Un ex-délinquant sexuel échappe à l'exclusion des réseaux sociaux

Julien L. - publié le Jeudi 29 Septembre 2011 à 17h00 - posté dans Société 2.0

Le tribunal des référés de Reims a rejeté les demandes d'une mère de famille qui souhaitait interdire à un ancien délinquant sexuel, condamné par la justice en 2008, de fréquenter les réseaux sociaux. En juin, Facebook avait décidé de fermer le profil de la personne après avoir été assigné par la plaignante.

Faut-il systématiquement exclure des réseaux sociaux les anciens délinquants sexuels ? La question, soulevée implicitement par une mère de famille en juin dernier lorsqu'elle a découvert que l'agresseur de sa fille avait ouvert un profil Facebook, a trouvé une réponse partielle ce mercredi. Le tribunal des référés de Reims a en effet rejeté ce mercredi la procédure de la plaignante, qui souhaitait obtenir le bannissement du condamné.

Dans son jugement, le tribunal a expliqué que seul le juge de l'application des peines à compétence "pour modifier et adapter le suivi socio-judiciaire" d'un individu, notamment en restreignant, si nécessaire, certaines de ses libertés. Il fixe "les principales modalités de l'exécution des peines privatives de liberté ou de certaines peines restrictives de liberté, en orientant et en contrôlant les conditions de leur application", comme l'expose l'article 712-1 du Code de procédure pénale.

L'affaire n'en restera toutefois pas là. Si l'avocat du condamné a marqué sa satisfaction, en estimant que "le tribunal a reconnu à [son] client, qui n’a jamais commis de faute depuis sa sortie, le droit à une réinsertion juste par l’utilisation des outils de communication modernes", la mère de famille est prête à déclencher la prochaine étape et faire appel de ce verdict.

"La justice a loupé un rendez-vous qui permettait de dépoussiérer un code pénal qui n’est pas adapté aux nouvelles technologies" a expliqué son avocat à la sortie de l'audience, cité par France Info. La mère de famille craint que l'homme en question, âgé de 38 ans aujourd'hui, ne récidive à nouveau en se servant des réseaux sociaux comme d'un moyen pour traquer de futures victimes.

Rappelons que cette personne a été condamnée en 2008 à cinq ans de prison et trois ans de suivi socio-judiciaire par le tribunal correctionnel de Reims. Il a été jugé pour avoir commis des attouchements sexuels sur une fille de dix ans. À sa sortie de prison, il avait décidé d'ouvrir un compte sur Facebook. La mère a obtenu du site communautaire la fermeture du profil de l'individu et souhaite étendre l'exclusion autres réseaux sociaux.

De son côté, l'avocat a demandé la réouverture du profil Facebook de son client.

Publié par Julien L., le 29 Septembre 2011 à 17h00
 
 
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Commentaires à propos de «Un ex-délinquant sexuel échappe à l'exclusion des réseaux sociaux»
 

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Je trouve tout à fait scandaleux qu'une personne ai pu faire fermer un compte facebook sans aucune intervention d'un juge !
Bon de toute façon Facebook ça sert à rien.
A mon avis, il serait préférable qu'une personne ayant ce genre de passé soit fiché par Facebook comme déliquant sexuel avec un bandeau en haut...
Les pédophiles ne peuvent pas être soignés (il y a des cas mais ils sont rares d'après les psychologues et psychiatres)! Le seul traitement efficace (et encore, si il est pris régulièrement) c'est la castration chimique...
Melpheos, super docteur :)

Il est reconnu qu'un violeur et délinquant agresse ses victimes avec... tout sauf ce qu'on pense car ils sont souvent impuissants donc castrer un impuissant, c'est puissant comme idée :)
On devrait direct le tuer plutôt :D
Accessoirement j'ai bien peur que stéréotyper les gens ne fait rien d'autre que les faire agir selon ce stéréotype...
Ils pourraient être peut être changer si les gens leur donnaient une chance plutôt que de s'acharner et perdre leur temps à les discriminer.
Accepter ce qu'ils ont fait dans notre société? Non je ne suis pas pour. Leur donner le droit à racheter leur erreur, là oui je suis totalement pour!
Si elle tient tant que ça à ce qu'il ne récidive pas, pourquoi ne pas plutôt se battre pour faire rajouter une condition de libération des criminels sexuels visant à les fliquer sur ces plateformes ?

Plutôt qu'interdire à tout va (et se priver d'une source d'information facile d'accès), ça permettrait de faire du préventif juridiquement encadré. Bien sûr c'est un peu borderline niveau respect de la vie privée etc si la police a un bot qui surveille les mises en relation de ces personnes, mais tout le monde y gagnerait dans l'histoire. C'est pas pire qu'un bracelet électronique qui prévient les flics s'il approche d'une école...
Le problème de la récidive, faut-il agir de manière pro-active et bannir comme le fait facebook, l'ex-délinquant de la société, d'un réseau ou de la vie sociale, ou alors tenter de l'intégrer ?
@draky :
L'impuissance n'empeche en rien l'emotion ni le besoin sexuel, encore moins les pulsions. D'ou l'interet de la castration chimique qui inhibe la production des hormones (et autres) responsables de ces pulsions.

