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Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 20 Mai 2009 à 09h08 - posté dans Société 2.0

"Le président de la République actuel a un plan". C'est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l'on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI où il était président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l'appliquer avant-même la loi Hadopi, et prévoit de le parachever avec la Loppsi. Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.

Petit à petit, les pièces du puzzle s'assemblent et l'image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n'a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s'apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet... et les internautes.

Lundi, Le Monde a publié un excellent article sur la prochaine loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi, ou Lopsi 2), qui montre ce que prévoit le nouveau texte commandé par Nicolas Sarkozy : installation de mouchards électroniques sans vérification de leur légalité par les services de l'Etat, légalisation des chevaux de Troie comme mode d'écoute à distance, création d'un super-fichier "Périclès" regroupant de nombreuses données personnelles (numéros de carte grise, permis de conduire, numéros IMEI des téléphones mobiles, factures...), création d'un délit d'usurpation d'identité, pouvoir de géolocaliser les internautes, ...

Sans cesse repoussée, la loi est attendue de pieds fermes par Nicolas Sarkozy. C'est d'ailleurs en partie elle qui a justifié l'obsession du Président à maintenir contre vents et marée la loi Hadopi. Car "le président de la République actuel a un plan". Pour le comprendre, il nous faut accumuler les pièces à conviction. Certaines relèvent très certainement de la paranoïa, d'autres sont véritablement réfléchies par le Président.

Mises bout à bout, elles laissent peu de doute sur la volonté de Nicolas Sarkozy de contrôler le net, aussi bien dans son contenu que dans son infrastructure.

Au commencement, Nicolas Sarkozy voulu devenir Président

Très tôt dans sa carrière politique, Nicolas Sarkozy n'a eu qu'une obsession : devenir président de la République. Et une vision : pour y parvenir, il fallait contrôler les médias. Maire de Neuilly-Sur-Seine, il s'efforce de faire entrer rapidement dans son cercle d'amis proches les Martin Bouygues, Lagardère (père et fils) et autres Dassault qui le conduiront par leur amitié complice au sommet du pouvoir. C'est d'autant plus facile que ces capitaines d'industrie, propriétaires de médias, dépendent pour l'essentiel de leurs revenus des commandes de l'Etat. Entre amis, on sait se rendre des services...

Toute cette énergie de réseautage a été mise au service de son ambition présidentielle. En 2007, c'était la bonne. Première tentative, première victoire. Mais Nicolas Sarkozy a eu chaud. Il avait négligé Internet. A quelques points près, François Bayrou - qui a au contraire beaucoup misé sur Internet pendant la campagne - passait devant Ségolène Royal au premier tour de la Présidentielle, et c'est le leader du MoDem qui se serait retrouvé à l'Elysée.

Il serait faux toutefois de prétendre que Nicolas Sarkozy, qui s'était assuré le soutien du bloggeur Loïc Le Meur (à l'époque le plus influent), s'est aperçu trop tard du pouvoir du net. Fraîchement élu, le président Sarkozy n'avait pas tardé à demander "l'avènement d'un internet civilisé", prônant une "campagne de civilisation des nouveaux réseaux". Le coup de Trafalgar du refus de la Constitution européenne par les Français avait montré pour la première fois au monde politique les limites des médias traditionnels face à Internet, où l'opposition au texte européen fut virulente. Les amis de Nicolas Sarkozy dans les grands médias et l'industrie culturelle l'ont très vite convaincu qu'il fallait faire quelque chose. Lui pour conserver le pouvoir, eux pour limiter cette concurrence gênante. C'est Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) qui s'est chargé des basses oeuvres, sous l'oeil attentif de son président de l'UMP et ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy.

DADVSI et HADOPI : les premières pierres vers le filtrage

Derrière les apparences d'une première loi contre le piratage sur Internet, comme l'avait prédit le journaliste américain Dan Gillmor, c'est une alliance à trois qui s'est formée entre le pouvoir politique, le pouvoir médiatique et l'industrie culturelle. A peine la riposte graduée (déjà) adoptée, RDDV avait prévenu que la loi DADVSI "n'est que le premier d'une longue série d'adaptations de notre droit à l'ère numérique", et qu'il comptait bien s'attaquer "un jour au problème de la presse et de l'Internet". C'était en 2006.

