Les 4 principes du CSA pour réguler Internet via le téléviseur

Guillaume Champeau - publié le Mardi 06 Décembre 2011 à 15h06 - posté dans Société 2.0

Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) continue d'imprimer sa feuille de route pour réguler Internet. Alors qu'il diffuse actuellement une campagne de spots TV qui cherchent à alerter les familles sur les "dangers" des contenus visibles sur Internet, pourtant hors de sa compétence, le CSA a fait connaître lundi ses "quatre principes pour la télévision connectée". Cette dernière constitue pour le Conseil un cheval de Troie idéal pour ne plus réguler la télévision mais bien tout ce qui est susceptible d'être vu sur un téléviseur.

Commentons l'un après l'autre ces quatre principes présentés par le président du CSA Michel Boyon, lors du symposium organisé par le HD Forum et le Consortium HbbTV :

  1. refus de tout recul dans la définition des domaines justifiant une régulation (protection de l’enfance, dignité de la personne, protection du consommateur, pluralisme, etc.) : Il s'agit là d'affirmer comme s'il s'agissait d'une évidence l'idée que le CSA ne tire pas sa légitimité de la gestion de la ressource publique rare que son les ondes hertziennes utilisées pour la radio et la télévision, mais de la nature-même des contenus susceptibles d'être visionnés. Il faudrait les réguler pour eux-mêmes, et non pour leur mode de transmission. Or c'est tout sauf une évidence, comme nous le rappelions dans un article consacré à la censure de la littérature par le CSA ;
  2. allègement de certaines réglementations pesant sur les chaînes (chronologie des médias, plafond de concentration, circulation des oeuvres) sans porter atteinte aux intérêts des créateurs : Ayant conscience que les chaînes de télévision nationales sont désormais en concurrence frontale avec les services audiovisuels internationaux disponibles sur Internet, le CSA est prêt à assouplir certaines règles qui les handicapent. Mais il ne le fera que d'une main tremblante face aux et éditeurs et producteurs de films et émissions TV, dont le modèle économique repose en partie sur les barrières règlementaires posées par le législateur à l'époque de la télévision hertzienne.
  3. obligation pour toute entreprise tirant un revenu de l’exploitation d’une oeuvre de participer au financement de la création : Il s'agit bien sûr d'obliger les fournisseurs d'accès à Internet et les plateformes de VOD à reverser davantage de leur chiffre d'affaires pour alimenter les fonds de soutien à la création audiovisuelle, ou pour produire eux-mêmes des contenus en France. Comme le font traditionnellement les chaînes de télévision, qui co-produisent énormément de films et de documentaires pour respecter la règlementation.
  4. élaboration d’une corégulation avec les professionnels pour les contenus audiovisuels circulant sur l’internet : C'est là le point qui fait peser le plus de mystère, et de dangers pour la liberté d'expression et de communication. L'autorégulation, qui ne nécessite par définition aucun contrôle judiciaire de proportionnalité, pourra aller du simple engagement par les plateformes de signaler les contenus susceptibles de heurter les jeunes publics, à l'obligation consentie par les fournisseurs d'accès de bloquer les plateformes qui ne respectent pas certains principes dans le choix des contenus disponibles pour les internautes. Rappelons qu'en début d'année, le président du CSA Michel Boyon avait plaidé pour un blocage par les logiciels de contrôle parental des plateformes non labellisées par le CSA.
Publié par Guillaume Champeau, le 6 Décembre 2011 à 15h06
 
 
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Commentaires à propos de «Les 4 principes du CSA pour réguler Internet via le téléviseur»
 
c 'est le genre de type à inviter pour un certain dîner ( vous voyez ce que je veux dire )
La pub télévisée actuelle du CSA constitue un modèle de propagande sur ce point : le CSA prend l'exemple du smartphone, de l'écran d'ordinateur, pour finir sur l'écran de télévision, afin de faire comprendre qu'il émet une signalétique applicable aux contenus, quel que soit le mode de transmission.

