Pour illustrer la qualité et l'intérêt des filtres polarisant qu'elle propose à la vente, la FNAC a exploité les clichés d'un photographe, qui s'indigne aujourd'hui de n'avoir jamais reçu la moindre demande d'autorisation, et encore moins de rémunération. Il n'aurait probablement pas étalé l'affaire sur la place publique si l'ancien patron de la FNAC, Denis Olivennes, n'avait pas orchestré et défendu la riposte graduée...

Lorsque l’on prétend défendre les droits d’auteur et s’attaquer aux internaute, mieux vaut être blanc comme neige dans sa propre exploitation des œuvres. Un photographe dénonce ainsi sur son blog l’utilisation par la FNAC de deux photographies censées vanter les mérites d’accessoires de filtre polarisant, qu’il avait lui-même prises pour illustrer l’intérêt de ce type de filtres dans un article.

« Etonnant de la part de la FNAC dont son PDG Denis Olivennes fait partie de la mission sur ‘la lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d’œuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques’ d’utiliser pour le son site web marchand des photos sans en faire la demande à son auteur en ne respectant pas les droits d’auteurs« , s’amuse (jaune) le photographe.

Il faut cependant noter que Denis Olivennes, qui a mené les travaux sur la riposte graduée, n’est plus PDG de la FNAC depuis qu’il a pris les commandes de la direction du Nouvel Observateur. Ce qui n’empêche pas l’enseigne de toujours défendre, au moins officiellement, la même vision de lutte contre le piratage.

L’auteur des photographies, suisse, rappelle qu’il était clairement indiqué sur son site que ses clichés étaient protégés par le droit d’auteur et que les mentions légales de son site disent on ne peut plus clairement que « sauf autorisation formelle écrite et préalable, la reproduction ainsi que toutes utilisations des œuvres autres que la consultation individuelle et privée sont interdites« . Les photos étaient aussi accompagnées d’une notice de copyright, rappelée à divers endroits du site.

Or, « aucune autorisation m’a été demandée de la part de Fnac ou d’un des ses représentants, en téléchargeant cette photo depuis mon blog, il est possible de connaître mon identité, mon nom et adresse email y figure, et de me contacter pour demander l’autorisation« . Il estime même que la FNAC a violé son droit moral, puisque « la photo a été recadrée sans mon autorisation et à dénaturé sa valeur artistique sans compter que de se retrouver sur un site marchand déprécie sa valeur et me fait perdre de la proposer avec un droit exclusif« .

Enfin, et c’est plus embêtant pour les consommateurs eux-mêmes, « la FNAC trompe sa clientèle en laissant croire que cette photo a été prise avec un filtre polarisant Hoya alors que j’ai utilisé un filtre de marque Canon de 77mm de diamètre et qui a probablement des qualités optiques différentes« .

Un conseil pour la FNAC : si vous cherchez des photographies gratuites, essayez Flickr et sa recherche de photos sous licence libre. Vous auriez ainsi pu trouver ce cliché sous licence Creative Commons by 2.0, dont l’auteur autorise donc d’office l’exploitation, y compris à titre commercial. C’est beau le partage, n’est-ce pas ?

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