Une fuite dévoile les intentions européennes pour l'ACTA

Guillaume Champeau - publié le Mardi 09 Novembre 2010 à 10h48 - posté dans Société 2.0

Un document de la Commission européenne destiné aux négociateurs permet de voir avec plus de précision la position de l'Union sur l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon (ACTA), qui devrait être finalisé à la fin de l'année. Instructif, notamment sur les DRM.

Le groupement d'associations de consommateurs Transatlantic Consumer Dialogue (TACD) a publié lundi sur son blog un document confidentiel signé le 3 novembre par la Direction générale au Commerce de la Commission Européenne, qui fait le point sur les négociations de l'Accord Commercial Anti-Contrefaçon (ACTA). Il révèle qu'une réunion en comité restreint doit se tenir en Australie du 30 novembre au 3 décembre, pour finaliser la rédaction du texte, en abordant exclusivement les aspects techniques. Il révèle aussi, surtout, les positions prises par la Commission Européenne dans ses négociations avec les autres pays.

Le texte confirme ainsi que l'Union Européenne a remporté la bataille du camembert contre les Etats-Unis, et tenait la position la plus dure. "A la demande de l'Union Européenne, les Parties ont accepté d'étendre le champ d'application de l'ACTA aux droits de propriété intellectuelle autres que le droit d'auteur et les marques (...). Cela veut dire également que les indications géographiques" seront protégées, se félicite la Commission. Elle rappelle que "le désaccord entre les parties à l'ACTA sur l'étendue de l'accord a été le principal point de discorde dès le premier round de négociations, en juin 2008". C'est uniquement "dans les derniers jours du round de Tokyo", fin septembre, que la Commission a réussi à faire plier les Etats-Unis pour ajouter notamment les brevets et les indications géographiques à l'accord. Au prix d'un compromis qui exclue les brevets des mesures douanières, et limite l'obligation de faire appliquer certains droits dans l'univers numérique. Elle explique que les Etats-Unis notamment ne souhaitaient pas faire évoluer leur droit national dans le cadre d'une transposition de l'ACTA.

En détaillant les principales "avancées" du texte par rapport aux précédents ADPIC signés en 1994, la Commission applaudit cependant l'apparition de "dispositions innovantes sur la manière de réguler les infractions sur Internet", même si elles sont devenues pour l'essentiel optionnelles, et précise que le texte sacralise le fait que "les infractions dans le monde numérique ne sont pas différentes des infractions dans le monde physique".

Répondant à des critiques émises par plusieurs états membres dont la France, qui trouvaient le texte trop timide par rapport aux ADPIC et au droit européen en vigueur, la Commission explique que "bien qu'il était dans l'intérêt de la Commission de parvenir à un résultat des négociations aussi proche que possible des règles en vigueur dans l'UE (y compris les ADPIC), il n'était pas possible de reproduire, dans une telle négociation internationale, les acquis à la lettre". Elle rappelle néanmoins que les règles européennes actuelles continueront de s'appliquer en Europe.

Plus surprenant, mais rassurant, la Commission explique qu'elle a rejeté toute disposition qui viserait à étendre la protection des DRM à des mesures techniques qui n'ont pas pour but de faire appliquer des droits de propriété intellectuelle, mais de réguler le droit à l'accès aux oeuvres. Elle refuse que les DRM puissent réguler le simple "usage" des oeuvres, c'est-à-dire essentiellement leur lecture. "Toute tentative visant à élargir le droit d'auteur pour couvrir "l'utilisation" brouillerait la distinction entre la propriété intellectuelle et l'accès conditionnel. La Commission ne peut pas suivre une approche où le contrôle de l'accès aux services est mélangé avec la violation des droits de propriété intellectuelle", prévient ainsi Bruxelles. Concrètement, seul le contournement des DRM pour copier ou diffuser des oeuvres pourrait être sanctionné, mais pas le contournement réalisé pour permettre la lecture des oeuvres (par exemple la lecture d'un Blu-Ray sous Linux).

