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(Hadopi) Conseil Constitutionnel : la décision

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 10 Juin 2009 à 17h44 - posté dans Société 2.0

Le texte de la décision du Conseil constitutionnel est tombé. Nous reproduisons ici in extenso le communiqué de presse du Conseil, avant analyse de la décision qui, finalement, ne fait que 14 pages (.pdf) :

Le 10 juin 2009, par sa décision n° 2009-580 DC, le Conseil constitutionnel a examiné le recours dont il avait été saisi par plus de soixante députés à l'encontre de la loi favorisant la diffusion et la protection de la création sur Internet. La saisine mettait en cause les articles 5, 10 et 11 de la loi.

I - Sur les articles 5 et 11 de la loi déférée.

L'article 5 de la loi crée la " Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet " (HADOPI). La commission de protection des droits de cette Autorité a pour mission de mettre en oeuvre les nouveaux mécanismes d'avertissement et de sanction des titulaires d'accès à internet qui auront manqué à l'obligation de surveillance de cet accès. L'article 11 de la loi définit cette obligation de surveillance.

Le Conseil constitutionnel, gardien des droits et libertés constitutionnellement garantis, a jugé que plusieurs des dispositions de ces articles 5 et 11 n'étaient pas conformes à la Constitution :

- La liberté de communication et d'expression, énoncée à l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, fait l'objet d'une constante jurisprudence protectrice par le Conseil constitutionnel (voir dernièrement décision n °2009-577 DC du 3 mars 2009). Cette liberté implique aujourd'hui, eu égard au développement généralisé d'internet et à son importance pour la participation à la vie démocratique et à l'expression des idées et des opinions, la liberté d'accéder à ces services de communication au public en ligne.

Or les articles 5 et 11 de la loi déférée confiaient à la commission de protection des droits de la HADOPI des pouvoirs de sanction l'habilitant à restreindre ou à empêcher l'accès à Internet à des titulaires d'abonnement. Ces pouvoirs pouvaient donc conduire à restreindre l'exercice, par toute personne, de son droit de s'exprimer et de communiquer librement. Dans ces conditions, le législateur ne pouvait, quelles que soient les garanties encadrant le prononcé des sanctions, confier de tels pouvoirs à une autorité administrative dans le but de protéger les titulaires du droit d'auteur. Ces pouvoirs ne peuvent incomber qu'au juge.
- L'article 9 de la Déclaration de 1789 pose le principe de la présomption d'innocence duquel il résulte que la loi ne saurait, en principe, instituer de présomption de culpabilité en matière répressive (n° 99-411 DC du 16 juin 1999). Or, aux termes de la loi déférée, seul le titulaire du contrat d'abonnement à internet pouvait faire l'objet des sanctions instituées. Pour s'exonérer, il lui incombait de produire des éléments de nature à établir que l'atteinte portée au droit d'auteur procède de la fraude d'un tiers. En méconnaissance de l'article 9 de la Déclaration de 1789, la loi instituait ainsi, en opérant un renversement de la charge de la preuve, une présomption de culpabilité pouvant conduire à prononcer contre l'abonné des sanctions privatives ou restrictives du droit.

De cette double analyse au regard des droits et libertés constitutionnellement garantis, et sans qu'il ait eu besoin d'examiner les autres griefs des requérants, le Conseil constitutionnel a censuré, aux articles 5 et 11 de la loi déférée, toutes les dispositions relatives au pouvoir de sanction de la commission de protection des droits de la HADOPI.

Le Conseil constitutionnel a également examiné les pouvoirs d'avertissement confiés à la même autorité. Ces pouvoirs sont exercés à la suite de la transmission, par les sociétés d'auteur, de traitements de données à caractère personnel relatives aux infractions. Dans sa décision n° 2004-499 DC du 29 juillet 2004, le Conseil avait jugé que de tels traitements ne peuvent, sous peine de contrevenir au droit au respect de la vie privée, acquérir un caractère nominatif que dans le cadre d'une procédure judiciaire. Tel n'aurait pas été le cas si la HADOPI avait disposé des pouvoirs de sanction prévus par la loi déférée. Cependant, à la suite de l'annulation de ces derniers, cette autorité ne dispose plus que d'un rôle préalable à une procédure judiciaire. Son intervention est justifiée par l'ampleur des contrefaçons commises au moyen d'internet et l'utilité, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, de limiter le nombre d'infractions dont l'autorité judiciaire sera saisie. Il s'ensuit que les traitements de données à caractère personnel s'inscrivent dans un processus de saisine de juridictions compétentes et ne sont pas contraires à la Constitution. Le Conseil a cependant formulé une réserve pour rappeler qu'il appartiendra à la CNIL, lorsqu'elle sera saisie de la demande d'autorisation de ces traitements de données à caractère personnel, de veiller à ce qu'ils respectent cette finalité.

