On le sait bien, la gratuité des programmes de radio n'est qu'une illusion. Nous payons NRJ et Skyrock chaque fois que nous acceptons passivement d'écouter les publicités de leurs annonceurs, eux-même payant indirectement les auteurs, artistes et producteurs des chansons diffusées. Le même principe peut-il s'appliquer au P2P ? C'est ce que tente d'imposer une société d'Atlanta.

IntentMediaWorks propose aux créateurs de contenus de diffuser leurs œuvres sur les réseaux P2P tout en étant protégés contre la copie grâce (ou « à cause », c’est selon) aux DRM intégrés aux fichiers. Une fois le fichier protégé téléchargé, l’utilisateur qui souhaite en profiter est invité à payer. S’il ne s’exécute pas, la lecture est bloquée.

Jusque là, rien que du classique. Là où Intent MediaWorks innove, c’est que la société donne à l’utilisateur le choix entre payer en monnaie sonnante et trébuchante ou visionner à la place un spot publicitaire. A l’image de la radio, c’est ainsi l’annonceur qui rétribue indirectement les créateurs et producteurs, et non l’auditeur final.

Intent aurait ainsi convaincu 500 musiciens, vidéographes et labels, et serait « en discussion avancée » avec l’une des majors de l’industrie du disque (Sony, BMG, Warner, EMI ou Universal). C’est en tout cas ce qu’indique son président Les Ottolenghi, qui s’est allié avec Almondnet pour transformer l’essai. Cette dernière est en effet spécialisée dans le profiling des consommateurs, et permet ainsi à Intent MediaWorks de cibler précisemment ses publicités pour en maximiser la rentabilité. Comprenez en cela qu’Almondnet installe un spyware sur le PC de l’utilisateur qui permettra, en espionnant les recherches et les fichiers téléchargés, de dresser son profil. Grâce au profil établi, Intent diffuse à la personne ciblée une publicité susceptible de répondre à ses envies.

Les consommateurs ont donc le choix entre payer, laisser de côté leur vie privée, ou pirater.

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