Dailymotion à accroître ses activités mondiales.

Lors de l’annonce du rachat de Dailymotion par Orange, nous avions dit y voir une « mort assurée de la neutralité du net« . Pour le moment aucune atteinte réelle n’a été remarquée, mais le risque reste patent. Les Echos notent que « Dailymotion a intensifié le recours aux  » data centers  » et aux infrastructures de distribution de contenu (CDN) d’Orange, qui permettent d’améliorer la qualité de réception des vidéos« .

Tout le problème est de savoir si les services concurrents de Dailymotion ont accès aux infrastructures d’Orange dans les mêmes conditions tarifaires, et surtout si Orange ne défavorise pas des CDN concurrents pour vendre le siens aux services qui tenteraient de contourner la dîme. C’est toute la question qu’avait posée l’affaire MegaVideo/Orange.

Le mois dernier, l’Autorité de la Concurrence a écarté toute condamnation d’Orange, qui était accusé de brider l’interconnexion avec le transitaire Cogent (employé à l’époque par MegaVideo) pour vendre sa propre solution OpenTransit. L’Autorité avait cependant souligné « l’opacité des relations entre Orange et OpenTransit« , et le risque de pratiques discriminatoires à l’égard des concurrents.

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