C'est bien joli de lancer une campagne pour attirer l'attention sur les dangers des "écrans", mais quand ça n'entre pas dans ses prérogatives, c'est surtout une grosse intox.
"Cupidité,tromperie,abus de pouvoir... tu parles d'un plan !!
je suis un ennemi parce que je pense,parce que j'aime lire
je suis pour la liberté de parole et de choix
je suis le genre de mec qui aime aller dans un bon resto et qui se demande s'il va prendre un côte de boeuf ou un pavé de rumsteck géant avec ses frites mayonnaise..
je veux faire du cholesterol
je veux manger du bacon,du beurre,des montagnes de fromage
je veux fumer un cigare cubain de la taille de la Tour Eiffel dans un coin non fumeur(adaptation VFcar c'est Cincinnati en VO)
je veux courir tout nu dans les rues le corps barbouillé de ketchup en lisant Playboy .Pourquoi ? parce que j'en aurais eu envie tout d'un coup ouais
J'ai vu l'avenir de Cocteau: c'est une vierge de 47 ans dans un pyjama beige qui boit des milk shake bananes/carottes en chantant une pub débile"

Edgar Friendley
sympa la réplique de "démolition man" mais un poil parano dans la vision de société, pas que j'aime le csa, mais pas besoin de rajouter de la parano quand on parle déjà d'un organisme de censure étatique des médias, ça parle de lui même.
Le but de toute administration ... créé sa propre activité pour ne pas disparaître ... vu que le CSA est maintenant inutile ils essaient de se trouver une nouvelle mission ...
Il faudrait se calmer un peu, respirer un grand coup et regarder ce qui se passe avec un peu plus de recul. Est-ce si terrible que le CSA puisse être compétent pour réguler les services proposés par le biais des TV connectées ? Quelque soit la justification de cette compétence, faut-il voir le CSA comme un organisme censeur et diabolique ? Prenons l'exemple de la protection des mineurs : nombre d'entre vous serait choqués qu'un film pornographique soit diffusé un mercredi aprem sur TF1, or demain, sans contrôle du CSA, n'importe quel contenu sera accessible via la TV à n'importe quelle heure. Ne peut-on pas réfléchir à des moyens de "contrôler" les contenus accessibles, en reprenant notamment la signalétique déjà existante (-16ans, -12 ans, etc.) ? Ce ne sera pas évident, mais est-ce que c'est si terrible d'y penser ?
Il faut arrêter de croire que le seul but du CSA est de censurer et de conditionner. Le CSA est notamment là pour protéger les mineurs et pour éviter que nos écrans soient en permanence envahis de publicité (c'est bien ça, non?). Il faut arrêter la parano et prendre le temps de réfléchir (la TV éteinte, ça aide). Il y en a marre des raisonnements simplistes et des effets de meutes. Il y en marre de la paresse intellectuelle.
obligation pour toute entreprise tirant un revenu de l'exploitation d'une oeuvre de participer au financement de la création : Il s'agit bien sûr d'obliger les fournisseurs d'accès à Internet et les plateformes de VOD à reverser davantage de leur chiffre d'affaires pour alimenter les fonds de soutien à la création audiovisuelle, ou pour produire eux-mêmes des contenus en France. Comme le font traditionnellement les chaînes de télévision, qui co-produisent énormément de films et de documentaires pour respecter la règlementation.

Donc KZPlay ou Wakanim qui font de la VOD d'animation Japonaise ou DramaPassion de la VOD de K-drama devraient donc payer une dime aux ayants droit Français je vois pas au nom de quoi (et donc faire perdre de l'argent a ces services qui pourront moins licencier de séries).
Lucien35, le 06/12/2011 - 18:58
Il faudrait se calmer un peu, respirer un grand coup et regarder ce qui se passe avec un peu plus de recul. Est-ce si terrible que le CSA puisse être compétent pour réguler les services proposés par le biais des TV connectées ? Quelque soit la justification de cette compétence, faut-il voir le CSA comme un organisme censeur et diabolique ? Prenons l'exemple de la protection des mineurs : nombre d'entre vous serait choqués qu'un film pornographique soit diffusé un mercredi aprem sur TF1, or demain, sans contrôle du CSA, n'importe quel contenu sera accessible via la TV à n'importe quelle heure. Ne peut-on pas réfléchir à des moyens de "contrôler" les contenus accessibles, en reprenant notamment la signalétique déjà existante (-16ans, -12 ans, etc.) ? Ce ne sera pas évident, mais est-ce que c'est si terrible d'y penser ?
Il faut arrêter de croire que le seul but du CSA est de censurer et de conditionner. Le CSA est notamment là pour protéger les mineurs et pour éviter que nos écrans soient en permanence envahis de publicité (c'est bien ça, non?). Il faut arrêter la parano et prendre le temps de réfléchir (la TV éteinte, ça aide). Il y en a marre des raisonnements simplistes et des effets de meutes. Il y en marre de la paresse intellectuelle.