II - Sur l'article 10 de la loi déférée.

L'article 10 de la loi déférée confie au tribunal de grande instance le pouvoir d'ordonner les mesures nécessaires pour prévenir ou faire cesser une atteinte à un droit d'auteur ou un droit voisin. Le législateur n'a pas méconnu la liberté d'expression et de communication en confiant ce pouvoir au juge. Il appartiendra à la juridiction saisie de ne prononcer, dans le respect de cette liberté, que des mesures strictement nécessaires à la préservation des droits en cause.

Publié par Guillaume Champeau, le 10 Juin 2009 à 17h44
 
 
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Commentaires à propos de «(Hadopi) Conseil Constitutionnel : la décision»
 

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'enter', le 01/01/1970 - 01:00
@TotoRhino : tu as tout à fait raison (pour les adresse IP, mais aussi pour le p'tit coup à boire :) )
Ah, je me posais la question de savoir quel sujet tu créditais, me voilà rassuré :D
Reste que je vais miamer, faut que j'éponge le Martini... :tongue:
'TotoRhino', le 01/01/1970 - 01:00
Alors, je viens de sortir un ch'tit canon, trois glaçons, une rondelle de citron légèrement pressée et le tout arrosé copieusement d'une rasade de Martini !

A la votre les p'tits gars, hips :beer: !

Ah j'oubliais : Merci à Chichi ;)
Avec modération cependant (c' est a dire avec moi lol). :D

Il reste un zeste de démocratie en France. Cela prouve que la majorité parlementaire c' est ridiculisé une fois de plus à l' assemblée nationale. La droite toute entière ne ressort pas grandie dans cette mésaventure. :D
"Christine Albanel tient à remercier l’ensemble des créateurs, des salariés, des entreprises et des organisations représentatives de l’audiovisuel, du cinéma, de la musique et de l’Internet, en France et dans le monde entier, du soutien qu’ils lui ont constamment manifesté dans la conduite de ce projet."

Héhé, c'est sûr que ça aurait été un peu gros de remercier aussi les parlementaires et les citoyens pour leur soutien...

Ne vous réjouissez pas trop vite. OK, Hadopi a pris un coup dans l'aile. Mais le CC a validé un certain nombre de points qui peuvent servir de fondations à un Hadopi bis. Comme je le disais : la collecte d'infractions par les ayant-droits ou le logiciel espion sont validés.
Et puis, les messages d'avertissement ne seront pas supprimés. Au lieu de "attention, la prochaine fois, on peut vous couper", ça sera "attention, la prochaine fois, une plainte sera déposée et vous risquez x milliers d'euros d'amende pour contrefaçon".