Affaibli par la débâcle de DADVSI, le ministre de la Culture n'a pas eu le temps de mettre son projet en application. Mais l'idée d'accorder un label à la presse professionnelle en ligne et de doter les sites de presse d'un statut particulier opposé aux blogs était née. Nicolas Sarkozy l'a mise en application cette année. Le tout en permettant à la vieille presse papier de bénéficier par ailleurs de substantielles aides de l'Etat, contraires à la libre concurrence, pour investir le net.

Avec la loi Hadopi, qu'il a maintenu jusqu'à mettre en péril la cohésion du groupe UMP, le chef de l'Etat a réussi à imposer à tous les foyers français l'installation d'un "logiciel de sécurisation", qui, sous la forme d'un mouchard, aura pour but de filtrer les sites internet et certains logiciels. Soit de manière franche, en bloquant l'accès à des contenus ou des protocoles. Soit de manière plus sournoise, en mettant en place un système qui met en avant les sites labellisés par l'Hadopi ou par les ministères compétents, pour mieux discréditer les autres. Les sites de presse professionnels feront bien sûr partis un jour des sites labellisés, tandis que la multitude de blogs ou de sites édités par des journalistes non professionnels verront leur crédibilité mise en doute. Pour le moment on ne sait rien du périmètre des caractéristiques imposées par l'Etat aux logiciels de sécurisation, et c'est bien là sujet d'inquiétudes. Il suffira d'étendre par décret la liste des fonctionnalités exigées pour que la censure se fasse de plus en plus large et précise, hors du contrôle du législateur ou du juge.

LOPPSI : le filtrage imposé aux FAI

Si elle prévoit la création de ce logiciel de sécurisation, et suggère fortement son installation, la loi Hadopi ne fait cependant pas de son installation une obligation. Le risque d'inconstitutionnalité serait trop fort. Il faut donc compléter le tableau, en organisant un filtrage au niveau de l'infrastructure du réseau. C'est le rôle de la loi Loppsi, chapeautée par Michèle Alliot-Marie.

Entre autres choses, la Loppsi va imposer aux FAI une obligation de filtrage de résultat. Ils auront le devoir de bloquer l'accès à des sites dont la liste sera déterminée par l'administration, sous le secret. Ce qui n'est pas sans poser d'énormes problèmes dans les quelques pays qui ont déjà mis en place cette idée. Là aussi, une fois mis le pied dans la porte, sous prétexte de lutter contre la pédophilie (une tentation du pathos contre laquelle il faut résister), il suffira d'étendre la liste des exceptions qui donnent droit au filtrage. Ici pour les maisons de disques victimes de piratage, là pour les sites de presse suspectés de diffamation, ou pour les sites de jeux d'argent qui ne payent pas leurs impôts en France. La liste n'aura de limites que l'imagination et l'audace des gouvernants.

Encore faut-il que ces idées de contrôle du net puissent se mettre en place sur le terrain, ce qui nécessite des hommes et des femmes peu regardants. C'est dans cet art que Nicolas Sarkozy excelle le plus.

Le choix des hommes, le triomphe des idées

Dès 2006, Nicolas Sarkozy a compris qu'il aura besoin de verrouiller son gouvernement et les télécoms pour mettre en place son plan de contrôle d'internet. Christine Boutin, qui avait été une farouche et convaincante opposante à la loi DADVSI fin 2005 (au point de faire basculer le vote de certains députés UMP pour la licence globale), et qui avait défendu l'idée d'un internet libre, s'est ensuite mue dans un silence confondant à la reprise des débats en mars 2006. En échange, et entre temps, elle a reçu la promesse de Nicolas Sarkozy d'entrer au gouvernement après les élections présidentielles si elle mettait sa langue dans sa poche. Les deux ont tenu parole.

Président de la République, Nicolas Sarkozy a ainsi composé son gouvernement de manière à accomplir son oeuvre sans opposition interne. Nadine Morano à la Famille, et Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur, n'ont pas eu besoin de forcer leur nature pour prêcher la censure de certains sites Internet ou le filtrage des sites pédophiles ou terroristes. Porte-parole de l'UMP, pilotée par l'Elysée, le lobbyiste Frédéric Lefebvre ne passe plus une semaine sans se confondre en invectives contre Internet, et réclamer le filtrage. En plaçant l'ex-socialiste Eric Besson au numérique, Sarkozy pensait peut-être aussi paralyser les critiques à la fois de son propre camp et de l'opposition, tout en s'assurant le soutien d'un homme qui a troqué ses convictions pour son ambition. En le remplaçant par Nathalie Kosciusko-Morizet, plus rebelle, Sarkozy a pris un risque. Mais il fait aussi un pari. Celui que son frère Pierre Kosciusko-Morizet, président des deux plus gros lobbys français du numérique hostiles au filtrage, serait moins audible dans son opposition si sa soeur est systématiquement suspectée de collusion lorsqu'elle défend le même point de vue. Ce qui n'a pas manqué lorsque PKM a prêché, dans le vide, un moratoire sur la loi Hadopi.