perso, je préfère le terme "informer" à "contrôler".
et la paresse intellectuelle n'est-ce pas de se reposer sur le csa ?
j'aimerais connaitre le véritable impact de leur signalétique...
Y sont cons
mais y sont cons, j'vous jure...
Lucien35, le 06/12/2011 - 18:58
Il faudrait se calmer un peu, respirer un grand coup et regarder ce qui se passe avec un peu plus de recul. Est-ce si terrible que le CSA puisse être compétent pour réguler les services proposés par le biais des TV connectées ?
(...)
Il faut arrêter de croire que le seul but du CSA est de censurer et de conditionner. (...) Il y en marre de la paresse intellectuelle.
Pour repondre a ca, il faut etablir que le seul but du CSA est la censure et le conditionnement. Le fait que ce soit pour des motifs raisonnables (protection des mineurs, par exemple) le rend acceptable tant qu'il ne tente pas d'outrepasser ses prerogatives. (L'origine du CSA etait la gestion de ressources limitees et non la gestion des contenus... mais on ne va pas lui refuser une certaine evolution.)

J'aimerais tout de meme qu'ils n'essaient pas de reduire le net a la television.
J'aimerais aussi qu'ils cessent de deresponsabiliser les individus: la paresse intellectuelle, c'est justement de croire que cacher des contenus resoudra le probleme qu'ils causent; la paresse intellectuelle, c'est de dire que ceux qui accedent (ou permettent a leurs enfants d'acceder) a des contenus ne sont pas en faute car la responsabilite peserait sur ceux qui leur transmettent des contenus de maniere non discriminatoire; la paresse intellectuelle, c'est de nuire a l'emergence de nouveaux modeles economiques bases sur les evolutions technologiques sous pretexte que les anciens modeles vont disparaitre...
Donc, je suis ok pour que le CSA evolue, pas pour qu'il bride l'avenir en le forcant a rentrer dans les normes du passe.

Les differences entre FAI et chaines de television sont monumentales (a commencer par une chose toute simple: les FAI vehiculent de l'information sans la selectionner, une chaine de tele etablit elle-meme sa grille de programmes). Le CSA souhaite juste balayer ces differences comme si Internet n'etait qu'un "ecran de plus" dans les foyers... C'est cela que plusieurs personnes veulent denoncer.

Une vraie reflexion s'impose certainement sur la gestion d'Internet. Mais il n'y a pas une telle urgence qu'il faudrait juste arreter d'en discuter et tout reglementer aveuglement. C'est la encore de la paresse intellectuelle que tu devrais denoncer. Il y a des lois qui existent et qui permettent de sanctionner les abus, meme sur Internet. (Non, Internet n'est pas un far-west anarchique.) Il faut donc faire un etat des lieux technique, economique et juridique, sans se laisser influencer par les "etudes" alarmistes de certains lobbies qui ne font que leur travail (tenter d'influer sur la legislation pour proteger des interets prives).
Le CSA est un organisme inutile, néfaste, liberticide. Il est urgent de le supprimer !
Tout a fait d'accord avec toi @wormlore le CSA veux "contrôler" le contenu, hors ce n'est pas son rôle et sa ne devra jamais l'être leur rôle n'est pas de et n'a jamais été de contrôler les médias ou protéger les mineurs ou qui que ce soit, leur rôle c'est de fournir les moyens de protéger les publics sensibles (plage horaires signalisation...) en somme ils établissent des règles de bonne conduite pour la télévision et la radio. Alors certes avec internet ils n'ont absolument plus aucune légitimité, mais ils peuvent évoluer... La TV connecté n'en est qu'a ses balbutiement, tout reste a faire, et a mon sens le CSA peut avoir son rôle a jouer dans cette évolution de la télévision française pour que les familles puissent choisir de pouvoir protéger efficacement certains de leur membres.
wykaaa, le 07/12/2011 - 09:12
Le CSA est un organisme inutile, néfaste, liberticide. Il est urgent de le supprimer !

LAULE
Pendant qu'il y est, le CSA pourrait aussi alerter les familles sur le danger des contenus qui passent en boucle à la télé.

Pour une fois ils feraient du bon boulot...
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