Bram Cohen ne sera plus dépendant des dons de la communauté pour nourrir sa petite famille. La société fondée par le créateur de BitTorrent vient de soulever 8,75 millions de dollars (environ 7,25 millions d'euros) auprès d'un groupe de capital-risque.

Depuis que la Cour Suprême a condamné Grokster et Morpheus le 27 juin 2005, tous les éditeurs de logiciels de P2P semblent vouloir montrer patte blanche en reniant leur esprit commercial. Il n’y a guère plus qu’eDonkey pour prétendre gagner de l’argent grâce au peer-to-peer.

Mais visiblement, BitTorrent n’a pas peur d’afficher ses ambitions financières, et le statut de réseau P2P n’effraye pas encore tous les business angels. Créée par Bram Cohen et son collaborateur Ashwin Navin, la société qui porte nom du célèbre réseau vient de soulever 8,75 millions de dollars auprès de la société de capital-risque Doll Capital Management. « Le marché du piratage n’est pas quelque chose où l’on peut faire de l’argent« , se défend Aswhin Navin, qui a pris la direction des opérations de BitTorrent. Grâce aux fonds soulevés, « nous voulous distribuer des contenus payants et financés par la publicité, en utilisant cette technologie [BitTorrent]« , précise-t-il.

Nous savions déjà Cohen en discussion avec les studios d’Hollywood. Dans une interview qu’il accordait récemment au journal collaboratif OhMyNews, Navin indiquait qu’il « travaille avec les titulaires de droits d’auteurs pour protéger et sécuriser leurs contenus en ligne« . Les DRM pourraient donc faire leur entrée sur l’un des réseaux P2P les plus populaires au monde, qui s’apprête à devenir une vaste plateforme de distribution de contenus protégés. Il ajoutait, s’opposant au piratage, que « les sites web qui hébergent des films piratés en utilisant BitTorrent […] paieront inévitablement le prix« . « Il n’y a pas d’anonymat sur Internet ou en utilisant BitTorrent« , prévenait enfin le porte-parole de Bram Cohen.

Finalement, BitTorrent restera-t-il gratuit et open-source ? Cohen avait déjà annoncé son intention de réaliser des logiciels propriétaires, tout en gardant des projets open-source, sans préciser lesquels. Dans son interview au journal asiatique, Navin indiquait que « le logiciel BitTorrent aura toujours une version gratuite de disponible« .

Une version gratuite. Cela veut-il dire qu’il y aura aussi une version payante ?

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