Il a fallu aussi convaincre dans les télécoms. Free, à la nature frondeuse, reste le plus difficile à manipuler pour Nicolas Sarkozy. Il a toutefois trouvé une arme : la quatrième licence 3G. L'opérateur sait qu'elle va être rapidement indispensable pour continuer à concurrencer Bouygues, SFR et Orange, qui peuvent tous proposer des offres regroupant ADSL et mobile. Mais elle est dépendante de la volonté du gouvernement. Très rapidement, Christine Albanel a fait comprendre à Free qu'il devrait être obéissant pour espérer accéder à la fameuse licence. Depuis, le dossier ne cesse d'être repoussé sous des prétextes fumeux, et Free a mis de l'eau dans son vin contre Hadopi et contre le filtrage, dans l'espoir de ne pas hypothéquer ses chances d'avoir accès à la téléphonie mobile.

Pis, Nicolas Sarkozy a fait nommer numéro deux de France Telecom Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, qui ne compte "que des amis" dans la commission qui déterminera le prix de la quatrième licence 3G. L'homme aura également pour mission de mettre en oeuvre le filtrage chez Orange, qu'il dirigera d'ici deux ans.

Le contrôle des institutions ayant leur mot à dire sur le filtrage

Enfin, Nicolas Sarkozy s'est également assuré de contrôler les institutions qui pourraient lui faire de l'ombre. La CNIL, qui s'est opposée à l'Hadopi, n'aura pas le droit de siéger au sein de la haute autorité. Les amendements le proposant ont été refusés. Elle n'a pas non plus eu le droit de publier son avis contre la loi Hadopi, et les deux députés commissaires de la CNIL, tous les deux membres de l'UMP, ont voté pour la loi. L'un des deux, Philippe Gosselin, a même été un farouche défenseur de la loi à l'Assemblée, et sans doute au sein de l'institution. Dans son dernier rapport annuel, la CNIL a dénoncé l'omerta imposée par le gouvernement, et son manque d'indépendance, notamment financière.

Plus directement, Nicolas Sarkozy a également évincé l'autorité de régulation des télécommunications (Arcep) des études sur le filtrage, auquel elle était hostile. Redoutant que l'autorité ne reste trop à l'écoute des professionnels des télécoms et des internautes, le président de la République a récemment mis à la tête de l'Arcep Jean-Ludovic Silicani, l'ancien président du Conseil de la propriété littéraire et artistique (CSPLA). Un homme notoirement favorable au filtrage et à la lutte contre le P2P. Le CSPLA, rattaché au ministère de la Culture, compte par ailleurs parmi ses membres le Professeur Sirenelli, à qui le gouvernement confie quasiment toutes les missions juridiques liées au filtrage depuis quatre ans, avec un résultat certain.

Finalement, c'est au niveau européen que Nicolas Sarkozy compte ses plus forts adversaires. Il a entamé un bras de fer avec le Parlement Européen sur l'amendement Bono, et exerce un lobbying intense sur les Etats membres pour qu'ils refusent de marquer dans le marbre le principe du respect de la neutralité du net, contraire au filtrage. Il peut compter sur le soutien de Silvio Berlusconi, propriétaire de médias, qui met en place exactement le même plan en Italie. Mais il redoute l'opposition des députés européens.

D'où l'importance des élections européennes du 7 juin prochain. De leur résultat dépendera peut-être la réussite ou l'échec du plan mis en place par Nicolas Sarkozy.

Publié par Guillaume Champeau, le 20 Mai 2009 à 09h08
 
 
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Commentaires à propos de «Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net»
 

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Sauf qu'il a pas encore mesuré l'ampleur du mouvement auquel il s'attaque!! *evil*
Bon sang ! une avalanche de messages qui lui prouvent qu'il a raison de faire ce qu'il fait ! Je suis sûr qu'il en tremble dans son slip.


