Le débat sur la violence dans les jeux vidéo est sans fin. Hélas, il arrive parfois que des évènements tragiques incitent les politiques à resserrer davantage la vis autour des jeux vidéos violents, pour rappeler aux électeurs qu'ils sont loin d'être passifs sur ces sujets. Crytek, une importante société allemande, envisage dès lors de quitter l'Allemagne si les projets de loi les plus répressifs passent...

La société Crytek Studios va-t-elle s’exiler dans un autre pays ? Bien connu des joueurs de FPS pour avoir développé les jeux FarCry et Crysis ainsi que le moteur de jeu CryENGINE, l’entreprise envisagerait de quitter l’Allemagne pour éviter de saborder son activité si jamais le pays décide de serrer un peu plus la vis sur les jeux vidéos violents.

En effet, si en France la question de la violence dans les jeux vidéo a toujours été un face-à-face quelque peu tendu entre les pouvoirs publics et les associations familiales d’un côté et les joueurs et les professionnels de l’industrie de l’autre, la situation en Allemagne est autrement plus délicate pour les joueurs.

En effet, ce débat particulièrement sensible a pris une nouvelle tournure suite à la fusillade meurtrière le 11 mars dernier à Winnenden, dans le Bad-Wurtemberg. 15 personnes trouvèrent la mort (dont neuf élèves) sous les assauts d’un ancien élève âgé de 17 ans qui se suicidera peu après.

Ce tragique épisode a relancé les inquiétudes sur une éventuelle influence néfaste des jeux vidéos sur les adolescents, déclenchant en Allemagne des débats passionnés. Pour les éditeurs en revanche, la situation était moins évidente puisque plusieurs d’entre eux furent obligés de modifier substantiellement leur copie pour pouvoir ne serait-ce que distribuer leurs jeux.

Avec les élections législatives qui approchent, les politiques semblent faire du zèle sur le dossier et plusieurs projets de lois répressifs ont de grandes chances d’être votées. L’une des plus controversées serait l’interdiction pure et simple des jeux vidéos les plus violents. Cette position a été notamment justifiée sur le principe qu’il est difficile de s' »amuser » en mettant en exergue la violence gratuite au coeur d’un jeu.

Le président de Crytek Studios, Cevat Yerli, a déclaré récemment dans PC Games que « l’interdiction des jeux d’action le concerne, car c’est comme interdire les artistes qui les inventent« . Si l’Allemagne ne tempère pas ses ardeurs, il sera forcé de délocaliser son activité dans un autre pays. Une menace qui pourrait être mise à exécution rapidement, car Crytek possède plusieurs bureaux dans d’autres pays d’Europe, mais également en Asie et en Amérique du Nord.

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