Rappelons le encore, une cinquantaine d'internautes ont récemment été poursuivis pénalement et risquent jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende. Les majors de l'industrie du disque veulent condamner ceux qui vont sur Kazaa pour télécharger les morceaux du TOP 50, plutôt que d'aller sur les "offres légales". Une étude explosive publiée mardi démontre pourtant qu'entre 40 à 87% des albums du TOP 50 ne sont tout simplement pas disponibles sur Internet autrement qu'en les piratant !

Lors d’un chat chez nos confrères de l’Internaute, le président du SNEP Giles Bressand rappelait que le téléchargement de MP3 sur les réseaux P2P, « c’est le TOP 50 à 80 %. En cela, il n’avait probablement pas tort, et les éditeurs de logiciels de P2P ont encore beaucoup à travailler avant de prétendre être les véritables vecteurs de diffusion culturelle qu’ils pourraient devenir.

De cette très juste remarque se dégage alors une conclusion : pour prétendre lutter contre le P2P, les plateformes légales se doivent de répondre aux mêmes besoins. Le Syndicat National de l’Edition Phonographique ne saurait raisonnablement porter plainte contre les internautes sans avoir une offre alternative crédible, au moins quant à son contenu.

Et pourtant.

SmallDJ.com a livré une étude brillante en réaction aux déclarations du président du SNEP. Réalisée le 10 octobre, c’est-à-dire dans le prolongement direct des actions judiciaires qui ont agité l’actualité récente, l’étude vérifie la disponibilité des albums les plus vendus en magasin sur les cinq principales plateformes françaises : Tunes Music Store (France) édité par Apple, Sony Connect Europe, Virgin Mega, e-Compil édité par Universal et enfin FnacMusic.

Les résultats ont de quoi choquer tant ils rejoignent ce que l’on souhaiterait n’être que des caricatures. Sur Sony Connect, les albums du TOP 50 sont une denrée au moins aussi rare que les qualités de la plateforme. 87 % des albums les plus vendus en France sont tout simplement absents du site ! Le meilleur élève est Virginmega, où le taux d’indisponibilité reste toutefois de 40 %… Sur iTunes, qui se vante de disposer d’un catalogue de 700.000 morceaux, 60 % des albums du TOP 50 manquent à l’appel.

Lorsque l’on s’intéresse aux singles, les chiffres ne sont guère plus brillants. Là encore, Virginmega s’en tire le mieux en proposant 7 morceaux sur 10, mais l’iTunes d’Apple reste largement à la traine avec 64 % de titres indisponibles.

Quand les CD coûtent moins cher que les fichiers

Donnée pertinente également, le prix des titres est examiné par SmallDJ, plateforme par plateforme, et comparé au prix du Compact Disc muni d’une jaquette et totalement libre d’utilisation. Le dernier album de Maroon 5, Songs About Jane, est vendu 12,50 euros à la Fnac (le magasin physique). iTunes Music Store, FnacMusic et Virginmega proposent l’album à 9,99 euros. Sur Sony Connect, qui confirme encore une fois qu’il n’aurait jamais dû voir le jour, le même album à télécharger au format ATRAC3 coûte 12,99 euros. Et sur e-Compil, acheter l’album morceau par morceau coûterait 20,28 euros !

Enfin, les « mid price » (ou « prix verts) semblent totalement ignorés des plateformes légales. L’album War de U2 coûte désormais à peine plus de huit euros dans sa version boîtier. Sur les plateformes en ligne, seul e-Compil parvient à faire moins cher, à condition d’être abonné pendant au moins 6 mois, auquel cas les fichiers qui composent l’album coûtent 7,75 euros.

Monsieur Giles Bressand (SNEP), Monsieur Marc Guez (SCPP), ne pensez-vous pas qu’il serait sage de retirer vos plaintes et de vous attaquer en priorité à la création d’une véritable offre alternative ?

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