Le rootkit de la protection XCP utilisée par Sony sur l'un de ses CD n'a pas fini de faire parler de lui. Dernière nouvelle en date : le logiciel violerait les droits de l'auteur de la librairie MP3 LAME.

Waltos rapporte sur notre forum les informations publiées par le très populaire portail néerlandais Webwereld. « Le rootkit de Sony semble contenir du code identique à celui de LAME, un encodeur mp3 open-source« , explique le journal.

Selon un expert connu de Webwereld, le rootkit de l’album Get Right With The Man de Van Zant contiendrait des lignes de code issues de deux bibliothèques du programme LAME (version.c et tables.c). Ce dernier, d’après son auteur, serait devenu depuis sa première version de 1999 « un encodeur MP3 très évolué, dont la qualité et la vitesse sont capables de rivaliser avec les encodeurs commerciaux concurrents actuels« . WinAmp, AudioGrabber ou encore CDex font parti des très nombreux programmes à exploiter ses librairies. S’il est parvenu à ce résultat, c’est parce que « son modèle de développement open-source lui a permis d’améliorer sa qualité et sa rapidité« . C’est grâce aux efforts joints par toute une communauté de développeurs amateurs de MP3 que LAME a pu devenir l’un des meilleurs encodeurs actuels.

Piratons pour contrer les pirates

Or pour permettre à ces développeurs d’améliorer LAME, son auteur l’a placé sous la licence libre LGPL (Lesser General Public Licence). Cette licence dérivée de la célèbre GPL autorise quiconque à reprendre LAME et à en modifier la bibliothèque, mais sous certaines conditions, et notamment celles de déclarer l’utilisation de LAME en mentionnant la licence LGPL, et de mettre à disposition le code source de la librairie si elle a été modifiée.

Avec son rootkit, Sony n’a visiblement respecté aucune des obligations figurant dans la licence LGPL.

Bien sûr, Sony BMG n’est pas le responsable direct de ce manquement, puisque le rootkit est l’œuvre de la société First 4 Internet, prestataire de la maison de disques. Mais en tant que distributeur de l’objet contrefait (puisqu’il y a bien, si c’est avéré, violation des droits d’auteur sur LAME), Sony est également responsable au second degré.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés