Mathieu Kassovitz : "Hadopi ne peut pas fonctionner"
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 01 Décembre 2009 à 13h18 -
posté dans Société 2.0
![]() A la fois acteur, réalisateur, scénariste et producteur, Mathieu Kassovitz a le profil idéal du professionnel bercé dans l'industrie du cinéma qui exècre le piratage et défend la riposte graduée. Pourtant, passionné par les nouvelles technologies, il estime qu'il faut faire avec le piratage, arrêter la répression, et diffuser gratuitement les films lorsqu'ils sont rentabilisés.
"Je n'ai jamais rien dit sur le sujet, mais pour moi c'est une connerie. L'industrie s'est baisée depuis qu'elle est passée au numérique. Ils n'ont pas vu que le VHS et la cassette audio, c'était très bien. A l'époque, je copiais des VHS avec deux magnétoscopes. La qualité se dégradait à chaque copie, mais c'était acceptable puisque gratuit. Avec le numérique, l'industrie ne s'est pas projetée dans dix ans avec un internet dix fois plus rapide, des ordinateurs cent fois plus puissants et des DVD copiables en quelques minutes", constate ainsi Mathieu Kassovitz. "J'en ai parlé avec Steven Spielberg et d'autres grands réalisateurs américains. Ils dépensent des centaines de millions de dollars afin de trouver une parade contre des petits mecs de quatorze ans qui démonteront leur DRM en quelques minutes ! En plus, Hadopi ne peut fonctionner, car le vrai piratage consiste à se refiler des disques durs remplis de vidéos ripées". Selon l'acteur-producteur-réalisateur, avec le piratage, "ce ne sont pas les artistes qui en prennent plein la gueule. Ils perdent un peu, mais ils restent très bien payés". En fait, "l'Hadopi ne protège que l'industrie", concède-t-il facilement. Dans un propos à faire bondir le tout Paris de la production audiovisuelle, Mathieu Kassovitz estime qu'à "partir du moment où un film est amorti, il devrait devenir gratuit". "Au lieu de faire de la répression, on devrait améliorer l'offre et la rendre accessible à tous". Finalement, c'est aussi un problème artistique et de conception de l'art. "Si tu fais un chef d'oeuvre, il sera piraté, mais le public ira quand même le voir en salle. En ce moment, les films ne sont plus que des produits de consommation (...) il ne s'agit que de fichiers que l'on copie, déplace ou supprime". Mathieu Kassovitz explique même en fin d'interview qu'il souhaiterait diffuser ses films gratuitement, et qu'il était "à deux doigts de le faire" sur Babylon A.D. où il était en conflit avec la production. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Mathieu Kassovitz : "Hadopi ne peut pas fonctionner"»
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le 01/12/2009 à 18:58
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enter, le 01/12/2009 - 18:58
A ton avis, les artistes, ils vivent comment ? de mendicité ? Non, les artistes qu'il s'agisse d'artistes de cinéma ou de musiciens, ils sont payés lors de leur prestation. Que voudrais tu de plus ? Les droits voisins de 70 ans et plus, c'est uniquement pour les Majors ! (Sauf clauses très particulières et très exceptionnelles dans le contrat de l'artiste). Mais tu le sais très bien. Et même mieux que moi, comme pour tout le reste. Le piratage ne devrait commencer que lorsqu'un film sort en DVD ou Blueray. Jamais en camcord ou autre vision médiocre d'un film qui vient de sortir. Faut laisser tranquille le cinéma. C'est un minimum de jugeotte.
Je ne comprends pas cet engouement à voir absolument le plus vite possible un film nouveau. Pour se vanter de l'avoir vu peut-être. C'est petit. enter, le 01/12/2009 - 18:58
Donc ton monde idéal, il est bien joli. Mais il n'existe pas : faire un film, c'est d'abord et surtout se crever le cul pour trouver du pognon, du flouze, de l'oseille ! bref, ta réflexion sur l'Art et les bénéfices, elle est complètement déconnectée du monde réel. Mais cela ne m'étonne pas beaucoup de toi. Même plus besoin, avec les subventions accordées au nom de l'exception culturelle française ! Je m'attendais à ce genre réflexion de ta part. Lequel raisonnement n'est pas celui des artistes, mais celui des Majors Cie. Rien de nouveau quoi ! "mais les petits films, les films indépendants, d'une manière générale leur sortie en salle ne permet pas de les amortir."
