Soldes d'hiver : Grâce à son observatoire des prix, Numerama détecte les bonnes affaires !

Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 20 Mai 2009 à 09h08 - posté dans Société 2.0

"Le président de la République actuel a un plan". C'est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l'on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI où il était président de l'UMP et ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l'appliquer avant-même la loi Hadopi, et prévoit de le parachever avec la Loppsi. Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.

Petit à petit, les pièces du puzzle s'assemblent et l'image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n'a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s'apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet... et les internautes.

Lundi, Le Monde a publié un excellent article sur la prochaine loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi, ou Lopsi 2), qui montre ce que prévoit le nouveau texte commandé par Nicolas Sarkozy : installation de mouchards électroniques sans vérification de leur légalité par les services de l'Etat, légalisation des chevaux de Troie comme mode d'écoute à distance, création d'un super-fichier "Périclès" regroupant de nombreuses données personnelles (numéros de carte grise, permis de conduire, numéros IMEI des téléphones mobiles, factures...), création d'un délit d'usurpation d'identité, pouvoir de géolocaliser les internautes, ...

Sans cesse repoussée, la loi est attendue de pieds fermes par Nicolas Sarkozy. C'est d'ailleurs en partie elle qui a justifié l'obsession du Président à maintenir contre vents et marée la loi Hadopi. Car "le président de la République actuel a un plan". Pour le comprendre, il nous faut accumuler les pièces à conviction. Certaines relèvent très certainement de la paranoïa, d'autres sont véritablement réfléchies par le Président.

Mises bout à bout, elles laissent peu de doute sur la volonté de Nicolas Sarkozy de contrôler le net, aussi bien dans son contenu que dans son infrastructure.

Au commencement, Nicolas Sarkozy voulu devenir Président

Très tôt dans sa carrière politique, Nicolas Sarkozy n'a eu qu'une obsession : devenir président de la République. Et une vision : pour y parvenir, il fallait contrôler les médias. Maire de Neuilly-Sur-Seine, il s'efforce de faire entrer rapidement dans son cercle d'amis proches les Martin Bouygues, Lagardère (père et fils) et autres Dassault qui le conduiront par leur amitié complice au sommet du pouvoir. C'est d'autant plus facile que ces capitaines d'industrie, propriétaires de médias, dépendent pour l'essentiel de leurs revenus des commandes de l'Etat. Entre amis, on sait se rendre des services...

Toute cette énergie de réseautage a été mise au service de son ambition présidentielle. En 2007, c'était la bonne. Première tentative, première victoire. Mais Nicolas Sarkozy a eu chaud. Il avait négligé Internet. A quelques points près, François Bayrou - qui a au contraire beaucoup misé sur Internet pendant la campagne - passait devant Ségolène Royal au premier tour de la Présidentielle, et c'est le leader du MoDem qui se serait retrouvé à l'Elysée.

Il serait faux toutefois de prétendre que Nicolas Sarkozy, qui s'était assuré le soutien du bloggeur Loïc Le Meur (à l'époque le plus influent), s'est aperçu trop tard du pouvoir du net. Fraîchement élu, le président Sarkozy n'avait pas tardé à demander "l'avènement d'un internet civilisé", prônant une "campagne de civilisation des nouveaux réseaux". Le coup de Trafalgar du refus de la Constitution européenne par les Français avait montré pour la première fois au monde politique les limites des médias traditionnels face à Internet, où l'opposition au texte européen fut virulente. Les amis de Nicolas Sarkozy dans les grands médias et l'industrie culturelle l'ont très vite convaincu qu'il fallait faire quelque chose. Lui pour conserver le pouvoir, eux pour limiter cette concurrence gênante. C'est Renaud Donnedieu de Vabres (RDDV) qui s'est chargé des basses oeuvres, sous l'oeil attentif de son président de l'UMP et ministre de l'intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy.

DADVSI et HADOPI : les premières pierres vers le filtrage

Derrière les apparences d'une première loi contre le piratage sur Internet, comme l'avait prédit le journaliste américain Dan Gillmor, c'est une alliance à trois qui s'est formée entre le pouvoir politique, le pouvoir médiatique et l'industrie culturelle. A peine la riposte graduée (déjà) adoptée, RDDV avait prévenu que la loi DADVSI "n'est que le premier d'une longue série d'adaptations de notre droit à l'ère numérique", et qu'il comptait bien s'attaquer "un jour au problème de la presse et de l'Internet". C'était en 2006.