C'est vrai, mais le CC parle aussi de conserver la procédure de demande d'autorisation du traitement des données à caractère personnel à la CNIL, comme c'est le cas actuellement. Or, la CNIL à toujours été très méfiante et pointilleuse sur ce qui touche à la définition de ces données et n'a, à ma connaissance, jamais valider que le simple relevé d'IP était suffisant pour incriminer quelqu'un. Du coup un simple logiciel qui relève l'activité d'IP ne sera pas suffisant.
A voir effectivement comment ça se combine avec la LOPPSI, mais normalement (actuellement en tout cas) pour établir la culpabilité d'une personne pour contrefaçon et atteinte au droit d'auteur, il y a toute une procédure avec vérification des données inscrites sur le disque dur, etc... Autrement dit, d'un point de vue logistique, ça demande des enquêtes plus fouillées, des demandes de mandats, des perquisitions, bref: du lourd. D'autant plus qu'un site comme TPB à décidé de mettre en place un dispositif qui implémentera dans ses trackers des adresses IP fictives pour "noyer" les vraies IP dans la masse: le boulot pour les enquêteurs sera d'autant plus fastidieux.
De plus, ce genre d'enquête peut amener à porter plainte contre des gens qui ont téléchargé seulement, mais pas échangé ou mis à disposition des oeuvres sur le réseau et dans ces cas là, en France comme dans d'autres pays (USA, UK) les jurisprudences sont souvent en faveur de l'accusé et les peines minimes.
A suivre donc, mais on peut dire qu'en l'état, la HADOPI va juste servir d'épouvantail et même s'il y a des procédures, celles ci risquent d'êtres peu nombreuses, longues et ciblées. Du coup, ça ressemble moins à l'usine à gaz répressive du début et pour le coup, on vraiment dire que cette entité administrative ne servira vraiment à rien. N'importe quel policier sur ce genre d'affaire sait déjà comment aller les récolter les IP...
'enter', le 01/01/1970 - 01:00
>>>oui mais les queqlques juges qui resteront de la PURGE sarkozienne, ils seront tellement submergés de dossiers

Toi, tu n'as pas compris ce qu'était un filtre. Justement un truc qui empêche aux juges d'être submergés.


c'est justement la dessus que le CC a tiré a boulet rouge , et c'etais prévisible......dans cette logique on a qu'a rétablir la peine de mort , tu sais c'est comme un filtre , un truc qui empechera les prisons et les gardiens d'etre submergés.
Avant de crier victoire, il faut que lise le texte du CC...

Mais bon, une bonne baffe à quelqu'un qui fait exprès de jouer au sourd depuis des mois, ça démange tellement, que lorsqu'elle arrive, on ne boude pas son plaisir !

Un filtre Hadopi ? tant mieux, ça évitera donc à Mme Michu de se faire avoir sans pouvoir se défendre !

C'est ce qu'on répétait depuis le début : qu'Hadopi apporte les preuves de culpabilité pour éviter des erreurs !

SI quelqu'un se fait choper, qu'Hadopi approte des preuves bétons et qu'il passe au tribunal pour pouvoir se défendre, c'est déjà mieux que 3 gus dans un bureau qui appuie sur des boutons pour couper les connexions en rafale...
Je vous invite à lire attentivement les conclusions du conseil constitutionnel. Mon impression est que cela même au delà de ce qu'annonce numerama. Donc, courage Pour Albanel, pour essayer de recycler le texte.

Je poursuis ma lecture :)
En tout cas, une belle leçon de démocratie. Viva Debré ^^
Et dire que Jérôme a été viré de TF1 alors qu'il avait raison de s'opposer à ce qui est anti-constitutionnel.
Il y a des baffes qui se perdent, surtout qu'en on voit ces têtes à claques du ministère de la culture et de son agence TF1.
Et la paf! la constitution de 1789 est modifiée ^^
Bon, troll a part, c'est une excellente nouvelle, il ne reste plus qu'a Albanel ses engagements : si elle est rejetée, je démissionne.

Je paierais cher à l'instant même pour voir la tête de notre président =)
Il y'a un mieux (beaucoup mieux), mais reste le point noir du logiciel espion, lequel ouvre les portes à Lopsi (où le logiciel sera installé à votre insu, bref pire que pour Hadopi):

Un petit rappel quand même sur l'article du code pénal 323-1 :
Le fait d'accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d'un système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende.

Lorsqu'il en est résulté soit la suppression ou la modification de données contenues dans le système, soit une altération du fonctionnement de ce système, la peine est de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende.

Et 323-2 :
Le fait d'entraver ou de fausser le fonctionnement d'un système de traitement automatisé de données est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende.


Question, un ordinateur peut-il être considéré comme un système de traitement automatisé de données, si oui, alors l'espion logiciel me parait un chouia illégale (rappelons que les États-Unis ont, les veinard, 2 articles de lois rendant tout installation de spyware et autres logiciels espions à l'insu d'une personne, pénalement punissable).
oubliez pas de passer en SSL et VPN, ils se collecteront entre eux:) lol
Je viens d'entendre JFCoppe sur France 3 qui annonçait qu'il allaient préparer une nouvelle loi qui va monter d'un cran...
Il vient en quelque sorte d'annoncer qu'il n'asseyais sur la censure du C.C., le C.C. appréciera.
Et le gus ne doit pas savoir que sa nouvelle loi devra repasser devant le C.C.

