Parce qu'ils ne recevront plus de classification officielle des autorités australiennes, les images pornographiques montrant des éjaculations féminines ou des poitrines de trop petites tailles seront désormais bannies sur Internet, et sujettes au filtrage.

Le Parti du Sexe Australien (si si, ça existe) est inquiet et en colère. Selon lui, les censeurs du gouvernement fédéral ont ordonné aux douanes de confisquer les vidéos pornographiques qui montrent un orgasme féminin, lorsqu’il est accompagné d’une éjaculation féminine. Pire, le Bureau des Classifications refuserait désormais de classifier les films avec des éjaculations féminines, ce qui a pour effet direct d’en faire des vidéos bannies sur Internet.

En effet, les lois australiennes qui sont considérées comme les plus liberticides du monde occidental en matière de liberté d’expression et de communication, n’autorisent pas la diffusion ou l’importation de vidéos non classifiées en Australie. Ainsi lorsque ces vidéos sont produites ou diffusées dans le pays, les autorités envoient un ordre de retrait du contenu aux hébergeurs. Et lorsqu’elles sont diffusées sur des sites étrangers, ces sites sont ajoutés à la liste noire des sites à bloquer par les FAI australiens, de sorte qu’ils deviennent inaccessibles (en théorie, puisqu’en pratique les filtres sont facilement contournés).

Plus choquant peut-être, le Bureau des Classifications Australien aurait également banni les vidéos et les photographies de femmes nues, lorsque leurs seins sont jugés trop petits. Dans l’esprit du BCA, la femme qui a un bonnet A ne peut être un objet de fantasmes que pour les pédophiles. Ou en tout cas, il serait trop difficile de savoir si la femme représentée est ou non majeure. Le célèbre producteur Larry Flint aurait ainsi vu plusieurs publications de son groupe Hustler bannies en Australie, parce que les poitrines de ses modèles n’étaient pas assez opulantes.

L’histoire ne dit pas si les hommes à petit sexe qui pratiquent l’épilation intégrale sont aussi concernés par la censure.

Quant à l’éjaculation féminine, c’est aussi un problème de santé publique que de considérer comme le BCA qu’il s’agit d’une image « exécrable » de la femme. Dans un article passionnant publié sur Rue89 à propos du point G, l’educatrice sexuelle Tiphaine Besnard nous apprenait en effet récemment que l’éjaculat était « un agent protecteur pour l’urètre contre les effets agressifs de l’urine« , et que « l’inhibition de l’éjaculation chez les femmes (lorsque le liquide remonte dans la vessie selon le processus appelé éjaculation rétrograde) est favorable au développement d’infections« .

« La moitié des visites chez le gynécologue sont à attribuer à des maladies de type infections vaginales dans un contexte social où l’éjaculation des femmes est dévalorisée, voire méconnue« , précisait même Tiphaine Besnard.

Bannir ou guérir, il faut choisir.

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