… et finalement on est mieux entre professionnels de la politique. Sur son blog, l’activiste Philippe Aigrain, co-fondateur de la Quadrature du Net et auteur du livre Internet & Création, raconte comment il a été aimablement écarté d’un débat sur RTL avec Christine Albanel. Auparavant, le cabinet de la ministre de la culture avait également posé son véto à la venue d’un représentant de l’UFC-Que Choisir, notoirement hostile à la loi Création et Internet :

« Madame Albanel est aujourd’hui l’invitée du Journal Inattendu« , racontait samedi Philippe Aigrain. « RTL a souhaité qu’un contradicteur soit présent, l’émission devant aborder la loi HADOPI. Ils ont d’abord invité un représentant de l’UFC Que Choisir mais le cabinet de la ministre exprima son véto à la présence de ces dangereux extrêmistes. RTL se tourna alors vers moi. J’acceptai avec plaisir. RTL me rapporte que le cabinet n’exprima pas un véto à mon égard mais leur fit part ‘de ses difficultés avec les associations’ (je ne sais pas de quoi il s’agit, peut-être des désagréments causés par leur existence ?). RTL préféra donc inviter un politique, en l’occurence Christian Paul« .

Lequel Christian Paul est un véritable opposant à la loi Création et Internet, qui a combattu le texte avec talent à l’Assemblée Nationale, et participé à l’élaboration du fructueux recours au Conseil constitutionnel. Mais tout de même, l’éviction de l’UFC-Que Choisir et de la Quadrature du Net au profit d’un député en dit long de l’importance accordée à la société civile par le ministère de la Culture.

Et que dire de RTL, qui informe Christine Albanel des personnes avec lesquelles elle va devoir débattre, et donne allégence à ses désirs de véto ? La radio privée, filiale du groupe Bertelsmann, ne ressort pas grandie de l’organisation de ce qui apparaît du coup comme un débat biaisé dès le choix de ses participants. Le journalisme ne ressort pas grandi lorsqu’il se soumet aux volontés de ceux qu’il interroge, oubliant par la même ce quimpose de déontologie le rôle de contre-pouvoir et de lumière de la démocratie dont il aime tant se prévaloir.

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