La juge américaine n'a pas tenu compte de la requête formulée par l'EFF et l'ACLU. Les deux organisations cherchaient à obtenir l'annulation de l'ordonnance du gouvernement américain, qui lui permet de demander à Twitter de nombreuses informations personnelles sur certains comptes proches de Wikileaks.

L’injonction de l’administration américaine ne sera finalement pas rejetée. La juge fédérale Theresa Buchanan a confirmé vendredi la validité de la demande des autorités, qui exigent de Twitter qu’il communique toutes les informations en sa possession sur un certain nombre d’utilisateurs en relation avec Wikileaks. La magistrate a considéré que les droits de ces individus n’étaient pas violés.

Wired explique que l’Electronic Frontier Foundation (EFF) et l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) avaient déposé un recours auprès du tribunal de Virginie afin de contester la tentative du gouvernement d’obtenir ces informations. Les deux organisations affirment que la demande de l’administration enfreignait le premier et le quatrième amendement de la constitution américaine.

La requête a cependant été écartée par la juge, avançant que l’EFF et l’ACLU n’ont pas qualité pour contester cette ordonnance. Theresa Buchanan a par ailleurs estimé que les droits des personnes visées n’étaient pas bafoués. Sur le premier amendement, le tribunal a évalué que l’injonction ne cherche pas à les priver de leur liberté d’expression ni à surveiller le contenu des messages publiés ou le nom de ceux qui les suivent.

En ce qui concerne l’autre amendement, la justice a poursuivi son explication en jugeant que cette injonction n’était pas contradictoire avec le respect de la vie privée des plaignants. La juge a fait remarquer que ces derniers s’étaient inscrits volontairement et librement sur Twitter et ont en conséquence accepté de transmettre certaines informations sur eux-mêmes.

L’affaire n’en restera pas là, puisque l’EFF et l’ACLU ont prévu d’ores et déjà de faire appel de cette décision. Cinq individus sont concernés par l’ordonnance : le fondateur de Wikileaks (Julian Assange), la source supposée des documents confidentiels (Bradley Manning), un activiste (Rop Gonggriip), un membre de Wikileaks (Jacob Appelbaum) et une députée islandaise (Birgitta Jónsdóttir).

L’ordonnance concerne de nombreuses informations, dont une partie n’est pas connue de Twitter. On retrouve le nom d’utilisateur, l’adresse e-mail, l’adresse postale, les historiques de connexion, les numéros de téléphone, l’adresse IP, les moyens de paiement utilisés et les interactions entre les comptes visés et Wikileaks. Ce dernier point inclut les correspondances privées, afin de déterminer si des informations spécifiques ont été transmises via Twitter.

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