MédicamentsLa ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot pourrait, selon Les Echos, autoriser la vente de médicaments non remboursés et commercialisés sans prescription sur Internet. L’idée hérisse bien sûr le poil des syndicats de pharmaciens, qui s’opposent fortement à cette idée qui heurte de plein fouet leur monopole. Ils s’opposent déjà à ce que ces médicaments soient en libre service dans les grandes surfaces, ça n’est pas pour que l’on puisse acheter une boîte de Doliprane en ligne.

Ils opposent, logiquement, que les pharmaciens ont un devoir de conseil et qu’il est dangereux de laisser ainsi les consommateurs consommer ce qu’ils veulent, comme de vulgaires paquets de chewing-gum. Ils ont raison, en théorie. En pratique, rares sont les pharmaciens à poser des questions au client qui vient acheter ses six boîtes de vitamines C, ses aspirines et ses somniphères.

Toujours est-il que depuis l’arrêt DocMorris du 11 décembre 2003, la Cour de Justice des Communautés Européennes a ouvert au marché la vente de médicaments sur Internet, et qu’il est déjà possible de commander des pilules à l’étranger. Pour contrôler le marché et lutter contre la vente de médicaments contrefaits, le gouvernement français pourrait donc être tenté d’autoriser la vente à distance de médicaments en France, mais de l’encadrer strictement comme il vient de le faire avec les jeux en ligne. Pour avoir le droit d’exister sur Internet, les sites de jeux d’argent doivent, en France, recevoir une homologation payante de l’Etat. Sinon, ils sont passibles de sanction, et susceptibles d’être déférérencés des moteurs de recherche.

L’occasion est donc bonne pour le gouvernement de profiter de l’occasion pour mettre un pied dans la porte du filtrage des sites marchands. Certains lobbys n’attendent que ça. C’est le cas notamment des buralistes, qui demandent que les sites de vente de cigarettes soient bloqués. Nous avons aussi soupçonné PriceMinister d’alerter les médias de l’arrivée sur Internet de jeux contrefaits dangereux pour les enfants, pour inciter l’Etat à bloquer l’accès aux sites de certains de ses concurrents. Lui-même collabore avec les douanes, et l’Etat pourrait être tenté d’utiliser la lutte contre la contrefaçon comme prétexte pour éviter la fuite de la TVA vers l’étranger.

(illustration CC higlu)

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