Soutenu par son fameux slogan "We are not evil" (nous ne sommes pas méchants), le label Magnatune joue la carte de la transparence. John Buckman, son fondateur, révèle tour à tour que le nombre de ventes augmente très sensiblement mais que le prix moyen payé par le client a tendance à baisser.

Lorsque vous vous rendez chez un disquaire ou dans une grande surface pour acheter l’album que vous venez de découvrir sur les réseaux peer-to-peer, il est rare que la caissière vous arrête et vous demande combien vous souhaitez payer. Ca n’est même, avouons-le, jamais le cas. Un CD de Dick Rivers coûtera 15 euros aussi bien pour celui qui fouine dans les albums de Rock’n Roll démodé que pour celui qui voue un véritable culte aux porteurs de guitares en santiags. La valeur d’un CD est celle fixée par le marchand, et non celle que lui attribue le client.

Mais ce modèle incontournable dans le royaume du code-barre peut être profondément revu et corrigé sur Internet. C’est ainsi qu’en ouvrant Magnatune, John Buckman a laissé le client décider du prix qu’il souhaitait payer pour télécharger l’album d’un artiste. Entre 5 et 18 dollars, le client a le choix et recevra exactement le même produit. Par défaut, c’est la somme de 8 $ qui est recommandée, et jusqu’à présent la moyenne des sommes versées était légèrement supérieure à ce chiffre.

Mais la tendance est à la baisse. En un an, le prix moyen a baissé de 0,4 $, soit d’environ 5 %. Il est actuellement de 7,78 $ pour les téléchargements de fichiers MP3, et de 8,67 $ lorsque les clients achètent une version CD. Ce dernier chiffre est intéressant puisqu’il montre que les clients valorisent davantage le CD que le MP3 (même s’ils peuvent télécharger des versions lossless dans ce dernier cas). Ils donnent en effet 1,09 $ de plus lorsqu’ils achètent le CD, alors même qu’ils devront payer près de 5 $ de plus en frais de transport et de fabrication.

Prix moyen payé pour les albums sur Magnatune

Rien d’inquiétant pour Magnatune

Pour John Buckman, la baisse du prix moyen payé par les internautes n’a rien d’inquiétant. « Je suppose que cette tendance à la baisse est causée par l’élargissement du public de Magnatune, qui glisse d’un coeur d’activistes open-source vers un public beaucoup plus large« , note le fondateur du label, qui reverse 50 % des sommes perçues aux artistes de son catalogue. « Il y a une concurrence accrue pour les dépenses de musique en ligne, donc les gens ajustent automatiquement ce qu’ils sont prêts à payer à Magnatune étant donné l’environnement actuel« .

De plus, si le prix payé par album baisse légèrement, le chiffre d’affaires du label se rattrape très largement sur le volume, en nette croissance depuis cet été. Parmi les facteurs qui ont propulsé le nombre de ventes : la possibilité désormais offertes aux internautes de donner leurs albums gratuitement à trois de leurs amis. Et aucun DRM n’est venu s’assurer du respect de ce nombre…

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