Le gouvernement veut donner l'exemple en matière de migration IPv6. Suite à la table ronde organisée ce jeudi à Bercy, le ministre Eric Besson a annoncé la publication prochaine d'une circulaire destinée à prendre en compte systématiquement le protocole IPv6 dans les commandes publiques. Le gouvernement souhaite ainsi inspirer les entreprises à passer à l'IPv6 au plus tôt.

Aujourd’hui avait lieu au ministère de l’économie et des finances une table ronde dédiée à la migration des infrastructures IPv4 vers le protocole IPv6. À cette occasion, le ministre délégué à l’industrie et à l’économie numérique, Éric Besson, a tenu à réaffirmer devant l’ensemble des acteurs des réseaux nationaux l’engagement de l’État à accélérer le déploiement de ce nouveau protocole.

Constatant que l’adoption de l’IPv6 par les différents acteurs reste lente, Éric Besson a annoncé son intention de faire de l’État le porte-drapeau de la migration des infrastructures vers le nouveau protocole. En conséquence, le ministre a rappelé que le futur réseau interministériel, dont l’objectif sera de relier les réseaux des administrations afin de permettre à l’action gouvernementale de perdurer quoi qu’il arrive, sera un réseau haut débit IPv6.

« C’est donc la totalité des réseaux de l’État qui seront compatibles IPv6 d’ici quelques années » a déclaré le ministre, ajoutant qu’une circulaire « va être publiée afin que la compatibilité des matériels et des services avec le protocole IPv6 soit désormais systématiquement prise en compte dans les commandes publiques« . Un signal que le ministre espère suffisant pour inciter les entreprises à migrer, à l’heure où le trafic IPv6 en France est estimé à 15 % du total.

L’évolution vers IPv6 nécessitera des investissements, autant sur le plan financier qu’en terme de formation » prévient le ministre. « Elle nécessitera de vérifier que les performances de nos infrastructures et de services restent excellentes, notamment avec le déploiement du très haut débit« . Mais en démarrant très tôt, le gouvernement espère lisser ces coûts sur plusieurs années et éviter d’adopter IPv6 dans l’urgence.

Car le temps presse. En début d’année, l’ICANN a distribué les derniers blocs d’adresses IPv4 disponibles aux registres Internet régionaux. Si les estimations évoquent encore 66 millions d’adresses encore libres en Europe, ce stock va très rapidement fondre. En effet, la pénurie sur le Vieux Continent est attendue avant l’été prochain. Et le développement continue de l’Internet mobile et l’apparition de l’Internet des objets vont très certainement accélérer la cadence.

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