Oui pour moi les petits films ou film indé devraient sortir gratoss, ne serait ce que pour être vu. Les gens qui connaissent ou sont passionnée par le cinéma (pas d'aller voir des blockbuster) sont rares et du coup le public est très fermés. La circulation libre et gratuite ferait connaitre plein de films que jamais personne ne visualiserait. JaHimself, le 01/12/2009 - 19:45
"mais les petits films, les films indépendants, d'une manière générale leur sortie en salle ne permet pas de les amortir." Oui pour moi les petits films ou film indé devraient sortir gratoss, ne serait ce que pour être vu. Les gens qui connaissent ou sont passionnée par le cinéma (pas d'aller voir des blockbuster) sont rares et du coup le public est très fermés. La circulation libre et gratuite ferait connaitre plein de films que jamais personne ne visualiserait. Ou plus simplement parce qu'ils n'ont rien coûté ayant été financés au départ par les subventions au nom de l'exception culturelle française, et dont on ne fait même pas profiter les français le plus défavorisés, après réalisation ... enter, le 01/01/1970 - 01:00
>>>"En plus, Hadopi ne peut fonctionner, car le vrai piratage consiste à se refiler des disques durs remplis de vidéos ripées" Oui, mais ces vidéos rippées, il faut bien être allé les chercher quelque part,non ? Rien n'empêchera un mec d'acheter un DVD, de le ripper et de le passer à son beau-frère et à sa grand-mère qui a leur tour les passeront à quelques amis. Ce n'est pas ça qui mettra à mal l'industrie cinématographique. Ce qui ne va pas, c'est l'effet de masse. UN mec achète UN DVD et le met à la disposition de DIX millions de personnes. Voila le problème. C'est l'abus de piratage qui est dangereux. 10 copies ça va ; 10 millions bonjour les dégâts. Globalement je partage ton avis. Indépendamment du débat sur l'art, si on en reste au strict plan industriel, la diffusion gratuite de masse ne peux que nuire à ce système économique là qui ne fonctionne que sur l'acquisition des droits de par l'utilisateur final. enter, le 01/01/1970 - 01:00
Diffuser gratuitement les films lorsqu'ils sont rentabilisés. Pourquoi pas ? Ilfaut s'entendre sur ce que veut dire "rentabiliser". Est-ce que c'est juste arriver à l'équilibre financier ? Ou est-ce qu'on permetà un réalisateur (ou un producteur) de faire des bénéfices pour pouvoirréinvestir dans un prochain film ? Cela veut dire également qu'il faut absolument proscrire le piratage tant quele film n'est pas rentabilisé. Donc pas de mise du film sur p2p dans les 15jours qui suivent sa sortie en salle. Tout à fait d'accord. Dans ce monde, ou rien ne se crée, ou rien ne se perd, mais ou tout se transforme, ... il est quand même nécessaire de disposer des fond indispensable à son projet pour le mener à bien. Il convient donc de se poser la question de l'origine des fonds, avant de pouvoir affirmer être capable de s’en passer dans certains cas. Thibgull, le 01/12/2009 - 20:11
Dans ce monde, ou rien ne se crée, ou rien ne se perd, mais ou tout se transforme, ... il est quand même nécessaire de disposer des fond indispensable à son projet pour le mener à bien. Il convient donc de se poser la question de l'origine des fonds, avant de pouvoir affirmer être capable de s’en passer dans certains cas. Et les subventions données au nom du maintien de l'exception culturelle française, à ton avis, elles servent à quoi ? enter, le 01/12/2009 - 18:58
