Apple veut se réserver l'exclusivité du nom App Store. Alors qu'Amazon va lancer sa propre plate-forme d'applications mobiles, la firme de Cupertino a lancé une action en justice contre le site de commerce en ligne. Celui-ci utilise un nom trop proche pour nommer son service ("Appstore"). Derrière cette plainte se pose la question des noms trop génériques qu'utilise Apple pour désigner ses produits.

Le droit des marques va une fois de plus conduire Apple devant les tribunaux. Vendredi dernier, la firme de Cupertino a engagé une procédure judiciaire contre Amazon. L’entreprise de Steve Jobs reproche au site de commerce en ligne d’utiliser sans autorisation le nom « App Store » pour désigner sa propre boutique d’applications mobiles. En conséquence, Apple exige que le tribunal californien empêche Amazon de s’en servir.

« Amazon a illégalement utilisé la marque App Store pour solliciter les développeurs à travers les États-Unis » explique Apple dans sa plainte, rapportée par Bloomberg. « Nous avons demandé à Amazon de ne pas copier le nom de l’App Store parce que cela va semer la confusion et induire des clients en erreur » a poursuivi Kristin Huguet, porte-parole chez Apple.

En l’espèce, Amazon utilise effectivement un nom très proche de l’App Store. Mais au lieu de l’écrire ainsi, le site de commerce en ligne a supprimé la majuscule de « Store » et a collé les deux noms : Appstore. Des petites variations qui n’ont manifestement pas suffi à tenir éloigner le courroux d’Apple. L’entreprise américaine revendique l’exclusivité de cette marque, qu’elle utilise par ailleurs depuis juillet 2008 (date de lancement de l’App Store).

Ce n’est pas la première fois qu’Apple se retrouve devant les tribunaux à cause des noms que l’entreprise donne à ses produits. C’est d’ailleurs l’une des clés expliquant la réussite commerciale d’Apple. Plutôt que d’inventer des noms originaux et compliqués à retenir, la firme de Cupertino fait au plus simple : iPhone, iPad, iPod, App Store, iTunes. Ces noms, immédiatement identifiables par les consommateurs, n’en restent pas moins très communs.

Lors du lancement de l’iPhone, Apple s’était retrouvé dans la situation inverse. Cisco avait porté plainte contre la firme de Cupertino, clamant qu’elle possédait le nom « iPhone » depuis 2006. L’affaire s’était finalement résolue à l’amiable entre les deux sociétés, avec un droit mutuel d’exploiter cette marque partout dans le monde. Plus récemment, c’est Fujitsu qui avait attaqué Apple. L’entreprise japonaise possédait alors la marque « iPad ».

La banalité des noms ne se limite pas aux seuls produits Apple. Le nom même de la société a été la source de quelques problèmes. Il y a quelques années, l’entreprise high-tech était en conflit avec le label britannique Apple Corp (le label des Beatles). Après plusieurs années de procédure, les deux sociétés ont finalement trouvé un arrangement en 2007.

Ces procès révèlent également un problème de fond. Est-il judicieux que le bureau américain des brevets et des marques de commerce (USPTO) accepte le dépôt de marques dont le nom est trop générique ? Bloomberg rappelle qu’Apple a obtenu l’enregistrement du nom « App Store » aux États-Unis.

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