Affaibli par la débâcle de DADVSI, le ministre de la Culture n'a pas eu le temps de mettre son projet en application. Mais l'idée d'accorder un label à la presse professionnelle en ligne et de doter les sites de presse d'un statut particulier opposé aux blogs était née. Nicolas Sarkozy l'a mise en application cette année. Le tout en permettant à la vieille presse papier de bénéficier par ailleurs de substantielles aides de l'Etat, contraires à la libre concurrence, pour investir le net.

Avec la loi Hadopi, qu'il a maintenu jusqu'à mettre en péril la cohésion du groupe UMP, le chef de l'Etat a réussi à imposer à tous les foyers français l'installation d'un "logiciel de sécurisation", qui, sous la forme d'un mouchard, aura pour but de filtrer les sites internet et certains logiciels. Soit de manière franche, en bloquant l'accès à des contenus ou des protocoles. Soit de manière plus sournoise, en mettant en place un système qui met en avant les sites labellisés par l'Hadopi ou par les ministères compétents, pour mieux discréditer les autres. Les sites de presse professionnels feront bien sûr partis un jour des sites labellisés, tandis que la multitude de blogs ou de sites édités par des journalistes non professionnels verront leur crédibilité mise en doute. Pour le moment on ne sait rien du périmètre des caractéristiques imposées par l'Etat aux logiciels de sécurisation, et c'est bien là sujet d'inquiétudes. Il suffira d'étendre par décret la liste des fonctionnalités exigées pour que la censure se fasse de plus en plus large et précise, hors du contrôle du législateur ou du juge.

LOPPSI : le filtrage imposé aux FAI

Si elle prévoit la création de ce logiciel de sécurisation, et suggère fortement son installation, la loi Hadopi ne fait cependant pas de son installation une obligation. Le risque d'inconstitutionnalité serait trop fort. Il faut donc compléter le tableau, en organisant un filtrage au niveau de l'infrastructure du réseau. C'est le rôle de la loi Loppsi, chapeautée par Michèle Alliot-Marie.

Entre autres choses, la Loppsi va imposer aux FAI une obligation de filtrage de résultat. Ils auront le devoir de bloquer l'accès à des sites dont la liste sera déterminée par l'administration, sous le secret. Ce qui n'est pas sans poser d'énormes problèmes dans les quelques pays qui ont déjà mis en place cette idée. Là aussi, une fois mis le pied dans la porte, sous prétexte de lutter contre la pédophilie (une tentation du pathos contre laquelle il faut résister), il suffira d'étendre la liste des exceptions qui donnent droit au filtrage. Ici pour les maisons de disques victimes de piratage, là pour les sites de presse suspectés de diffamation, ou pour les sites de jeux d'argent qui ne payent pas leurs impôts en France. La liste n'aura de limites que l'imagination et l'audace des gouvernants.

Encore faut-il que ces idées de contrôle du net puissent se mettre en place sur le terrain, ce qui nécessite des hommes et des femmes peu regardants. C'est dans cet art que Nicolas Sarkozy excelle le plus.

Le choix des hommes, le triomphe des idées

Dès 2006, Nicolas Sarkozy a compris qu'il aura besoin de verrouiller son gouvernement et les télécoms pour mettre en place son plan de contrôle d'internet. Christine Boutin, qui avait été une farouche et convaincante opposante à la loi DADVSI fin 2005 (au point de faire basculer le vote de certains députés UMP pour la licence globale), et qui avait défendu l'idée d'un internet libre, s'est ensuite mue dans un silence confondant à la reprise des débats en mars 2006. En échange, et entre temps, elle a reçu la promesse de Nicolas Sarkozy d'entrer au gouvernement après les élections présidentielles si elle mettait sa langue dans sa poche. Les deux ont tenu parole.

Président de la République, Nicolas Sarkozy a ainsi composé son gouvernement de manière à accomplir son oeuvre sans opposition interne. Nadine Morano à la Famille, et Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur, n'ont pas eu besoin de forcer leur nature pour prêcher la censure de certains sites Internet ou le filtrage des sites pédophiles ou terroristes. Porte-parole de l'UMP, pilotée par l'Elysée, le lobbyiste Frédéric Lefebvre ne passe plus une semaine sans se confondre en invectives contre Internet, et réclamer le filtrage. En plaçant l'ex-socialiste Eric Besson au numérique, Sarkozy pensait peut-être aussi paralyser les critiques à la fois de son propre camp et de l'opposition, tout en s'assurant le soutien d'un homme qui a troqué ses convictions pour son ambition. En le remplaçant par Nathalie Kosciusko-Morizet, plus rebelle, Sarkozy a pris un risque. Mais il fait aussi un pari. Celui que son frère Pierre Kosciusko-Morizet, président des deux plus gros lobbys français du numérique hostiles au filtrage, serait moins audible dans son opposition si sa soeur est systématiquement suspectée de collusion lorsqu'elle défend le même point de vue. Ce qui n'a pas manqué lorsque PKM a prêché, dans le vide, un moratoire sur la loi Hadopi.

