Avec 58,6% des lecteurs MP3 vendus dans le monde, Apple et son iPod bénéficient d'une position dominante sur le marché de la musique numérique. Mais, selon le conseil de la concurrence, pas assez dominante pour parler d'abus lorsque la firme à la Pomme refuse d'accorder des licences sur son système de DRM FairPlay, et ce notamment parce que l'on peut détourner les DRM !

Apple est doublement leader sur le marché de la musique numérique. Tout d’abord au niveau des baladeurs, l’iPod représente selon les dernières estimations 87,3 % des lecteurs MP3 avec disques dur intégrés vendus dans le monde, et 58,6 % de la totalité des baladeurs. Ensuite au niveau des services de vente de musique, son iTunes Music Store est également largement dominant. Ce qui joint les deux : FairPlay.

Avec FairPlay, Apple encastre dans les morceaux de musique au format AAC les informations relatives aux droits d’auteur et aux restrictions appliquées sur l’utilisation des fichiers. Il s’agit de son système de DRM (Digital Rights Management), compris uniquement par son propre baladeur, l’iPod. Le client qui achète des morceaux de musique sur iTunes Music Store sera incapable de les lire sur un baladeur concurrent, et inversement, les plateformes musicales concurrentes sont incapables de rendre leurs morceaux lisibles sur un iPod sans avoir accès à la technologie FairPlay pour laquelle Apple refuser d’accorder des licences.

Le 28 juin dernier, VirginMega a donc saisi le conseil de la concurrence en indiquant que « l’accès au DRM FairPlay est indispensable à l’exercice de l’activité d’opérateur de musique en ligne, que FairPlay est une ressource essentielle et que le refus d’accès de la part d’un opérateur dominant sur le marché connexe des baladeurs numériques sécurisés à disque dur constitue un abus« .

Mardi, le conseil de la concurrence s’est prononcé en constatant que « l’accès au DRM Fairplay n’est pas indispensable pour le développement des plate-formes légales de téléchargement de musique en ligne« . Tout d’abord, le Conseil relève que « le transfert sur baladeur ne constitue qu’un usage minoritaire parmi les usages actuels de la musique téléchargée » et constate « l’apparition récente en France de nombreux baladeurs numériques, avec et sans disque dur, sécurisés avec le DRM de Microsoft et compatibles avec la plate-forme VirginMega. En effet, VirginMega utilise le format WMA de Microsoft, reconnu par la grande majorité des baladeurs concurrents de l’iPod d’Apple.

Mais le Conseil va plus loin :

« Il existe une solution de contournement simple, peu coûteuse et très courante, en cas d’incompatibilité des DRM : la gravure sur CD.« 

Rappelons-nous que cette solution a été appelée entre autres par Microsoft lui-même, avant d’être retirée du guide officiel de MSN Music, ainsi que par Fnacmusic.com.

« Les inconvénients, pour les consommateurs, liés à l’absence de compatibilité entre logiciels et matériels sont récurrentes dans les secteurs liées aux technologies de l’information, où les innovations se succèdent à un rythme élevé« , rappelle le Conseil qui estime que les « ajustements des marchés aux innovations ne révèlent pas nécessairement des atteintes au droit de la concurrence« . Ce qui ne l’empêche pas de dire clairement à tout le monde comment se débarasser de la cage posée par Apple…

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