Depuis ce matin, Spotify a commencé à déployer la dernière version de son logiciel d'écoute de musique en streaming. Cette mouture, la 0.4, marque un tournant important dans la stratégie de la société suédoise, puisqu'elle introduit deux grandes nouveautés : un gestionnaire local pour lire les fichiers musicaux stockés sur l'ordinateur et des fonctionnalités sociales pour partager ses listes de lecture avec ses amis.

Depuis ce matin, les grandes manœuvres ont commencé pour Spotify. En effet, le célèbre service suédois dédié à l’écoute de musique en continu va connaitre une évolution majeure avec la prochaine mouture de son logiciel maison, la version 0.4. Désormais, Spotify va élargir son champ de compétences en se transformant en une véritable « plate-forme de gestion de musique« , afin d’accéder notamment aux fichiers musicaux présents sur le disque dur de l’ordinateur.

Concrètement, Spotify a ajouté un dossier « Bibliothèque » afin de combiner la bibliothèque locale avec celle intégrée dans le logiciel. C’est un changement de cap important pour la société, puisqu’elle se pose désormais clairement en rival d’iTunes, l’actuel leader de ce secteur. Cependant, pour prendre l’avantage en proposant ses propres fonctionnalités, Spotify a un autre atout dans sa manche : l’ajout de fonctionnalités sociales.

« Pour commencer, nous avons ajouté des fonctionnalités sociales, centrées sur un Profil Musical Spotify entièrement personnalisable. Il est maintenant possible de publier des listes de lecture, top artistes et top titres pour les rendre visibles par tout le monde. La découverte des profils des autres utilisateurs est facilitée par la connexion à Facebook et l’ajout instantané des profils des amis Facebook » est-il expliqué sur le blog officiel. Ainsi, en plus d’écouter de la musique, vous pouvez désormais découvrir les goûts musicaux de vos amis et contacts et partager les vôtres, en publiant vos listes de lecture sur Facebook ou Twitter.

Très populaire en Europe, Spotify tarde à investir le marché américain. En cause, la frilosité des maisons de disques qui doutent de la pérennité du freemium, un modèle économique qui repose à la fois sur un accès gratuit à un service et une offre payante pour bénéficier de fonctionnalités et avantages supplémentaires (en l’occurrence, une meilleure qualité d’écoute et l’absence de publicité visuelle ou sonore notamment). À l’heure actuelle, la formule payante à 9,99 euros par mois a séduit pas moins de 320 000 internautes sur les sept millions d’utilisateurs inscrits.

« Nous pensons que Spotify est un très bon service, mais les responsables vont devoir nous convaincre sur leur capacité à convertir un nombre suffisamment de personnes du modèle gratuit vers l’abonnement payant » avait glissé à l’époque un label américain. Cependant, malgré un équilibre fragile entre modèle publicitaire (pour financer l’accès gratuit) et abonnement payant, Spotify devrait tout de même parvenir à rentrer cette année sur le marché américain.

Mais Spotify n’est pas le seul à se repositionner. Début décembre, nous rapportions le rachat de Lala.com, un service de streaming musical, par Apple. Comme nous l’écrivions alors, ce rachat permet à l’entreprise de Cupertino de diversifier et compléter son offre, en ajoutant à ses services de vente et de téléchargement une solution de streaming audio.

Malgré un intérêt toujours plus grand pour le secteur des jeux vidéo et des applications mobiles, Apple n’est donc pas décidé à délaisser le secteur de la musique, surtout au regard de la grande popularité du streaming chez les internautes.

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