Il a fallu aussi convaincre dans les télécoms. Free, à la nature frondeuse, reste le plus difficile à manipuler pour Nicolas Sarkozy. Il a toutefois trouvé une arme : la quatrième licence 3G. L'opérateur sait qu'elle va être rapidement indispensable pour continuer à concurrencer Bouygues, SFR et Orange, qui peuvent tous proposer des offres regroupant ADSL et mobile. Mais elle est dépendante de la volonté du gouvernement. Très rapidement, Christine Albanel a fait comprendre à Free qu'il devrait être obéissant pour espérer accéder à la fameuse licence. Depuis, le dossier ne cesse d'être repoussé sous des prétextes fumeux, et Free a mis de l'eau dans son vin contre Hadopi et contre le filtrage, dans l'espoir de ne pas hypothéquer ses chances d'avoir accès à la téléphonie mobile.

Pis, Nicolas Sarkozy a fait nommer numéro deux de France Telecom Stéphane Richard, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, qui ne compte "que des amis" dans la commission qui déterminera le prix de la quatrième licence 3G. L'homme aura également pour mission de mettre en oeuvre le filtrage chez Orange, qu'il dirigera d'ici deux ans.

Le contrôle des institutions ayant leur mot à dire sur le filtrage

Enfin, Nicolas Sarkozy s'est également assuré de contrôler les institutions qui pourraient lui faire de l'ombre. La CNIL, qui s'est opposée à l'Hadopi, n'aura pas le droit de siéger au sein de la haute autorité. Les amendements le proposant ont été refusés. Elle n'a pas non plus eu le droit de publier son avis contre la loi Hadopi, et les deux députés commissaires de la CNIL, tous les deux membres de l'UMP, ont voté pour la loi. L'un des deux, Philippe Gosselin, a même été un farouche défenseur de la loi à l'Assemblée, et sans doute au sein de l'institution. Dans son dernier rapport annuel, la CNIL a dénoncé l'omerta imposée par le gouvernement, et son manque d'indépendance, notamment financière.

Plus directement, Nicolas Sarkozy a également évincé l'autorité de régulation des télécommunications (Arcep) des études sur le filtrage, auquel elle était hostile. Redoutant que l'autorité ne reste trop à l'écoute des professionnels des télécoms et des internautes, le président de la République a récemment mis à la tête de l'Arcep Jean-Ludovic Silicani, l'ancien président du Conseil de la propriété littéraire et artistique (CSPLA). Un homme notoirement favorable au filtrage et à la lutte contre le P2P. Le CSPLA, rattaché au ministère de la Culture, compte par ailleurs parmi ses membres le Professeur Sirenelli, à qui le gouvernement confie quasiment toutes les missions juridiques liées au filtrage depuis quatre ans, avec un résultat certain.

Finalement, c'est au niveau européen que Nicolas Sarkozy compte ses plus forts adversaires. Il a entamé un bras de fer avec le Parlement Européen sur l'amendement Bono, et exerce un lobbying intense sur les Etats membres pour qu'ils refusent de marquer dans le marbre le principe du respect de la neutralité du net, contraire au filtrage. Il peut compter sur le soutien de Silvio Berlusconi, propriétaire de médias, qui met en place exactement le même plan en Italie. Mais il redoute l'opposition des députés européens.

D'où l'importance des élections européennes du 7 juin prochain. De leur résultat dépendera peut-être la réussite ou l'échec du plan mis en place par Nicolas Sarkozy.

Publié par Guillaume Champeau, le 20 Mai 2009 à 09h08
 
 
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Commentaires à propos de «Décryptage : Sarkozy et son oeuvre de contrôle du net»
 

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Oui le parrallele bande fm et internet peut être observé...la bande fm cet espace de liberté disparu...

sur le plan espace de liberté disparu je suis OK mais sur la cause pas OK

les radios A et B ( assos A et commerciales B ) se sont fait racheter à tour de bras pour devenir des C ( reseau genre fun sky etc ) avec equipe locale reduite puis finalement devenir D ( fun sky mais sans presence d equipe dans la ville )

c est plutot la loi du marché la loi de la jungle , les plus pauvres les plus en difficultés rachetées par les reseaux ; mais politiquement parlant c etait neutre

alors que là c est 100 % politique je trouve ( bon au passage les plus gros essaieront d en profiter )
Je suis intéressé pour monter toute plateforme web pour un nouveau parti pirate en France, étant moi même web designer, j'ai masse de pote développeur, si un projet comme cela ce lance, on peut en faire notre moyen d'expression ! (comment on crée un parti politique ?!)
c'est ni plus ni moins qu'une association un partis politique
M'en fous, je vais habiter en Chine dans deux ans, l'internet sera alors comparativement plus libre là-bas qu'ici... En plus y'a moins d'impôts à payer, du travail et du pognon à s'faire!

