L'Hadopi publie un premier compte-rendu de ses Labs
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 09 Mars 2011 à 12h07 -
posté dans Société 2.0
![]() La Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) avait organisé il y a un mois des tables rondes sur les thèmes développés dans ses Labs, qui doivent être forces de propositions. Le compte-rendu de la séance de travail a été rendu public. Malheureusement, la table ronde la plus fondamentale est aussi celle qui a connu le moins de succès. L'Hadopi a mis en ligne sur son site internet le compte-rendu (.pdf) de la séance de travail publique organisée le 2 février dernier à l'occasion du lancement de ses Labs. Cinq table rondes avaient été mises en place, correspondant à chacun des Labs :
Le compte-rendu permet d'abord de vérifier que les représentants des différents lobbys et institutions s'étaient déplacés en masse pour défendre leurs positions. La Sacem, par exemple, était représentée dans toutes les tables rondes, à l'exception notable du lab "Internet et sociétés" qui n'a pas attiré beaucoup de participants - c'est le seul qui n'a pas d'incidence économique directe, puisqu'il "observe internet dans sa dimension philosophique". Le lab qui a attiré le plus de monde est celui consacré à "l'économie numérique de la création", qui a réuni notamment le SNEP, ProMusic France (c'est-à-dire l'IFPI), La Tribune, La Poste, le CNC, Vivendi, ou l'Association des Producteurs de Cinéma. De tous les labs, le plus sensible pour les internautes est sans doute celui consacré aux "Réseaux et Techniques", auquel participait entre autres SFR, Bouygues Télécom, Audible Magic (spécialiste de la détection de contenu), l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, la CNIL ou encore la SCPP, qui représente les producteurs de disques. Selon le compte-rendu, il a été question d'échanger "sur les techniques de reconnaissance de contenu" et les "techniques de filtrage", en abordant à chaque fois les dangers, les limites et les avantages. Mais le compte-rendu n'avance aucun élément concret sur le contenu des discussions, si ce n'est que "de nombreuses questions ont été posées" sur l'étude des spécifications fonctionnelles des logiciels de sécurisation à laquelle travaille M. Riguidel. "Notamment sur la date de sortie de la nouvelle version des spécifications", ajoute le compte-rendu. Selon nos informations, aucune date n'est encore prévue pour cette publication, qui pose énormément de difficultés à l'Hadopi. Notamment pour arbitrer entre l'efficacité technique du moyen de sécurisation basé sur les spécifications, la nécessité de laisser le libre arbitre à l'utilisateur, et celle de rendre l'outil compréhensible au quidam. Or tant que la liste des spécifications fonctionnelles ne sera pas publiée et validée, aucune labellisation des moyens de sécurisation ne pourra intervenir. Moins polémique mais très anxiogène pour les industries culturelles, le lab sur "l'Economie de la Création" a évoqué de son côté la question des "incitations à la consommation de biens culturels en ligne", et celle des "usages illicites", en posant la question de l'intervention de l'Etat. Sur ce dernier point, il a été évoqué la possibilité de compléter le système d'aide à l'industrie culturelle, notamment par une contribution des FAI, et de mettre en place une politique de diversité des contenus sur Internet. Le lab dédié aux "Usages En Ligne" promet lui aussi d'être intéressant, puisqu'il aborde de bonnes questions. En particulier, "en dehors de sa gratuité, quels bénéfices les usagers trouvent-ils dans les pratiques illicites ?". Le plus décevant, mais faut-il s'en étonner, est le résultat de la table ronde dédiée à la "Propriété Intellectuelle et Internet". Cela aurait pu être l'occasion de remettre en cause le droit d'auteur à l'ère du numérique, et de s'intéresser par exemple à la question cruciale de la durée de protection. Mais le lab semble déjà verrouillé, avec la volonté de "mener une action de pédagogie" davantage que de réflexion, "sur le droit dʼauteur et sur lʼHadopi et ses missions". La table ronde, dont ça n'était pas a priori l'objet, s'est intéressée notamment à "la question de la détection des infractions sur Internet (VPN, anonymisation des adresses IP)", ou à la "lutte contre le piratage via la réglementation du référencement des sites Internet". C'est finalement le lab le plus déserté, celui sur "Internet et sociétés", qui pose les bonnes questions. "Quels étaient les raisons derrières les lois de protection des auteurs ? Quels fondements, et quels principes ont conduit aux lois actuelles ? Ces principes sont-ils immuables et indiscutables ? Doit-on réécrire les lois à la lumière de nouveaux principes ou fondements ? (...) Être un auteur est-il un métier ? Une vocation ? Un talent ? Le statut d'auteur implique-t-il nécessairement une rémunération, notamment sous la forme d'un salaire ?"... Les participants ont posé les jalons de la réflexion de fond sur l'éthique de l'informatique, l'art et internet, la nature particulière du partage numérique par rapport au partage matériel, la méconnaissance des acteurs du net... Dommage que cette table-ronde là n'ait séduit qu'une poignée participants (le Centre Pompidou, Vivendi Universal, le Cabinet PWC, et un anonyme). à lire aussi
Prix indiqués avec livraison
17
Commentaires à propos de «L'Hadopi publie un premier compte-rendu de ses Labs»
Répondre
![]()
L-observateur
le 09/03/2011 à 12:10
Mon Dieu, ils s'entêtent en plus...