Un tel acharnement est quand même très très louche en plus d'être ridicule...
Ne vous réjouissez pas trop vite. OK, Hadopi a pris un coup dans l'aile. Mais le CC a validé un certain nombre de points qui peuvent servir de fondations à un Hadopi bis. Comme je le disais : la collecte d'infractions par les ayant-droits ou le logiciel espion sont validés.N'oubliez pas que LOPPSI est déjà sur les rails et que quelques articles peuvent y être ajoutés pour tenir compte de la décision du CC. Comme le disait Aral : il suffit de remplacer la coupure d'Internet par une amende pour que le caractère attentatoire au droit à l'information ne soit plus un obstacle.Ne soyez pas naïfs. Le gouvernement et l'UMP s'y sont mal pris sur un certain nombre de points. Mais leur but est toujours le même et ils vont s'adapter.
"dans le but de protéger les titulaires du droit d'auteur."
J'aime ce passage. On parle pas de protéger les artistes hein, puisque les droits d'auteurs sont aux majors? ;)
bon je vais le dire qu'une fois merci mon cousin jacques chirac ! ! !
oubliez pas de passer en SSL et VPN, ils se collecteront entre eux:) lol
C'est fait et pour pas cher!
J'attends aussi la réponse de cet andouille de Jack Lang et son "je ne comprends pas la position de mes camarades socialistes".
Lui faut le piquer, pauvre bête !!!
Le Conseil constitutionnel a également examiné les pouvoirs d'avertissement confiés à la même autorité. Ces pouvoirs sont exercés à la suite de la transmission, par les sociétés d'auteur, de traitements de données à caractère personnel relatives aux infractions. Dans sa décision n
° 2004-499 DC du 29 juillet 2004, le Conseil avait jugé que de tels traitements ne peuvent, sous peine de contrevenir au droit au respect de la vie privée, acquérir un caractère nominatif que dans le cadre d'une procédure judiciaire. Tel n'aurait pas été le cas si la HADOPI avait disposé des pouvoirs de sanction prévus par la loi déférée. Cependant, à la suite de l'annulation de ces derniers, cette autorité ne dispose plus que d'un rôle préalable à une procédure judiciaire. Son intervention est justifiée par l'ampleur des contrefaçons commises au moyen d'internet et l'utilité, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, de limiter le nombre d'infractions dont l'autorité judiciaire sera saisie. Il s'ensuit que les traitements de données à caractère personnel s'inscrivent dans un processus de saisine de juridictions compétentes et ne sont pas contraires à la Constitution. Le Conseil a cependant formulé une réserve pour rappeler qu'il appartiendra à la CNIL, lorsqu'elle sera saisie de la demande d'autorisation de ces traitements de données à caractère personnel, de veiller à ce qu'ils respectent cette finalité.
Ceci reste inquiétant ; cela veut dire que le relevé d'IP est considéré comme nécessaire en regard de l'ampleur des contrefaçons, mais doit resté limité pour ne pas engorger les tribunaux.
Donc les affaires logistep risquent de se multiplier.Pour le reste, Albal doit faire dans son froc et Sarko bouffer ses talonnettes de rage .
T'es pas gentil non plus, j'ai de la peine pour eux, snif !
Le lobbyisme érigé en principe et remercié :
"Christine Albanel tient à remercier l’ensemble des créateurs, des salariés, des entreprises et des organisations représentatives de l’audiovisuel, du cinéma, de la musique et de l’Internet, en France et dans le monde entier, du soutien qu’ils lui ont constamment manifesté dans la conduite de ce projet."quelle grosse prognasse !

Non: "pétasse"
Alors, je viens de sortir un ch'tit canon, trois glaçons, une rondelle de citron légèrement pressée et le tout arrosé copieusement d'une rasade de Martini !A la votre les p'tits gars, hips !Ah j'oubliais : Merci à Chichi
Ouiai, a la tienne Totorhino, et amitiés !!!

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