France=pays d'merde!
Il y a peu, donnant une interview, Carla Sarkozy disait qu'elle admirait son mari pour son intelligence (Machiavéliste ?) :"il est formidablement intelligent, il a plusieurs cerveaux très bien irrigués" disait-elle avec la simplicité et la modération qu'on lui connait.
Comme Rokkall plus haut, je me dis quel dommage que cette puissance neuronale ne soit pas mise à disposition de ceux pour lesquels ce personnage a été élu : les français dans leur multitude qui ont soif d'autre chose que de petites magouillettes libéralo-capitalo-financières fussent-elles brillantes.
Le peuple a donc été trompé largement et floué sur sa mise de départ. Le Chef de l'Etat ne travaille pas pour le pays mais juste pour les copains français ou européens. Quel piètre résultat et quelle misère !
L' intelligence mécanique...de la machine à penser !!!
Concernant le prétexte de la pédo-pornographie, il serait bon de rappeler le précédent des fichiers ADN...
Au départ, ne devaient être fichés que les pédophiles (comme toujours). Aujourd'hui, on voit le résultat. Une simple interpellation suffit et, même en cas de relaxe, l'empreinte est conservée.
puis président de la république en 81 a fait la même chose: tous ses copains aux postes clefs et verrouillage des médias.
Pas d'internet a l'époque mais apparition sur la bande FM (jusque là inexploité ou presque ) de radios libres aussitôt considérés comme radios "pirates" ( tien, déjà ! ) et aussitôt brouillé parle pouvoir en place.
L'histoire se répète,malheureusement.
pas tout a fait d accord au niveau radio , les radios pirates c est avant 1981 , au contraire en 81 c est là qu elles sont apparues , quand au brouillage , hormis RFM qui s est faire brouiller parce qu elle diffusait de la pub c etait au contraire assez anarchique ( puissance monstrueuses genre 1kilo autorisé 40 kilo diffusés ) avant le csa et avant la cncl c etait la haute autorité qui regulait .j ai plus le nom de la radio ( il y avait brice lalonde ecolo qui etait dans un radio saisie à paris mais AVANT 81)

Oui les radios libres sont apparues un peu avant 81, je sais plus exactement: 78, 79 , l'interdiction de la pub, la limitation de puissance, tu as raison mais le brouillage d'RFM ,radio rebelle a l'époque, c'est bien Mitterant.
Avant 81, sais plus j'étais jeune, mais rappelle toi après 81 il y a eu brouillage et perquisitions, et de plus il faisait pas bon être en désaccord avec le président sur la TV publique.
Bref, je voulais juste dire qu'il n'y a rien de nouveau. Avant on savait rien ou peu, maintenant avec le web, l'info fuit de partout et les gens de pouvoir n'apprécient guère.
Bon article bien construit.

Pour autant, ce n'est pas tant le controle d'Internet qui importe pour les droites d'Europe, mais le controle de la societe, Internet etant un obstacle pour eux, en ce qu'il represente par sa nature libre un vecteur d'emancipation des masses (liberte de l'information, appropriation culturelle, etc...).

Ce qu'on voit aujourd'hui n'est pas la 2e loi du genre, cela a commence bien avant:
- LCEN (2004), qui quoi qu'on en pense a transforme les hebergeurs en auxiliaires de police,
- Perben II, et ses decrets d'applications, instituant l'obligation pour les fournisseurs d'acces et hebergeurs de conserver leurs logs de connexion pendant un an, sous couvert de lutte antiterroriste.
Ces disposition sont necessaires pour HADOPI par exemple, puisqu'elles rendant l'identification IPnom possible a posteriori par exemple, sur une duree suffisante pour lui permettre de fonctionner (ou pas, mais c'est une autre question :)
- DADVSI, loi completement inutile, si ce n'est qu'elle cree le delit de non securisation de connexion (utilise dans HADOPI), et viole le principe de neutralite de la technique via certains fameux amendements ("les logiciels manifestement utilises pour...")
- Aujourd'hui HADOPI, qui meme si elle fait le flop anticipe aura permis quand meme de faire passer deux idee:
* Le renversement de la charge de la preuve, logique antidemocratique qui est au coeur de nombreuses contre-reformes des droites europeennes au pouvoir.
* Le principe de milices privees "flicant" l'usage d'Internet, l'ecoute generalisee et aveugle sur les reseaux numeriques, etc...
- Et demain LOPPSI, avec sa liste discretionnaire détat de sites a bloquer imperativement par les FAI, enterrant la neutralite du reseau qui a fait la force d'Internet.