Dommage que cette table-ronde là n'ait séduit qu'une poignée participants (le Centre Pompidou, Vivendi Universal, le Cabinet PWC, et un anonyme)
Rho, nous voilà beaux, si les ateliers sont noyautés par les anons."Réseaux et Techniques", auquel participait entre autres SFR, Bouygues Télécom, Audible Magic (spécialiste de la détection de contenu), l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle, la CNIL ou encore la SCPP. Car la CNIL n'a aucune légitimité quand on voit comme ses membres élus de la république votent pour la loppsi ou l'hadopi... Les Labs... Ouaip, c'est un peu le club des attardés mentaux qui ne comprennent rien au fonctionnement des réseaux.
"en dehors de sa gratuité, quels bénéfices les usagers trouvent-ils dans les pratiques illicites ?"
Ben je ne sais , moi, que gratuitement on trouve les oeuvres en lossless avec les pochettes en hi-res ? Des oeuvres non réédités, introuvables, rares, non dispo ni à la vente physique , ni en streaming, ni en vente dématérialisée, etc, etc... Gratuit et Qualité ++ versus Offres Légales DRmisés en qualité beurk, voilà, c'est tout...Quand on parle de Labs HADOPI, pour moi la seule source "interne" qui pourrait prétendre à un mininum de crédibilité serait Turb(l)o(g)...
Mais je dois avouer que je ne trouve plus grand chose sur ce sujet dans ses derniers articles. "Manque d'(in)formation" http://blog.spyou.or...e-dinformation/ Sinon, l'HADOPI reste un échec épique qui est contre-productif et qui permet à quelques gus de gaspiller beaucoup d'argent public. Une table ronde mais pas beaucoup de chevaliers .... Et quand il y en a on est plus proche de Kaamelott qu'autre chose
aller vou faire foutre avec votre hadopi lopsi et les radar en 2 semaine les 3 tarive a les contourné tfasson
pour faire chier y'a de la tune y'a pas de probleme
pour le chomage, la hausse des prix on les entend moins ca va faire avancer le pays c'est sur la priorité de la nation c'est le méchant pirate y'a rien de mieux a faire on les a élus pour nous faire avancer plutot que de faire ca franchement, ils feraient mieux de rien faire ou sont les hommes charismatiques ????? et moi qui croyais que c'était une farce.. mais non c'est qu'ils se font plaise avec l'argent de nos impots les sacripants
stacato, le 09/03/2011 - 18:09
Les droits des utilisateurs sont défendus par qui ?
Les droits des utilisateurs sont défendus par les volontaires pour aller défendre les droits des utilisateurs. Les Labs fonctionnent sur le principe du volontariat : tu peux donc demander à participer aux Labs pour défendre les droits des utilisateurs. C'est oublier qu'il faut être "accepté", pour y participé à ces Labs ... Et selon des critères de sélection, dont tu pourrais, peut-être, si tu en es capable, nous expliquer le fonctionnement. et ils ont besoin de 14 millions pour trouver.... rien ? non doit y avoir un truc... le whysky est servi autour de cette table ca serait plus crédible de savoir que c'est des bourrés qui ont votés cette loi >
Des brasses caca qui engloutissent nos impôts pour rien.
Comme beaucoup d'autres d'ailleurs. Quand ils auront compris que hadopi tout le monde s'en fout. Stacato, tu devrais te porter volontaire pour aller défendre les droits des utilisateurs dans ces fameux labs, je suis sûr que tu saurais plaider notre cause avec fougue et...
Non allez, je déconne, bien sûr. Voilà ce qui se passe quand on regarde trop de films de SF sur les VOD... Je sors stacato, le 10/03/2011 - 10:29
Tu veux être au courant, tu veux donner ton avis, tu trouves que les consommateurs ne sont pas assez représentés : eh bien vas-y, il y a juste un formulaire à remplir. Après on verra bien si tu es accepté ou pas. Mais l'insinuation est tellement plus facile.On ne peut pas à la fois critiquer le fait de participer aux labs, et s'indigner du fait qu'il y a peu d'opposants. -1
Les labs ne permettent en aucun cas de "défendre les droits des utilisateurs". C'est juste des trucs que la CPD "peut" (ou pas) consulter pour avis et qui n'a aucun pouvoir. La défense des utilisateurs peut se faire à d'autres niveaux: - élections - tribunaux - assistance (forums, autour de vous, etc...) Mais si votre but est la défense des utilisateurs, alors les labs HADOPI ne seront qu'un gaspillage de temps. http://www.pcinpact....dopi-charte.htm |
A LA UNE
LES + COMMENTÉS
2 offres à partir de 21 €
Télécharger
gnutella emule island,
logiciel alcatel,
total video converter,
ultrasurf,
windows 7 gratuit,
voissa anonymo,
antivirus avast,
redtube video downloader,
Accès rapide :
Photo numérique |
Outils Réseau |
Codecs et plugins |
Nettoyeurs |
Optimisation |
Navigateur Web |
Capture et enregistrement |
|