Désigné comme l'un des principaux ennemis d'Internet, l'Iran compte accentuer un peu plus son isolement sur la scène internationale. Le pays est suspecté de vouloir déployer un véritable réseau Internet national, en parallèle de l'Internet actuel. Pour RSF, le filtrage actuel condamne de toute façon déjà les internautes iraniens à consulter une version purgée du réseau.

Au sein de la communauté internationale, l’Iran fait figure de mouton noir. Suspecté par les puissances occidentales de conduire un programme nucléaire ayant un objectif militaire, le pays fait l’objet de critiques régulières pour son manque de considération à l’égard des droits de l’Homme. Il est également considéré comme l’un des pires ennemis d’Internet, selon les rapports annuels de RSF.

Déjà très dégradée à l’étranger, la réputation de l’Iran devrait encore diminuer dans les prochains mois si les projets du ministère iranien des Télécommunication et de la Technologie sont maintenus. D’après un article de l’International Business Times, le gouvernement aurait l’intention d’accentuer son isolement en déployant un réseau national d’ici les cinq prochains mois.

L’Iran souhaite raccorder le système bancaire, les institutions et les organisations semi-publiques à un intranet national. Le déploiement de celui-ci doit démarrer le mois prochain et fonctionnera en parallèle d’Internet. Il s’agit d’une mesure de sécurité, le pouvoir iranien espérant ainsi se tenir hors de portée de nouvelles attaques informatiques, dont la plus connue est le ver Stuxnet.

Une information fermement démentie par les autorités iraniennes dans un communiqué. « Ces informations sont sans fondement et imaginaires. La publication d’une telle information […] sert les médias et les cercles étrangers colonialistes » pour mener campagne contre l’Iran, analyse le ministère, cité par l’AFP. L’Iran assure n’avoir aucune intention de couper le réseau des réseaux.

Pour RSF, les projets de l’Iran en matière d’un « Internet national » appartiennent « davantage à une logique politique et nationaliste » qu’à une réalité technique. Cependant, l’ONG estime que « dans les faits, les Iraniens qui n’arrivent pas ou n’osent pas contourner les filtres des censeurs sont de fait condamnés à consulter une version du web autorisée par le régime, donc nettoyée de critiques politiques, sociales ou religieuses« .

Depuis le début de l’année, l’Iran a renforcé le contrôle des communications sur Internet en ordonnant aux cybercafés de conserver les données personnelles de leurs clients pendant plusieurs mois. Il a procédé au blocage temporaire de plusieurs mots-clés ainsi qu’au protocole de chiffrement HTTPS. Face aux violations répétées de l’Iran, l’Union européenne a interdit la vente d’outils de filtrage et de surveillance.

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