Face à l'explosion des sites communautaires et des réseaux sociaux en Chine, la municipalité de Pékin change de fusil d'épaule. Pour dissuader les internautes de disséminer ce qu'elle considère comme des "rumeurs", la mairie va demander aux nouveaux micro-blogueurs chinois de s'identifier avec leur véritable identité.

Les micro-blogueurs chinois vont devoir faire profil bas et faire attention à ce qu’ils disent ou relaient. Alors que les réseaux sociaux et les sites communautaires sont en plein essor dans l’Empire du Milieu, les autorités du pays vont instaurer de nouvelles contraintes pour contrôler l’activité des internautes ainsi que les informations qui circulent sur le réseau des réseaux.

L’AFP rapporte que la municipalité de Pékin va exiger des internautes voulant ouvrir de nouveaux comptes sur les sites de micro-blogging de s’identifier avec leur véritable identité. De cette façon, la Chine pourra suivre avec plus de précision qui dit quoi sur l’Internet chinois. Une mesure qui se veut avant tout dissuasive et couper court à toute envie de s’exprimer librement.

Pour la Chine, la maîtrise des informations circulant sur la toile et la neutralisation de l’information en ligne par tous les moyens, lorsque cela s’avère nécessaire, sont capitales. Le pouvoir considère en effet que la stabilité de son régime politique passe désormais par un contrôle renforcé des informations circulant en ligne. Or, les réseaux sociaux et les sites communautaires bousculent cet état de fait.

Selon les dernières statistiques fournies par la presse chinoise, il y aurait plus de 300 millions de profils chinois sur les sites de micro-blogging. Cela représente une masse considérable d’opinions à surveiller, ce qui est de plus en plus difficile à réaliser a priori. En demandant l’identité des internautes, la Chine veut dissuader et avoir la possibilité d’agir a posteriori en remontant jusqu’aux internautes.

Dans la ligne de mire des autorités, il y a surtout les « rumeurs » propagées sur le net qui trouvent un écho considérable en ligne. Dans ce contexte, il n’est guère surprenant de voir que la Chine s’est associée au projet russe de soumettre à l’ONU un projet de code de bonne conduite à suivre sur Internet. L’Ouzbékistan et le Tadjikistan soutiennent également cette initiative.

Celle-ci demande aux États de s’engager à « réduire la dissémination de l’information qui incite au terrorisme, à la sécession, à l’extrémisme ou qui nuit à la stabilité politique, économique et sociale ainsi qu’à l’environnement spirituel et culturel » des différents pays. La formulation, suffisamment vaste et vague, permettrait à la Chine d’accentuer un peu plus la répression sur le net.

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