Les amis,Grogory House est avec nous

tout ça me fait penser à la musique de Wumpscut,rien que le titre est évocateur

"Cut to see how much i bleed"
http://www.youtube.c...h?v=7LohZ-ctVOw

...
ou plûtot à ces paroles

A fallen Nation of angels.
An army of shadows to blame.
A struggle for survival and ore materials to claim,
Ancient poems,
Claims life,
We justify our actions
A book, Marks decisions,
For how to live our lifes.

This is my war
This is my battle-field.
Where fire crossing water,
Like stone through glass.

tiré de ça :http://www.youtube.com/watch?v=uWF98MJgcRA attention c'est violent
Vous m'avez l'air tous bien pessimistes, moi aussi j'avoue, mais je vous conseille d'écouter la conférence "HADOPI" faite par Jérémie Zimmerman de La Quadrature du Net, le week end dernier à l'install party d'Ubuntu.
IL est plutôt optimiste, et ça fait du bien d'entendre son son de cloche.

http://www.ubuntu-pa...org/multimedia/
Après lecture de ce superbe dossier flatteur de Numerama, je tiens à féliciter Monsieur Nicolas Sarkozy, pour l'ensemble de son oeuvre et la (futur) réussite de l'application de ses projets.
Merci à lui pour tout ce qu'il fait pour le peuple français afin d'améliorer son quotidien, notamment en le protégeant des déchets qu'on trouve sur le net et toute ces choses qui pourraient risquer de nous mettre sous le coup de poursuites judiciaires. Merci à lui d'améliorer par sa politique et ses actions le taux de chômage et l'économie française en général qui ne se sont jamais aussi bien porté qu'en cette époque. Et ce n'est qu'un début, vivement qu'il entame la réforme de la sécurité sociale et la privatisation de toutes nos infrastructure publique, au moins on aura un service de qualité.
et ca aussi il va reformer ? UMP

;)
Sauf qu'il a pas encore mesuré l'ampleur du mouvement auquel il s'attaque!! *evil*
Bon sang ! une avalanche de messages qui lui prouvent qu'il a raison de faire ce qu'il fait ! Je suis sûr qu'il en tremble dans son slip.

C'est juste un forum ici mon pote, c'est pas un syndicat ou un parti politique, faut pas tout mélanger ! sûr nous sommes 4 gus dans un garage bien planqués derrière nos claviers, t'as raison, ça sert a rien .
On a juste réussit a faire foutre le bordeL a l'AN et a sacrément vexer notre bon Président; c'est pas si mal !


C'était donc vous qu'on appelle députés !!
I knew IT...
EDU
C'est une bonne loi. Je vois pas en quoi notre président est concerné, il a tout fait dans les règles de l'art et est irréprochable, c'est normal de nommer à des postes clés des gens qui sont de "sa politique", politique dois je préciser partagé par des millions de français qui sont aller voter.
Moi je vois pas où est le problème.

On appelle ça la démocratie mon cher ami.
Il était où Bayrou pendant les débats sur Hadopi à l'assemblée nationale ?
@hiro
C'est une bonne loi...

Une bonne loi ha bon.
Peux-tu me donner 1 seul effet objectivement positif de cette loi?
(ne me parle pas de chute du téléchargement illégale car on sait tous ici que ça ne changera rien).
Juste 1 effet positif stp
Joli travail Numerama : en affichant pourtant que certains arguments risquaient d'être "paranoïaques" (sic), cette interprétation des faits méritaient d'être considérés depuis un certain recul...
Râté !On ne se lasse pas des quasi-points Godwin qui pululent ici. Et que bizarrement personne ne censure ! Incrédible, non !?
Après 14 ans de Tonton, et bien sûr le reste jusqu'à aujourd'hui qui ne servit qu'à "NS" (aka "666", "88" etc., n'est-il pas) pour imposer son règne de grand méchant, ça vous étonne pas de pouvoir encore poster de tels messages ?
Dans ce cadre, vu la lenteur du Despote à se mettre en place, respirez donc, d'ici 3 ans rien n'aura encore bougé et le Monde sera sauver par Néo ou tout autre candidat éligible dans l'indéfectible mouvance "tout sauf NS".
C'est bien le vide, ça remplit sans douleur les caboches creuses.Allez, rofl, ptdr & @+ LOLPS : et en général, une Résistance ne s'affiche ni ne se prépare au grand jour, bande de gentilles nounouilles... vous jouez le jeu de ceux que vous tentez en vain de détracter.
PPS : allez, on se détend, fallait bien UN post "pro" pour mieux faire ressortir les "anti" ^__^