Maintenant je peux aussi me tromper.
C'est pas au niveau de l'hypophyse le départ de la production de testostérone? Ce qui signifierait que ça ne ferait que ralentir le processus, et non pas le bloquer totalement non?
Par contre, c'est un processus dépendant de la prise d'injection. Théoriquement, la réversion est possible mais avec quelles séquelles? Le processus a t'il été correctement étudié ou comme souvent bâclé afin de répondre à un besoin industriel?
Faut lui enlever l'hypophyse. :devil:
si ça peut rassurer cette mère de famille, je doute fort que Facebook soit adapté pour être le terrain de chasse d'un pédophile. Pas assez discret surtout si le gars a un vrai profil avec son vrai nom et photo comme ça semble être le cas.
Le pédophile a plus de chance avec des chats d'ado et MSN, et là personne peut lui interdire, à moins de lui couper sa connexion Internet.
Il faut l'empêcher de sortir dans la rue !
Aaaah, Numerama, le pays où les gens hurlent au fascisme, sauf quand ils proposent de castrer des gens.

J'vous aime bien quand même les p'tits enfants trolls. Venez sur mes genoux.
Grand_grunt je suis d'accord avec toi sur ce coup-là, même si tu as une légère tendance à être dur. Tu as raison. Prônons une tolérance totale!
Ce qui n'est pas précisé, c'est que le juge d'application des peines (c'est celui qui dans le dos des victimes décide, seul dans son bureau, qu'un condamné ne fera pas par ex les 2 années de prison prononcées par le juge qui a prononcé le verdict et supprime toute sanction) ne peut pas être saisi par les victimes mais par le parquet. Il parait qu'il n'y a pas assez de magistrats en France mais on pourrait remplacer le juge d'application des peines par une femme de ménage, ce serait la même chose. Il faudrait supprimer ce poste et remettre ces magistrats dans les tribunaux face aux victimes et criminels. Et face aux peuple.
"a été condamnée en 2008 à cinq ans de prison" :on est en 2011 ,avant le débat sur l'ouverture d'un compte facebook le problème est peut être celui de la durée réelle des sanctions!!!
En même temps, il faudrait savoir pour quelle raison il a été exactement condamné avant de dire ça.
Parce que attouchements, ça me parait très très varié comme situation non?
Difficile de juger une telle décision...beaucoup plus que de juger celles où des assassins sont remis en liberté pour bonne conduite en ayant purgé un tiers de leur peine (la "perpétuité"...haha...).
"La justice a loupé un rendez-vous qui permettait de dépoussiérer un code pénal qui n'est pas adapté aux nouvelles technologies"

Un avocat qui dit une connerie pareille, ça devrait être condamné pour faute professionnelle. Comme si c'était à la justice de dépoussiérer le code pénal... il a jamais entendu parler de la séparation des pouvoirs et du rôle des députés lui ?

@oliv : ça dépend combien d'années sont de la prison avec sursis. Et ça dépend aussi de combien de temps il a pu exécuter avant sa condamnation, en détention provisoire.

@les autres: pour simplifier grossièrement, la castration, ça ne marche pas. Enfin ça peut marcher mais dans des cas très précis et en surveillant de très près. Ce n'est pas une panacée car ça ne règle qu'une partie des problèmes et ça en crée pas mal d'autres. Notamment, la disparition des pulsions sexuelles peut entrainer une apparition de pulsions ultraviolentes. àa n'est une bonne idée que sur un type de délinquants sexuels très précis, dans le cadre d'une prise en charge thérapeutique sérieuse, et à condition que le patient soit de bonne volonté. Sinon, le remède peut devenir pire que le mal.
eax13, le 29/09/2011 - 21:41
Difficile de juger une telle décision...beaucoup plus que de juger celles où des assassins sont remis en liberté pour bonne conduite en ayant purgé un tiers de leur peine (la "perpétuité"...haha...).

C'est surtout que là le juge dit simplement qu'il se prononce pas sur le bienfondé de la demande de la mère, mais que c'est simplement pas dans ses attributions. Il n'a pas le droit de dire "ok". Ce serait outrepasser ses pouvoirs, c'est ce qu'il explique : c'est de la compétence d'un autre juge.
petitsurfeur, le 29/09/2011 - 20:33
Ce qui n'est pas précisé, c'est que le juge d'application des peines (c'est celui qui dans le dos des victimes décide, seul dans son bureau, qu'un condamné ne fera pas par ex les 2 années de prison prononcées par le juge qui a prononcé le verdict et supprime toute sanction) ne peut pas être saisi par les victimes mais par le parquet. Il parait qu'il n'y a pas assez de magistrats en France mais on pourrait remplacer le juge d'application des peines par une femme de ménage, ce serait la même chose. Il faudrait supprimer ce poste et remettre ces magistrats dans les tribunaux face aux victimes et criminels. Et face aux peuple.

Rappel de droit pénal 1ère année option même-en-glandant-à-la-fac-jle-sais : Le procès pénal concerne un conflit entre un individu et la société, représenté par un magistrat. Il est normal que la victime ne se prononce pas là-dessus parce que ça ne la concerne pas, tout comme ce n'est pas la victime qui décide ou même demande telle ou telle peine au procès (c'est le procureur qui demande une peine, une victime demande des dommages et intérêts).

Civil = problèmes entre individus (entre un coupable et une victime)
Pénal = problèmes entre un individu et la société.

Une place déjà trèèèès importante a été donnée à la partie civile dans la procédure française, beaucoup plus que ce que la théorie du droit pénal voudrait, mais au bout d'un moment il faut dire stop : la victime n'a pas à décider des peines pénales et de leur exécution. Ce n'est pas elle que ça concerne.
C'est encore d'une débilité, tout ce remue ménage. Comme si on ne pouvait pas s'inscrire sur FB ou autre en utilisant une ID fantaisiste... Complètement pathétique.

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