>>>"Depuis quand l'Art serait il obligé de produire des bénéfices ? " Depuis environ ... toujours. A ton avis, les artistes, ils vivent comment ? de mendicité ? Non, comme tout le monde, ils produisent, ils vendent et ils font des bénéfices. Et les producteurs ? Les éditeurs ? Les galeristes ? Les salles de cinéma ? Ils vivent d'amour et d'eau fraîche ? Le bénéfice est absolument indispensable dans l'Art. C'est avec les bénéfices d'artistes reconnus (pas forcément pour leur talent) que tu peux permettre à des artistes débutants ou moins connus ou plus difficiles de produire. Biiiip !!!! Non, l'art n'a pas vocation à produire de bénéfice, c'est même limite insultant de réduire l'art seulement à son éventuelle fonction mercantile. Tu confonds l'art, et l'industrie artistique. Autant dans le cadre industriel, tu peux avoir raison (nous sommes alors dans une logique économique), autant dans le domaine "artistique", l’argent n’a pas sa place. Après, nous pouvons débattre des lustres sur l’histoire de la poule et de l’œuf … L’artiste doit vire, … comme le mécanicien qui répare ta voiture, … etc … etc … L’artiste ne peut malheureusement pas s’affranchit de la condition humaine, mais son œuvre se doit d’aller bien au-delà ! Alors, ne pas confondre le fait de devoir subvenir à ses besoins, et celui de créer. L’un n’empêche pas l’autre, certes, mais le second n’a pas pour vocation d’assurer le premier. Si tu considère que c’est le cas, alors nous n’associons pas les mêmes concepts au mot « art ». Il suffit juste de préciser de quoi nous parlons, et nous pourrions peut-être d’accord. Natasha, le 01/12/2009 - 20:18
Thibgull, le 01/12/2009 - 20:11
Dans ce monde, ou rien ne se crée, ou rien ne se perd, mais ou tout se transforme, ... il est quand même nécessaire de disposer des fond indispensable à son projet pour le mener à bien. Il convient donc de se poser la question de l'origine des fonds, avant de pouvoir affirmer être capable de s’en passer dans certains cas. Et les subventions données au nom du maintien de l'exception culturelle française, à ton avis, elles servent à quoi ? A assurer les fonds nécessaires à la réalisation du projet,en complément, ou de façon exclusive. Cela confirme le nécessite de disposer de ressources pour faire quelques choses… mais ne préjuge pas de leur origine, et c’est bien le sens de ma remarque. Il est illusoire de penser que l’on peut vivre d’amour et d’eau fraîche (quoi que) … mais il n’est pas interdit de s’interroger sur la répartition des rôles, entre le donateur et le bénéficiaire. Personnellement, je ne vois pas un éditeur ou une maison de disque produire de l'art sans que ce soit rentable : le coté artistique ils s'en tapent, c'est l'argent que ça va rapporter qui les intéresse.
Alors du coup c'est même pas la peine d'espérer pouvoir diffuser le film gratuitement et légalement lorsqu'il sera rentabilisé, la SACEM exige déjà une taxe de la part des FAI, elle commence à en exiger auprès des médiathèques, alors on peut connaître la réponse d'avance quand on leur demandera... De toutes manières, la loi Hadopi n'est qu'une tentative désespérée de maintenir les activités des majors, mais il est clair que ça fera comme en 1936 pour le ferroviaire... enfin ça c'est pour les majors, on sait bien qu'à travers cette nos dirigeants ont une autre idée derrière la tête.. Produire un film demande de gros moyen financier, donc même rentabiliser, je ne vois pas pourquoi il devrais abandonner leur droits sur leur œuvre.