Tiens, c'est marrant, ya juste ça qui vient de tomber sur le blog du Yeti:

http://yetiblog.org/...acut...ÉCHAPPER

Alleï, je le paste en intégralité:

DÉRIVES D'UNE ÉPOQUE MALADE, ET D'UN MOYEN D'Y ÉCHAPPER
La chose publique

Des policiers agressés avec une arme de guerre dans les “quartiers”, un gamin qui poignarde son enseignante pour une punition, un ministre qui envisage de mettre des portiques de détection d’armes à la porte des établissements scolaires, des centaines et des centaines de milliers de personnes, jeunes chômeurs, retraités, tenus à distance d’une vie simplement convenable.

Plus loin, des avions qui bombardent sans discernement des populations civiles au nom de la civilisation…

N’en jetez plus, ils sont devenus fous !

Par delà la crise économique et financière d’un système, c’est vers un chaos social et mental collectif que nous nous dirigeons. Toute la question est de savoir comment nous en sommes arrivés là, et surtout comment nous pouvons essayer d’envisager d’en sortir, sans nuire aux derniers lambeaux de ce qui nous reste de dignité.

Les limites de la raison humaine

On ne peut comprendre le drame qui frappe aujourd’hui notre monde si l’on ne se penche pas un tant soit peu sur les arcanes (pas si compliquées que ça) de la mécanique humaine, individuelle comme collective.

Le professeur Henri Laborit, chirurgien, biologiste et philosophe du comportement humain et animal, disait que l’homme, cet animal social, sacrifie presque toujours à une pulsion de dominance sur ses congénères.

Et que son cerveau, ce cortex cérébral considérable dont il est si fier, lui sert surtout, non pas à contrôler ses pulsions comportementales les plus excessives, mais à les justifier par quelques artifices langagiers scellés dans la culture et l’histoire commune. C’est l’inévitable combat du « bien » (nous), contre le « mal » (à peu près tous les autres, c’est-à-dire tous ceux qui se mettent en travers de notre route).

La conscience humaine, ivre d’absolu et de conquêtes infinies, se heurte régulièrement aux limites imposées par le milieu naturel dans lequel elle évolue. Et à ce seuil d’incompétence si bien décrit en son principe par Laurence J. Peter.

On le mesure douloureusement à travers les désastres écologiques que nous avons causés et qui se retournent contre nous. On le ressent à ce coup de frein brutal porté à cette idée de “croissance” qui nous semblait promise ad vitam aeternam. On le voit à l’emballement suicidaire du système que l’Empire mit en Å“uvre pour aboutir à ses fins, au prétexte assez fallacieux d’un ’progrès” dont on perçoit vraiment très mal la justification.

La débandade des “esprits éclairés”

Devant cette hostilité de l’environnement à ses ambitions démesurées, devant l’opposition grandissante des « autres » face à ses visées hégémoniques (au nom de la liberté), devant l’implosion assez lamentable du moteur de sa vrombissante machine économique et financière, bref devant l’affront fait à sa conscience imbue d’elle-même, l’animal humain a une drôle de réaction : il pète les plombs !

Frappée d’hébétude devant cette adversité parfaitement inenvisagée et inenvisageable, sa raison, incapable d’admettre le naufrage, se met à hoqueter tel un automate détraqué. Les justifications sophistiquées que son fier cortex avançait pour justifier ses pulsions dominatrices, laissent place à une logorrhée névrotique et caricaturale : travailler plus pour gagner plus, restaurer la confiance, défendre la démocratie menacée, lutter contre la menace terroriste islamiste ou corrézienne…

Désarçonnés de voir les ficelles du spectacle leur échapper, voilà nos animaux humains qui se lancent en dépit de tout bon sens dans une description somnambulique d’une réalité entièrement fantasmée : la crise est derrière nous, les pertes sont moins mauvaises que prévu, qui a touché le fond ne peut que remonter…

En face, leurs détracteurs cèdent hélas eux aussi à une croyance obstinée en la toute-puissance de la raison humaine, même perverse, même adverse.

