Par Antoine Bouteilly (blogototo) : A qui la faute ? C'est marrant j'ai l'impression que ça va être la mienne.

En ces temps où il fait bon montrer que le P2P asphyxie les artistes, vole les auteurs, il est bon de montrer qu’à cause de lui, nous ne créons pas de valeur. Ce gasoil du moteur libéral, ce terme générique mais brandi à l’unisson depuis quelques années par les stratèges des firmes qui pèsent sur le monde, la  » création de valeur  » va faire une entrée remarquée dans le débat du P2P. Parler de la gratuité, modèle économique sans avenir, c’est bien, mais parler de  » non création  » voire  » destruction de valeur « , c’est peut être mieux, pour peu que le juge devant lequel vous traînerez un audionaute pris au hasard soit sensible à ce vocable stratégo-business. Or la création de valeur, elle recule chez EMI (source : L’Expansion), et ils ne vont pas manquer de nous le faire savoir.

En effet, alors que les analystes s’attendaient à un chiffre d’affaire stable, ou en légère baisse, mais pas de plus de 4 %, EMI vient d’annoncer que son CA pour l’exercice en cours reculait de 8 à 9 %. Une annonce saluée comme il se doit par la bourse britannique (-17 %). Attention préparez-vous, les sirènes du  » alerte au P2P  » vont très bientôt retentir. Le groupe EMI, producteur de Radiohead, ayant vraisemblablement dans l’idée de faire retomber la faute de cette destruction de valeur sur les hooligans du P2P. C’est vrai quoi, ils produisent le groupe qui a fait le carton de l’année et a reçu tout plein partout de récompense (Coldplay), mais malgré ça ils perdent des soussous…

En même temps il ne faudra pas oublier que l’album de Coldplay, source d’une manne certaine devait sortir son album au cours de l’exercice actuel. De même que Gorillaz, autre poids lourd d’EMI. Mais ces deux albums sont retardés et ne sortiront que lors du prochain exercice fiscal…

L’idée saugrenue et déplacée que la différence entre le résultat prévu par les analystes (0 à -4 %) et la baisse de CA constatée (-8 à -9 %) ne soit pas due exclusivement aux vampires du Net, mais aussi à ce retard, non comptabilisé par les analystes (leurs chiffres se fondaient sur la sortie de ces 2 albums au cours de l’exercice actuel) me traverse l’esprit. Mais je ne m’attends pas à ce qu’elle soit mise en avant par EMI au cours d’un de ses procès contre un téléchargeur.

Antoine Bouteilly
Juriste, 25 ans, stagiaire en quête de travail, Antoine tient son blog (le »Blogototo« ) à propos de la culture, du P2P et du logiciel libre.

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