Si on suit votre logique, une foi les centrales électrique rentabiliser, l'électricité devrais être gratuite ... Les prix des DVD diminue avec le temps, peut-être pas assez, mais je pense, que c'est la solution. Une fois le film passer au cinéma, vendu en DVD et enfin passer a la télévision, il devrais être vendu a un prix réduit. "Au lieu de faire de la répression, on devrait améliorer l'offre et la rendre accessible à tous", c'est vrai mais surtout on devrait s'attaquer à la durée des copyright parce que 70ans ce n'est plus de la protection, c'est de la rente. Le vrai problème il est là on a créé une caste de rentiers du copyright surpuissants qui ne profite en rien au public ou aux artistes mais à leur seul intérêt, (on ne me parler pas de capitalisme, c'est de la rente pure et simple).
xorox, le 01/12/2009 - 21:28
Une fois le film passer au cinéma, vendu en DVD et enfin passer a la télévision, il devrais être vendu a un prix réduit. Ben oui, il est bien connu que c'est un vieil argument publicitaire que de déclarer : "Demain on rase gratis". Mais, ce n'est jamais le bon jour, pour en bénéficier. "En plus, Hadopi ne peut fonctionner, car le vrai piratage consiste à se refiler des disques durs remplis de vidéos ripées"
en voilà au moins un qui a compris quelque chose d'important! pour ce qui est de la gratuité des films, je pense en fait que le payant peut cotoyer le gratuit sans problème. c'est d'ailleurs ce qui se fait actuellement, bien que de manière illégale. Clap ! Clap ! Clap ! Clap ! Clap !...Bravo Mathieu, ça c'est un esprit qu'on apprécie et qu'on respecte !... Il a au moins gagné un fan qui continuera à aller voir ses films en salle
xorox, le 01/12/2009 - 21:28 Produire un film demande de gros moyen financier, donc même rentabiliser, je ne vois pas pourquoi il devrais abandonner leur droits sur leur uvre. Si on suit votre logique, une foi les centrales électrique rentabiliser, l'électricité devrais être gratuite ... Euh... Une centrale électrique, même rentabilisée, faut quand même l'entretenir, et même si je n'ai pas les chiffres officiels je pense que ça doit coûter des ronds ça. Un film, une fois monté, c'est plutôt léger en coût de maintenance (les pirato-pédophilo-v(i)oleurs : "la copie ? aller, vous bilez pas, on va s'en charger... et cadeau en plus !"). Amund, le 02/12/2009 - 00:23
xorox, le 01/12/2009 - 21:28 Produire un film demande de gros moyen financier, donc même rentabiliser, je ne vois pas pourquoi il devrais abandonner leur droits sur leur uvre. Si on suit votre logique, une foi les centrales électrique rentabiliser, l'électricité devrais être gratuite ... Euh... Une centrale électrique, même rentabilisée, faut quand même l'entretenir, et même si je n'ai pas les chiffres officiels je pense que ça doit coûter des ronds ça. Un film, une fois monté, c'est plutôt léger en coût de maintenance (les pirato-pédophilo-v(i)oleurs : "la copie ? aller, vous bilez pas, on va s'en charger... et cadeau en plus !"). J'ai pris l'exemple des centrales électrique car, dans le journal, il y avais un article sur les centrales nucléaire Belge, elle sont rentabiliser mais le prix de l'électricité augmente ... ce qui n'est pas logique. La gratuité ... non, mais une grosse diminution du prix me semble normal. xorox, le 02/12/2009 - 00:43 J'ai pris l'exemple des centrales électrique car, dans le journal, il y avais un article sur les centrales nucléaire Belge, elle sont rentabiliser mais le prix de l'électricité augmente ... ce qui n'est pas logique. La gratuité ... non, mais une grosse diminution du prix me semble normal. Moui... Toutefois, je ne suis pas sûr non plus d'avoir lu dans les commentaires que les auteurs devaient "abandonner leur droits sur leur oeuvre", mais plutôt qu'on leur retire leur rente sur 70/130 ans. La gratuité ne me choque pas personnellement, si elle intervient après un temps d'exploitation "raisonnable". 70 ans me paraissent déjà allègrement déraisonnables, alors 130 ans... Et tant qu'on est dans les sympathiques comparaisons, j'imagine bien un architecte qui va réclamer des sous sur la revente d'une maison dont il avait fait les plans il y a 50 ans... Ben quoi, c'est lui l'auteur, non ?
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