Plutôt que de constater la dérive de leurs adversaires aux manettes, ils attribuent aux frasques de ces derniers, de sombres préméditations mûrement réfléchies et malfaisantes. Vont même jusqu’à leur concéder des vertus d’invincibilité (c’est toujours eux qui gagnent).

Et finissent au bout du compte, non pas par les combattre de front, mais par essayer de leur ressembler.

« Appuyez-vous sur un réseau »

Face à cette débandade généralisée, les derniers sains d’esprit et de révoltes ont bien du mal à se frayer un chemin acceptable, à trouver les recours providentiels. La fracassante gamelle planétaire en cours signe les limites de la démocratie et de son fait majoritaire.

Car en l’occurrence, ce sont bien ces majorités en plein délitement moral qui ont porté au pouvoir les assez pitoyables toqués qui sablent le champagne et les bonnes intentions creuses dans des G-chose surréalistes.

La violence ? Sauf à exprimer une légitime défense d’ultime recours (la Résistance), elle n’est souvent qu’un aveu d’impuissance et de désespoir.

Tout aussi compréhensible soit-elle (qu’on ne compte pas sur moi pour stigmatiser les violences des opprimés ; je ne condamne que celles des oppresseurs), elle attire comme la glu du papier tue-mouche, les insectes mauvais des futurs totalitarismes.

Dans ses expériences sur les conséquences de l’inhibition de l’action, Henri Laborit racontait que si l’on mettait deux rats ensemble dans une cage, et qu’on leur fermait toutes voies de sortie, ils finissaient inévitablement par se battre, sans autres raisons que de répondre à l’exigence suprême de leur système nerveux : agir coûte que coûte quelle qu’en soit « la punition ».

« Il (le rat pris au piège, l’homme) découvre l’angoisse. Et cette angoisse ne reculera ni devant le meurtre, ni devant le génocide. Ou la guerre. »

Mais alors, quelles portes de sortie pour le petit être humain pris au piège de sa construction qui s’écroule, de l’impasse où il s’est fourvoyé ? « La fuite », écrivait Henri Laborit dans son livre le plus célèbre, Éloge de la fuite.

Lors d’un rassemblement de « citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui », le 17 mai dernier au plateau des Glières, haut lieu de la Résistance à une précédente période de terribles dérives humaines, Stéphane Hessel (92 ans) préconisa à son jeune auditoire, de s’appuyer de préférence « sur un réseau ».

Ce réseau, c’est à peu près le nom qu’on donne aujourd’hui à l’Internet, cette autoroute virtuelle que les puissants peinent à contrôler.

C’est aussi les ramifications qui sont en train de naître spontanément à travers diverses associations comme RESF pour faire face à l’infamie, ou comme l’organisation parallèle en AMAP pour échapper aux circuits vérolés de la distribution commerciale traditionnelle.

Une “fuite” hors des voies rebattues que l’Autorité veut imposer. Ou plutôt, disons une mise à l’écart, un petit pas de côté. Certainement pas un abandon ou une démission.

Faut-il s’inquiéter de la relative marginalité de toutes ses initiatives ? Dans l’état de confusion collective où nous nous trouvons aujourd’hui, les réactions salutaires ne peuvent être que marginales, du moins en leur début. Comme les premiers corps de Résistance au début des années 40.

Peut-on comparer les deux époques ? Sauf à sombrer dans l’actuelle confusion, il apparait clairement que nous ne nous épargnerons pas dans les mois et les années à venir la traversée d’un chaos douloureux ?

Il est significatif qu’au plateau des Glières le 17 mai, les grands anciens comme Stéphane Hessel ou Raymond Aubrac côtoyaient sur la même tribune l’instituteur Alain Refalo et le psychiatre Michaël Guyader, tous les deux ayant en commun d’avoir manifesté par lettres aux autorités, leur volonté résolue de « refuser d’obéir ».

Puissions-nous être nombreux à les rejoindre.

(Ouf, c’est crevant toutes ces réflexions, vous ne trouvez pas ? Allez zou, je vous ouvre cette petite bouteille frétillante de Riesling vendanges tardives 97 pour la route ! Celle-ci risque d’être sacrément cahoteuse. Ne faites pas cette tête, il faut faire avec…)
eh ouep!! c'est bien triste!!!!je vais allé voté le 7 juin!!y'a plus que ça à faire!!!En espérant ......
'ichevc', le 01/01/1970 - 01:00
@hiro
C'est une bonne loi...

