La Haute Autorité a reçu dans ses locaux une délégation d'industries culturelles sud-coréennes, venues s'enquérir des pratiques françaises en matière de riposte graduée et de labellisation de l'offre légale.

La Corée du Sud avait été le premier pays au monde à mettre en place une procédure de riposte graduée. Néanmoins, les industries culturelles sud-coréennes semblent vouloir en apprendre plus sur la manière dont la France a géré la question de la lutte contre le piratage, avec son autorité administrative chargée d’envoyer les remontrances et de transmettre les dossiers des récalcitrants aux juges.

La Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des Droits sur Internet (Hadopi) a en effet reçu « une délégation d’organisations professionnelles et de représentants d’industries culturelles sud-coréennes ». Elle a pu s’entretenir avec la présidente Marie-Françoise Marais, ainsi qu’avec la directrice juridique Sarah Jacquier et le directeur délégué à la diffusion des œuvres, Frédéric Nassar.

L’Hadopi a ainsi pu présenter ses deux missions piliers, de riposte graduée et de labellisation de l’offre légale. Etaient présents des représentants de l’association coréenne pour l’image et la vidéo, de Warner Bros Coréen, SBS Contents, de l’association des producteurs de phonogrammes (KAPP), de l’association coréenne de protection du droit d’auteur, et de la fédération des interprètes de musique coréenne.

« En retour, la délégation a présenté à l’Hadopi le système de protection de droit d’auteur mis en place en Corée du Sud« , raconte l’autorité administrative française. Elle ne précise pas cependant si les Sud-Coréens ont vanté les mérites du système de contrôle qui impose de s’identifier avec sa carte d’identité avant de publier un contenu sur Internet. Un système probablement très efficace mais effroyable pour lutter, notamment, contre les contrefaçons.

L’an dernier, les ventes de musique en Corée du Sud ont augmenté de plus de 10 %. L’augmentation avait été attribuée médiatiquement à la mise en place d’une riposte graduée, mais c’est en fait à un gigantesque plan de relance alimenté par une enveloppe de 91 millions de dollars que l’industrie devait son salut. L’augmentation avait d’ailleurs été plus faible qu’escomptée.

Soucieuse d’être une référence internationale, l’Hadopi avait reçu le ministre britannique Ed Vaizey en juin dernier. La présidente Marie-Françoise Marais a également participé à plusieurs déplacements, notamment à Bruxelles, à Londres, ou au Québec, pour prêcher « la bonne parole ». Mais la France reste encore le seul pays européen à avoir institutionnalisé la riposte graduée contre ses internautes.

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