On connaît bien les camions et autres cannettes Pepsi dans les films hollywoodiens. On connaît moins les marques insérées dans les paroles de chansons. Et pourtant, ça paye.

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d’amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son coeur
Aujourd’hui, c’est plus pareil
Ça change, ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l’oreille
(Ah ? Gudule !)

Viens m’embrasser
Et je te donnerai
Un frigidaire
Un joli scooter
Un atomixer
Et du Dunlopillo
Une cuisinière
Avec un four en verre
Des tas de couverts
Et des pell’ à gâteaux

Boris Vian a-t-il reçu de l’argent de Dunlopillo pour écrire sa Complainte du Progrès ? La question est absurde, mais elle ne le sera plus longtemps. Agenda Inc. publie par exemple son classement American Brandstand qui référence toutes les mentions de marques dans les paroles des chansons du Top 20 des singles aux Etats-Unis. Et « bien que American Brandstand n’ait jamais prétendu être une mesure scientifique des marques, il a émergé comme étant un fort baromètre du rôle des marques parmi un groupe influent de consommateurs« , explique Agenda Inc.

Ainsi en 2004, c’est Cadillac qui était la marque la plus entendue sur les ondes des radios américaines. Le constructeur automobile a ainsi arraché la place de numéro un qui était réservée l’année précédente à… Mercedes.

Les cabinets marketing commencent à s’intéresser de près au phénomène, et certains sont déjà commissionnés pour placer des marques dans les paroles des chanteurs. C’est le cas de McDonald’s, qui a confié à Maven Strategics le soin de trouver les bons artistes de raps qui devront placer le mot « Big Mac » dans leur texte. Les artistes seront payés entre 1 et 5 dollars à chaque fois que leur chanson sera diffusée à la radio !

L’an dernier, Maven a réussi à faire entrer la marque de gin Seagrams dans pas moins de cinq chansons de rap. Celle de Petey Pablo, Freek-a-leek, a fini deuxième au top 50 2004 des chansons de hip-hop. Une excellente opération pour Seagrams et pour l’artiste. La chanson a été diffusée plus de 350.000 fois, avec comme paroles :
Now I got to give a shout out to Seagram’s Gin/Cause Im drinkin’ it and they payin’ me for it

Avec ce genre de paiements, le piratage pourrait devenir un véritable atout marketing.

Mais est-ce vraiment ce que doit devenir la musique ?

C’est aussi pour éviter cela que le législateur doit rapidement se pencher sur des solutions qui permettront à la fois aux artistes de libérer leur création artistique et au public d’en profiter sans risquer d’absurdes amendes pénales.

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