Condamné en première instance, le jeune Britannique qui a publié un message menaçant sur Twitter a finalement été condamné en appel par la justice. La magistrate a estimé que l'appelant aurait dû se douter des conséquences fâcheuses qu'un tel message allait entraîner.

La mauvaise blague de Paul Chambers sur Twitter n’aura pas davantage été appréciée par la cour d’appel. Le Guardian rapporte dans son édition d’hier que le faux terroriste sur Twitter a vu sa condamnation confirmée en deuxième instance par la juge Jacqueline Davies. La magistrate a considéré que le jeune homme de 26 ans aurait dû se douter qu’il pourrait être pris au sérieux.

La juge a estimé que le message du Britannique sur Twitter était « évidemment menaçant dans son contenu. Il ne pouvait pas être plus clair. N’importe quelle personne lisant ce message l’aurait compris ainsi et aurait été alarmé« . La peine initiale de 985 livres sterling (environ 1 160 euros) a donc été confirmée, plus 2 000 livres sterling (environ 2 360 euros) pour couvrir les frais de la procédure d’appel.

Pour mémoire, le jeune homme avait exprimé son mécontentement sur Twitter, en assurant avoir l’intention de faire exploser l’aéroport britannique de Doncaster Sheffield si son vol pour l’Irlande prévu pour le 15 janvier était annulé à cause des chutes de neige. « Vous avez un peu plus d’une semaine pour mettre de l’ordre dans votre merdier, autrement je fais exploser cet aéroport » avait-il écrit le 6 janvier.

Les services anti-terroristes britanniques ont évidemment peu apprécié l’emportement de Paul Chambers, puisque ce dernier a été arrêté par la police et placé en garde à vue pendant sept heures. Libéré sous caution, son matériel informatique (iPhone, ordinateur portable, ordinateur de bureau) fut saisi par les policiers. Pourtant, le chef de la sécurité de l’aéroport avait classé la saillie du Britannique comme non crédible.

À l’heure où la lutte anti-terroriste est devenue la principale obsession des gouvernements occidentaux, la liberté d’expression pâtit de cette ambiance paranoïaque. À la grande satisfaction des terroristes eux-mêmes, dont l’inlassable désir est d’instaurer un climat perpétuel de terreur dans les sociétés modernes. Surtout à l’heure des médias de masse, d’Internet et de l’information instantanée.

Nul doute que les terroristes auront gagné lorsque les démocraties qu’ils entendent apeurer et se mettront à suspecter tous leurs citoyens. C’est ce qu’explique notamment Matthew Carr dans son essai sur le terrorisme. « En soutenant des mesures d’exception qui menacent l’Etat de droit, [cela] amplifie encore les conséquences funestes de la terreur. Car les politiques répressives peuvent faire le lit des extrêmes« .

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