Les opérateurs comme SFR, Free ou Bouygues pourront demander à France Telecom de prévoir une fibre optique supplémentaire pour chacun d'entre eux lorsque l'opérateur historique installera la fibre dans les immeubles, ou réciproquement. Un choix qui doit permettre d'éviter que l'un ou l'autre opérateur contrôle les fibres et donc le marché du très haut débit.

France Telecom continue d’encaisser les coups durs après la perte du monopole sur la distribution de l’iPhone et les décisions de justice qui visent à limiter sa capacité de lier l’accès à des contenus exclusifs à la souscription de ses abonnements télécom. Jean-Ludovic Silicani, dont on a beaucoup craint l’orientation de ses choix stratégiques lorsqu’il a débarqué à la tête de l’Arcep le mois dernier, montre déjà à l’opérateur historique son intention de ne pas le conforter dans sa position dominante.

Après avoir décidé de ne pas baisser le coût du dégroupage sur l’ADSL pour inciter les opérateurs alternatifs à développer plus rapidement un réseau de fibre optique indépendant, l’ARCEP a indiqué lundi qu’elle voulait que les Français aient le choix de leur fournisseur de fibre optique dans leur immeuble. « Un opérateur pourra demander, dès l’origine, à l’opérateur chargé de la copropriété du fibrage de son immeuble, l’installation d’une fibre supplémentaire qui lui sera dédiée« , a indiqué aux Echos Jean-Ludovic Silicani. Il va ainsi contre l’avis de France Telecom, qui estimait qu’un déploiement multi-fibres risquait d’engendrer jusqu’à 40 % de surcoût des travaux, mais qui voulait surtout louer sa fibre optique aux opérateurs concurrents ou leur barrer l’accès aux foyers.

« Installer plusieurs fibres optiques implique un surcoût de l’ordre de 5 % de l’investissement total, qui sera à la charge de l’opérateur qui le demandera« , réplique Silicani. « Ce sont des infrastructures qui serviront pour les cinquante prochaines années. Se priver de la liberté de choix de l’opérateur pour une différence de coût aussi faible serait totalement déraisonnable (…) L’intérêt général, ça n’est pas l’intérêt d’un simple opérateur« . Et toc.

L’Arcep, qui fait du déploiement de la la fibre optique sa priorité, estime que 5 millions de foyers répartis dans 130 communes, dont moins de la moitié en région parisienne, seront concernés par la première vague de déploiement de la fibre optique en zones denses. Il parle cependant d’un « délai raisonnable » pour atteindre cet objectif, sans plus de précision.

Espérons en tout cas que Jean-Ludovic Silicani, ancien président du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, saura faire preuve du même sens de l’intérêt général lorsqu’il lui faudra trancher sur les questions de neutralité du net ou de filtrage.

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