Le Point relance la rumeur de la nomination de Frédéric Lefebvre au poste de secrétaire d'Etat à la communication, qui s'occuperait de prérogatives pour le moment placées dans les mains du ministère de la Culture. Franck Riester, rapporteur de la loi Hadopi, serait aussi candidat au poste qui pourrait être créé après les régionales.

La rumeur est relancée. Selon Le Point, qui détaille par ailleurs des tensions internes qui ont abouti à la démission du conseiller Olivier Henrard (l’architecte de la loi Hadopi), « le ministère de la Culture et de la Communication est sous la menace d’un démembrement par le biais d’un secrétariat à la communication à venir après les régionales de mars 2010« . Deux candidats postuleraient en coulisse pour le poste : Frédéric Lefebvre, l’omniprésent porte-parole de l’UMP qui lorgne sur le poste depuis de nombreux mois, et Franck Riester qui avait été le brillant rapporteur (au moins sur la forme) des deux lois Hadopi à l’Assemblée Nationale.

C’était déjà Le Point qui, en juin dernier, avait le premier lancé la rumeur d’une possible nomination de Frédéric Lefebvre à un secrétariat d’état à la communication, rattaché au ministère de la Culture et de la Communication qui s’en serait alors trouvé démembré.

« La rumeur paraît toutefois curieuse« , écrivions-nous à l’époque, « d’abord parce qu’on ne voit pas un secrétaire d’Etat à la culture rattaché au nouveau ministre de la Culture Frédéric Mitterrand. Les deux postes feraient double emploi et la plus belle prise de Nicolas Sarkozy n’en serait probablement pas très heureux. Or il n’est pas question pour Sarkozy de risquer déjà un clash avec le très populaire neveu de l’ancien Président« . « Ensuite« , ajoutions-nous, « parce que Nicolas Sarkozy a beau être « décomplexé », la ficelle serait un peu trop grosse. Nommer un nouveau secrétaire d’Etat quelques semaines après l’annonce du remaniement, à la faveur d’un député qui vient de perdre son poste, serait tout de même mal perçu par les Français. On peut en tout cas avoir la faiblesse de l’espérer« .

Or en mars, l’eau aura coulé sous les ponts. Frédéric Mitterrand a perdu de sa splendeur depuis l’affaire du boxeur thaïlandais, et Frédéric Lefebvre n’aura plus cette image de chômeur de l’Assemblée qu’il faut recaser. Le seul obstacle qu’il reste est Frédéric Mitterrand lui-même, qui n’a pas l’intention de se laisser manger une partie de son porte-feuilles. « Je pense que je n’ai pas besoin d’un secrétaire d’Etat à la Communication« , avait tancé Frédéric Mitterrand l’été dernier. « Cela dit, si le président souhaite que j’ai quelqu’un pour m’épauler dans le travail considérable que cela représente, je sais qu’il choisira quelqu’un avec qui je m’entendrai« , avait-il ajouté, montrant toute son hostilité à l’ancien député UMP.

Sur le fond, la nomination de Frédéric Lefebvre à un poste de secrétaire d’Etat à la communication laisse présager le pire pour Internet, même s’il a hier soir tenté de redorer son image en déclarant en direct sa flamme pour le réseau mondial. Favorable à l’idée d’un contrôle du net par le CSA et d’une taxation du web 2.0, Lefebvre est aussi pour une remise en question des acquis de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) en matière de responsabilité des hébergeurs et des fournisseurs d’accès, et favorable au filtrage.

Quant à Franck Riester, sa politique globale en matière d’Internet est méconnue. Mais la conviction souvent remplie de mauvaise foi dont il a fait preuve dans sa défense des deux lois Hadopi ne laisse pas présager d’une indépendance d’esprit particulière au sein d’un gouvernement qui, dans sa grande majorité, semble détester Internet.

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