Google chercherait-il à se relancer dans le secteur des réseaux sociaux ? Avec les relatifs échecs d'Orkut, Google Wave et Google Buzz, la firme de Mountain View avance avec prudence sur ce sujet. Toutefois, le patron de Digg - l'un des principaux sites du "web 2.0" - a laissé entendre qu'un projet serait bien dans les cartons.

À l’origine, Google n’a semble-t-il jamais manifesté un grand intérêt pour Facebook. S’il a suivi avec une certaine attention l’évolution de cette plate-forme sociale, c’était surtout pour surveiller – et contrecarrer le cas échéant – les ambitions de Microsoft de l’époque.

En effet, le géant de Redmond avait acquis 1,6 % (240 millions de dollars) du réseau social afin de se présenter dans les meilleures conditions pour être le fournisseur exclusif de bannières et de liens sponsorisés sur la plateforme sociale. Google, qui tire sa richesse de la publicité en ligne, y voyait alors une menace pour sa puissance financière.

Depuis, les choses ont eu largement le temps d’évoluer. Facebook, désormais bénéficiaire, est maintenant fort de plus de 500 millions de membres inscrits. Mark Zuckerberg, le patron actuel du réseau social, rêve déjà de la prochaine étape, lorsque Facebook franchira le cap mythique du milliard d’utilisateurs. Cette popularité se répercute d’ailleurs sur le trafic, puisque près d’une page sur quatre vues aux Etats-Unis est une page Facebook.

Alors certes, Google a encore une avance confortable, puisqu’il s’agit ici que d’une comparaison entre la page Facebook et la page Google. Or, cette dernière est loin de représenter l’ensemble du trafic de tous les services de Google, allant de Picasa à Gmail en passant par YouTube, Google Maps et compagnie. Mais si Facebook ne va pas supplanter (aujourd’hui) Google, la firme de Mountain View songe à trouver une parade durable pour avoir la paix.

Et la parade pourrait très bien venir d’un réseau social, tout simplement. En effet, le fondateur de Digg.com, un site social de recommandation où les utilisateurs votent pour hiérarchiser les contenus proposés, a indiqué sur son Twitter (message retiré depuis) que Google envisagerait très sérieusement de lancer un site concurrent pour entraver le développement de Facebook.

« Grosse rumeur. Google est sur le point de lancer un concurrent de Facebook, « Google Me ». La source est très crédible » peut-on lire sur les nombreux retweets (republication du message par d’autres utilisateurs) et sur les captures d’écran du message. Mais toute la question est de savoir si Facebook veut bel et bien retenter l’expérience du social.

En effet, la firme de Mountain View n’a jamais rencontré le succès planétaire avec ses précédentes tentatives. Orkut par exemple marche principalement au Brésil et en Inde. S’il s’agit de deux pays très peuplés, donc représentant deux marchés ayant un fort potentiel de progression, on est loin de la domination internationale.

Même chose avec Google Wave et Google Buzz. Lancés respectivement en septembre 2009 et en février 2010, les deux projets, contestés, sont tombés dans un relatif oubli, malgré toutes les promesses et tout l’enthousiasme des ingénieurs de Google.

Mais est-ce vraiment surprenant ? À l’heure où même un site comme MySpace est complètement hors-course et est traversé par d’importantes difficultés, il sera très difficile pour Google d’avoir un site social disposant d’une attractivité suffisamment forte pour arracher des centaines de milliers d’utilisateurs de Facebook.

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