Lors d'une conférence sur la liberté d'expression sur Internet, les États-Unis ont appelé le secteur privé à se placer en pointe du combat pour les libertés numériques. Plusieurs entreprises ont été épinglées pour avoir vendu des équipements de surveillance à des régimes autoritaires. En France, c'est la société Amesys qui est accusée d'avoir aider le régime de Mouammar Kadhafi à censurer le net.

Les entreprises du secteur privé doivent être en première ligne pour défendre les libertés numériques sur Internet. C’est en substance le message qu’a fait passer la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton lors d’une conférence sur la liberté d’expression sur Internet. Pour cela, il faut donc éviter que les régimes autoritaires et les dictatures accèdent à des équipements de surveillance.

L’ancienne première dame des États-Unis a ainsi invité les firmes spécialisées dans ces technologies de ne pas traiter avec ces gouvernements. « Quand des entreprises vendent des équipements de surveillance aux services de sécurité en Syrie ou en Iran, ou par le passé à l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, il n’y a aucun doute que ceux-ci seront utilisés pour violer les droits« , a déclaré la secrétaire d’État.

Dans son discours, la chef de la diplomatie américaine a déploré que des produits et services de sociétés occidentales ont été utilisés comme outils d’oppression pour bloquer les aspirations démocratiques et de liberté des citoyens. Cela a été le cas dans les pays qui ont connu le printemps arabe (Libye, Égypte, Tunisie) et l’est toujours dans ceux dont le régime est toujours en place (Syrie, Iran, Bahreïn).

Grâce aux moyens de télécommunications actuels, les activistes dans de nombreux pays parviennent à s’organiser plus facilement pour protester contre le pouvoir en place. Cela n’est évidemment pas sans risque, car la répression peut être particulièrement brutale. Les protestations sont parfois tuées dans l’œuf à cause d’outils de contrôle destinés à filtrer les informations sensibles et les messages à caractère politique.

Ces dernières années, plusieurs entreprises occidentales ont été accusées d’avoir aidé indirectement les régimes autoritaires à chasser les dissidents et traquer les activistes. C’est le cas de Yahoo, qui avait facilité l’arrestation d’un journaliste en Chine, ou de Nokia, qui a vendu des systèmes d’écoute à l’Iran. Plus récemment, une firme française, Amesys, a été accusée d’avoir aidé la régime libyen à censurer le net.

« Plus de contrôle de la part des gouvernements va réduire encore plus ce que les gens peuvent faire en ligne dans des environnements répressifs. Ce serait également désastreux pour l’internet dans son ensemble car cela réduirait le dynamisme de l’internet pour tout le monde« , a poursuivi Hillary Clinton, qui craint de voir émerger des réseaux Internet nationaux.

Depuis quelques temps, les États-Unis considèrent Internet un vecteur de leur politique étrangère. Le réseau des réseaux a en effet contribué à la chute de dictatures au Maghreb et au Moyen-Orient, en facilitant les opposants politiques à s’organiser plus rapidement et plus efficacement. On se souvient que le Congrès américaine avait salué la position de Google dans son bras de fer avec le régime chinois.

Il n’est donc pas surprenant que l’administration américaine multiplie les initiatives, en allant jusqu’à approuver un rapport onusien sur la protection de la liberté d’expression sur Internet. « Nous considérons que la coupure de l’Internet à l’initiative du gouvernement, ou d’importantes parties de celui-ci, aux fins de réprimer la liberté d’expression, est en violation de la liberté d’expression » peut-on notamment lire.

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