Une bonne loi ha bon.
Peux-tu me donner 1 seul effet objectivement positif de cette loi?
(ne me parle pas de chute du téléchargement illégale car on sait tous ici que ça ne changera rien).
Juste 1 effet positif stp

Ironie inside, regarde ses autres posts...!

On se détend...
controler le web ne sert a rien il ferait mieux de controler les rues ou des lieux réels...
Ben, pourquoi c'est sorti en tout gras mon histoire? Bon, le mieux c'est de suivre le lien, ça pique moins les yeux.
On s'en fou on installe Tor et fini le filtrage !!!! héhéééééééééé !!! Dommage mais bien essayé quand même ! Aaaarrrr toujours une longueur d'avance ces internautes... Et oui dommage messieurs les politiciens
Lamentable, celà devient le grand barnum mais ... je vous l'avez dis (comme disent les anciens).
Lamentable que les prochaines élections européennes annoncent que l'UMP et son Empereur soit, de facon stable et pour plusieurs sondeurs, a 27% (et 28% en avril -voir ici-).
Le saviez vous? Notre cher Président, alors Ministre de l'intérieur, a signe en 2005 (de mémoire et d'aprés ce que j'ai lu) l'appel d'offre pour développer le logiciel espion que nous allons installer.
Comme le dit cet trés bon article c'est pensé de longue date. Et ca il ne s'en est pas vanté durant sa campagne.
LE PIRE !! Toutes les simulations de présidentielle annonce SARKO VAINQUEURS POUR 5 ANS DE PLUS !! :mur: :peur: :vomi:

Comment, alors que ses objectifs sur internet (aprés l'audiovisuel ... et ce n'est pas fini), sont découverts et annoncés haut et fort, les gens puissent voter pour ces mecs.
Il y a quelques temps; Sarko annoncait que ces élections n'étaient pas d'ordre interne et qu'un vote sanction ne rythmait à rien; aujourd'hui SARKO :roi: claironne, fort de ces sondages, que les français sont d'accord avec lui et ses actions.

Dites moi, vous tous, pensez vous logique de lire dans ce forum, et dans bien d'autres, les coups de gueules et les ras le bol et de voir qu'il va être à nouveau approuvé. :pasbien:
Ne vous leurer pas si il fait un "bon" score RIEN NE L'ARRETERA! :cry: (Même si il est un mauvais je ne suis pas sur que cela l'arretra; mais on peut espérer une hésitation)

IL FAUT ARRETER DE RIGOLER!
Je ne dis pas de voter PS mais simplement de NE PAS S'ABSTENIR NI DE VOTER UMP et leurs copains
ATTENTION certains d'entre eux sont en tenu camouflé PS, centre et autre droite.

OUI c'est de la politique.
OUI, normalement NUMERAMA n'est pas le site destiné a ce type de commentaire.
OUI j'exulte de rage car il n'y a 50 solutions, il n'y a que l'une de celles-ci :
- les sondages sont truqués
- les gens des différents forum MENTENT (de toutes tendances politiques y compris tandence droite)
- les gens sont vraiment mais alors vraiment trés trés CONS :fou: ou drogués; mais là il faut arréter la fumette )

Je ne comprends plus rien à notre pays !
AU SECOURS !!!!!!!
Qu'en pensez vous? est ce moi qui suit ...
Il serait peut être temps de réfléchir sérieusement à une alternative à l'Internet monstrueux qu'ils sont entrain de nous mettre en place.
Il se crée, un peu partout dans le monde des réseaux, Autonomes, Gratuit, sans FAI, privés, dont voici quelques exemples, qui ne demandent qu'à être développés :

http://reseaucitoyen.be/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Netsukuku
http://d0s.fr/index.php/Accueil
http://lab.dyne.org/...9seaux_citoyens

Cela nous permettrai de prendre 10 ans d'avance sur l'ennemi.
en tout cas il contrôleront le net mais pas chez moi !
C'est fou de pouvoir n'ont pas encore pensé à bruler les imprimeurs et les photographes, ni à interdire TOUS les systèmes d'impression n'ont controlé par l'état.
La suite? Interdiction de produire, de vendre et d'utiliser tout téléphone portable ayant d'autres fonctions que celle de ... téléphoner; et encore aprés autorisation.
Il n'interdiront pas les portables car ils permettent, via GPS, de nous localiser mais aussi de nous écouter à notre insu.

Bien sur le WIFI sera interdit car il permet de ... communiquer

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