La police néozélandaise est suspectée de cacher les preuves d'une opération disproportionnée menée au domicile de Kim Dotcom, lors de l'arrestation du fondateur de MegaUpload.

L’affaire MegaUpload va-t-elle finir par se retourner contre les autorités qui ont procédé au coup de filet du 19 janvier dernier ? Nous savons déjà que lors de la perquisition, la police néozélandaise a utilisé un mandat qui n’était pas régulier, et qu’elle a tenté sans succès de le remplacer rétroactivement. Le vice de procédure pourrait permettre au fondateur de MegaUpload, Kim Dotcom, de récupérer l’ensemble des biens saisis, y compris les noms de domaine de son empire déchu. Mais l’arrestation elle-même est également suspectée d’irrégularité.

Dès l’opération menée par le FBI et la police de Nouvelle-Zélande, le responsable de la sécurité chargé de la protection de la famille Dotcom, Wayne Tempero, avait laissé entendre que l’arrestation plus que musclée aurait été menée hors des clous. Il avait assuré avoir beaucoup de choses à dire sur la manière dont les agents ont pénétré dans le manoir de Kim Dotcom et ont arrêté le chef d’entreprise, retranché dans une « panic room » une arme à la main. Selon lui, la police aurait notamment oublié de se présenter comme telle, ce qui aurait expliqué la réaction de Kim Dotcom. Elle se serait par ailleurs conduite avec une fermeté inhabituelle.

Toute l’opération a été filmée par les caméras de sécurité présentes dans la propriété du fondateur de MegaUpload, dont les vidéos étaient enregistrées sur un serveur installé dans la maison. Mais alors que les bandes ne figuraient pas sur le mandat de perquisitions recensant les objets saisis, et qu’elles n’ont rien à voir avec l’affaire, la police a d’abord refusé de les remettre à la défense.

Selon un journaliste de la chaîne néozélandaise 3 News, les avocats de Kim Dotcom ont formellement demandé à avoir accès aux enregistrements, pour pouvoir déposer plainte contre les autorités policières. En février, la police a d’abord dit ne pas être certaine de détenir les enregistrements. Puis finalement, elle a accordé qu’un expert en nouvelles technologies viennent réaliser une copie de l’enregistrement, au nom de Kim Dotcom. Mais lorsqu’il est arrivé sur place, l’expert a trouvé un serveur désossé, sans le précieux disque dur sur lequel figurent les vidéos.

La police affirme désormais qu’elle ne peut pas remettre les vidéos qui auraient été « saisies légalement ».

Selon 3 News, les enregistrements pourraient « répondre à beaucoup de questions« . Par exemple, « le FBI était-il présent ? Quelles armes étaient portées ? Ont-elles été pointées sur des individus qui ne méritaient pas un tel traitement ?« , et l’opération était-elle proportionnée à l’encontre d’un suspect accusé de contrefaçon, et non de terrorisme ou de crimes violents ?

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