La fermeture de MegaUpload a poussé les internautes à trouver de nouveaux espaces pour échanger des contenus. Si les réseaux P2P ont récupéré une partie de l'audience de l'ancien hébergeur, les concurrents ont aussi tiré leur épingle du jeu. Depuis le 19 janvier, le trafic des principaux concurrents de MegaUpload a fortement progressé.

En fermant MegaUpload, les autorités américaines ont mis un terme aux échanges illicites d’œuvres contrefaites qui se déroulaient sur la plate-forme. Dans le feu de l’action, elles ont également rendu de nombreux fichiers légaux indisponibles, au grand désespoir de leurs propriétaires. Mais elles ne sont en tout cas pas parvenues à modifier les habitudes des internautes.

Loin de se ruer vers les offres légales disponibles sur Internet, l’audience de MegaUpload s’est très rapidement adaptée à la disparition du principal acteur des services d’hébergement en un clic. Les principaux concurrents (RapidShare, Hotfile, Depositfiles, Uploaded.to, Filepost, Hulkshare, Netload.in, Uploading, zShare.net…) connaissent en effet une très forte progression de leur trafic depuis le 19 janvier.

Ces évolutions, constatées par Google et Alexa, un site spécialisé dans le trafic web, vont-elles s’inscrire dans la durée ? Il est sans doute un peu tôt pour le dire, d’autant que les autres hébergeurs de fichiers peuvent légitimement craindre d’être dans le collimateur du FBI. Nombre d’entre eux ont d’ailleurs donné un tour de vis supplémentaire pour ne pas trop attirer l’attention.

C’est ainsi que des sites comme VideoBB, VideoZer, FileServe, FileSonic ou encore UploadStation ont supprimé tous les contenus qu’ils hébergeaient ou qui ont modifié leurs fonctionnalités pour ne plus autoriser le partage. Le sort que connaît Kim Schmitz – le fondateur de MegaUpload – et ses compères n’est en effet guère enviable, au regard des sanctions judiciaires qui pèsent sur eux.

Les hébergeurs spécialisés ne sont pas les seuls à profiter de la fermeture de MegaUpload. Certains internautes sont revenus au source du parage, c’est-à-dire au P2P. L’utilisation des réseaux a sensiblement progressé, notamment eMule et BitTorrent. Un constat qu’on retrouve même en France, alors que l’Hadopi et TMG chassent justement les internautes violant la propriété intellectuelle sur ces espaces.

Les efforts des ayants droit pour ramener les internautes vers les offres légales vont donc de voir se poursuivre. Vu la manière dont les internautes migrent d’une plate-forme à l’autre, il est certain que la seule menace du bâton ne suffira pas. Comme toujours, l’attrait de la carotte, c’est-à-dire la qualité de l’offre légale, est essentiel pour persuader les internautes de délaisser les échanges illicites.

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