En revanche, le document révèle que la Commission a fait ajouter une note à l'ACTA, qui insiste sur le fait que les Etats ne doivent pas imposer l'interopérabilité des DRM. "Il n'y a pas d'obligation pour l'industrie des TIC (Technologies de l'Information et des Communications) de concevoir des appareils, des produits, des composants ou ds services qui correspondent à certaines mesures technologiques", dit la note dont la Commission a demandé qu'elle soit rendue publique.

Publié par Guillaume Champeau, le 9 Novembre 2010 à 10h48
 
 
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Commentaires à propos de «Une fuite dévoile les intentions européennes pour l'ACTA»
 

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En gros, chacun colle son petit DRM qu'on se casserait le cul à craquer individuellement, juste pour pouvoir les lire... Mouai...
super..... retour à la préhistoire. m'empêcheront JAMAIS de lire mes cd et mes dvd. et je boycott les blueray à cause de leurs protections (par contre, j'ai plein de films en 1080p - mais chut!).

/me rêve d'un petit monde dans lequel l'accès aux connaissances serait libre, gratuit, et où les artistes seraient en prise directe avec leur publique sans passer par des producteurs-vampires

je sais, c'est beau de rêver.
On n'est pas prêt d'avoir des écrans 3D sans lunette alors.
Les lunettes ce sont des DRM (soit-dit en passant).
db
@Gourmet: pas faux - j'avais pas vu les choses sous cet angle. zut.
Bref, rien ne bouge. La lotta continua !
S'ils n'interdisent pas les contournements de DRM réalisés pour permettre la lecture des oeuvres c'est en contradiction avec le début de la phrase. Sur un logiciel libre où c'est l'utilisateur qui contrôle ce qu'il peut faire avec les contenus qu'il utilise, lire peut signifier bien plus que lire. Donc au final je ne vois pas bien comment ils pourront sanctionner un contournement et pas un autre. A partir du moment où il y a contournement pour la lecture, ça permet de tout contourner: l'interdiction de lecture, mais également l'interdiction de copier.

Ils sont ridicules car avec leurs DRM, ils s'imaginent qu'ils peuvent donner une responsablité à un logiciel, et légiférer pour protéger des DRM, alors que seul l'utilisateur est responsable de ce qu'il fait des contenus. Ils sont vraiment ridicules aussi de penser qu'un DRM est utile. Au mieux ça fait chier les clients, au pire ça dissuade les gens de payer pour le support.
MdMax, le 09/11/2010 - 11:17
Ils sont ridicules car avec leurs DRM, ils s'imaginent qu'ils peuvent donner une responsablité à un logiciel, et légiférer pour protéger des DRM, alors que seul l'utilisateur est responsable de ce qu'il fait des contenus. Ils sont vraiment ridicules aussi de penser qu'un DRM est utile. Au mieux ça fait chier les clients, au pire ça dissuade les gens de payer pour le support.

+1
A quand des DRM sur les voitures, à quand des DRM sur les armes, à quand des DRM sur la finance, à quand des DRM sur les politiques.....
"les Etats ne doivent pas imposer l'interopérabilité des DRM"
Excellente nouvelle, il y en a très peu dans ce domaine ces dernières années.
Sans interopérabilité imposée, les industriels continueront à se battre pour imposer les leurs, et en conséquence, aucun standard de DRM ne pourra s'imposer et tout verrouiller.
Le DRM doit être un obstacle dans la pratique, et non quelque chose d'universel que tout le monde finira par accepter.
AH le bon temps de la Terreur, la guillotine qui tournait 24/24...
Les producteurs vont pouvoir négocier des contrats juteux (pour eux, hein!!!) pour que les cd des artistes vendeurs ne soient lisibles que sur les lecteurs d' une seule marque.
Heureusement, il reste le pirata... Non !! J' ai rien dit.
Si je comprends bien, ils sont en trin de definir leurs propre limite ?
Je m'explique. A titre d'exemple je suis un viticulteur Slovaque, et par la passion de mon metier je decide de produire un vin petillant que je vais appeller Champogne. Rien d'illegal puisque c'est bien la denomination Champagne qui est protegée. Votre avis ?

