AltNet y croît fort. Connue pour être le fournisseur des publicités et autres contenus payants diffusés sur Kazaa, la filiale de Brilliant Digital Entertainment (BDE) a annoncé lundi la création d'un fonds qui permettra à des maisons de disques de partager les fruits du P2P. Une sorte de licence légale privatisée...

Lee Jaffe a beaucoup à faire pour redorer le blason de sa société auprès des internautes et des professionnels du P2P. Non seulement Altnet incarne l’image du P2P rempli de spyware et adwares, mais surtout le très proche partenaire de Sharman Networks a récemment menacé de nombreux éditeurs de logiciels concurrents à Kazaa de leur faire payer une licence sur un brevet portant sur l’utilisation des signatures numériques des fichiers (hash) dans l’identification des contenus.

AltNet, c’est un peu l’oncle Sam qui s’invite avec son grand chapeau au Porte Alegre des chapeaux de paille.

Pour autant, c’est d’AltNet que vient une initiative intéressante de conciliation. « Développer une stratégie efficace de partage des revenus qui profite à la fois à la communauté P2P et aux maisons de disque a toujours été l’objectif premier d’AltNet« , affirme son président Lee Jaffe. Il a donc décidé de créer un fonds financé par la publicité sur les clients P2P, qui serait ensuite réparti auprès des maisons de disque selon le nombre et le type de licences accordées aux utilisateurs.

Bien sûr, c’est AltNet qui collectera les fonds et les redistribuera, moyennant une petite commission. Si le système se généralisait à l’ensemble des maisons de disques et des artistes, AltNet aurait ainsi sensiblement la même place que la Sacem dans l’univers hertzien des radios. De la même façon que NRJ, Skyrock, Radio Bleu ou France Inter rémunèrent la Sacem en fonction des montants publicitaires encaissés, les Kazaa, iMesh, Morpheus et autres logiciels de P2P partenaires rémunèreraient AltNet. Le montant serait alors réparti, non plus par la Sacem ou ses équivalents nationaux, organisations qui se veulent démocratiques au sein des auteurs, mais par AltNet, une entreprise privée sans grande légitimité.

Six labels ont déjà accepté la proposition d’AltNet : V2, Artemis, Epitaph/Anti, Side One Dummy and Palm, Simmons/Latham, et Koch Media.

Du côté des éditeurs de logiciels de P2P, si l’on est assuré de la participation de Kazaa, les autres partenaires annoncés restent inconnus. On peut toutefois se demander si l’opération ne fera pas vite chou blanc auprès des utilisateurs, puisque les nouveaux logiciels à succès sont tous libres et gratuits (qu’il s’agisse d’eMule, de BitTorrent ou de Shareaza), et tous n’implanteront jamais de module publicitaire.

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