Concernant les DRM, la GPLv3 section 3 de la licence stipule que "le système ne pourra être considéré comme une mesure de protection effective. Ceci veut dire que si vous cassez le DRM, vous serez libres de distribuer ce logiciel et vous ne serez pas menacés de sanctions du fait des lois DMCA, EUCD, DADVSI ou assimilées" extrait du guide rapide de la Gplv3
NovaIzHere, le 09/11/2010 - 10:54
En gros, chacun colle son petit DRM qu'on se casserait le cul à craquer individuellement, juste pour pouvoir les lire... Mouai...

Les industriel seront libre de proposer des produits ne disposant d'aucune compatibilité DRM.
(je préfère cette lecture)
Les DRM sur les voitures existe deja,
certains modele aux USA sont desactivable a distance pas le constructeur lorsque une traite de la voiture n'es pas payé ou qu'elle est declaré volé...
Ils sont vraiment ridicules aussi de penser qu'un DRM est utile. Au mieux ça fait chier les clients, au pire ça dissuade les gens de payer pour le support.
"au pire ça dissuade les gens de payer pour le support" -> C'est exactement ce qu'il vient de m'arriver. Je comptais offrir un jeux à des gamins mais ce jeux est estampillé - SecuROMâ 5 machine , activation limit - Je pourrais me dire, SecuRom, les Editeurs mettent des protections sur leurs jeux, admettons, mais cette limitation à 5 (3 avant) NON. J'ai souvenir de déboire avec un jeux buggé et cette technologie en 2008.

"Plus surprenant, mais rassurant, la Commission explique qu'elle a rejeté toute disposition qui viserait à étendre la protection des DRM à des mesures techniques qui n'ont pas pour but de faire appliquer des droits de propriété intellectuelle, mais de réguler le droit à l'accès aux oeuvres. Elle refuse que les DRM puissent réguler le simple "usage" des oeuvres, c'est-à-dire essentiellement leur lecture"

Cela veut dire que cette limitation sauterai pour les support Européen ? (même si Securom demeure ). Ont-ils vraiment besoin d'attendre un Acta avant de légiférer sur les DRM en Europe ou une interopérabilité plus large.
thebiglol, le 09/11/2010 - 12:17
Les industriel seront libre de proposer des produits ne disposant d'aucune compatibilité DRM.
(je préfère cette lecture)

J'ai beau lire leur déclaration plusieurs fois :
"Il n'y a pas d'obligation pour l'industrie des TIC (Technologies de l'Information et des Communications) de concevoir des appareils, des produits, des composants ou des services qui correspondent à certaines mesures technologiques"
Je comprends aussi la même chose que toi . . .
Pas obligé d'implémenter de DHCP sur un port HDMI ou DVI ? C'est possible techniquement, ça ? Même à partir d'un support physique DRMisé ?

Obé.
une fuite :D

mon CU :)

on laisse "fuiter" pour prendre la température et ensuite on voit, prennent pas les gens pour des demeurés, mais non...
nimointernux, le 09/11/2010 - 10:59
super..... retour à la préhistoire. m'empêcheront JAMAIS de lire mes cd et mes dvd. et je boycott les blueray à cause de leurs protections (par contre, j'ai plein de films en 1080p - mais chut!).

/me rêve d'un petit monde dans lequel l'accès aux connaissances serait libre, gratuit, et où les artistes seraient en prise directe avec leur publique sans passer par des producteurs-vampires

je sais, c'est beau de rêver.

les artistes sont trop lâche pour que cela arrive un jour .
la collaboration est bien plus simple .
super, le 09/11/2010 - 16:14
nimointernux, le 09/11/2010 - 10:59
super..... retour à la préhistoire. m'empêcheront JAMAIS de lire mes cd et mes dvd. et je boycott les blueray à cause de leurs protections (par contre, j'ai plein de films en 1080p - mais chut!).

/me rêve d'un petit monde dans lequel l'accès aux connaissances serait libre, gratuit, et où les artistes seraient en prise directe avec leur publique sans passer par des producteurs-vampires

je sais, c'est beau de rêver.

les artistes sont trop lâche pour que cela arrive un jour .
la collaboration est bien plus simple .

Peut être que certains "artistes" sont ce que tu dis mais ce n'est pas non plus une généralité pour les vrais artistes.

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