La liste est longue, et on pourrait sans doute fouiller un peu plus dans ce domaine precis, pour autant, il ne faut ainsi pas oublier les autres derives du gouvernement, par exemple:
- Generalisation de la video-surveillance dans les lieux publics, dont toutes les etudes statistiques serieuses montrent qu'elle ne font pas diminuer la deliquance, contrairement aux mesures d'accompagnement social, de mixite sociale et de developpement des quartiers qui l'attaquent a la base.
- Projets, heureusement avortes (pour combien de temps?) de fichage des militants politiques, syndicaux, associatifs, des acteurs du mouvement social, etc... via le fichier EDVIGE,
- Mise en place de passeports biometriques,
- Criminalisation de l'actoin syndicale, comme on le voit avec EDF/GDF qui defendent le service public, autisme total face a la crise sociale en cours, refus de discution avec les professionnels et l'education et de la sante et passage en forces de contre-reformes dont le dogmatisme neo-liberal, qu'ils tentent de moins en moins de cacher sous des airs de faux bon sens ("travailler plus pour gagner plus"...), ne repondent en rien aux attentes des population et ne visent qu'a ouvrir de nouveaux marches a la soit disante "concurrence libre et non faussee", qui au final ne fait que favoriser la concentration capitalistique au mains des memes grands groupes.

La logique sous-jacente a ces transformation est par ailleurs un echec partout en Europe, mise en place dans les pays membres que ce soit par les droites ou meme par lres sociaux-liberaux au pouvoir. Mise en place aussi a la Commission Europeenne, representant ces memes gouvernements, et au Parlement Europeen, avec une majorite de droite dont les projets anti-sociaux sont generalement votes par le PSE, et ou seul le groupe GUE s'oppose, comme dernierement avec une directive de liberalisation de l'energie, qui organise encore plus le demantelement des reseaux nationaux, soumettant la creation et la distribution d'energie a la concurrence, alors qu'il faudrait, par souci d'efficacite, de fiabilite et de respect de l'environnement, developper les synergies Europeennes sur ce sujet comme d'autres au sein de services publics europeens.

- Logique inhumaine de renvoi de sans-papiers a la frontiere, parfois dans des pays ou la mort les attends, sans parler des arrestations de parents devant les ecoles, venus chercher leurs enfants.
Ces gens, leur situation sociale les a pousse a quitter leurs pays, veritable deracinement, situation sociale cree par les logiques neo-colonialistes du Nord, qui voient dans ces pays des lieux d'exploitation et de bas salaires, utilisent les institutions internationales type FMI/Banque Mondiale pour developper l'endettement de ces pays, via des aides assujetties a la liberalisation de secteurs clef de l'economie, secteurs dans lesquels nos grands groupes capitalistes s'engoufrent evidemment.
Et sur ce sujet ne parlons meme pas en enfants nes ici et expulses dans "leur" (pardon) pays, qu'ils n'ont jamais vu! quelle logique...

Des exemples, il y en aurait a la pelle, mais ce qui est important c'est d'entrevoir le processus global en cours de renforcement du controle des populations, par la collusion du pouvoir avec les medias de masse, le musellement de la contestation sociale, la surveillance generalisee, et bien sur, le controle de cet espace qui leur fait peur, Internet.

Cela doit nous interroger pour le 7 juin.
dans ce plan que deviendra numerama?
vous prévoyez déjà votre "ici Londres, les Français parlent aux Français?"?

Ici, c'est l'ébauche d'un site d'idées communes qui se forme, mes propos vont peut être faire peur, mais c'est une guerre qui se monte, pour que l'on fasse entendre nos propos et ceux des citoyens, pour que le mot démocratie reprenne son sens.

Il faudra clairement la participation de nombre de personnes : le codage, le Webdesign, s'assurer que le site soit bien sécurisé pour que les attaques ne le fassent pas tomber, nous tous, nos idées, nos propositions, contenus.

Il faut s'organiser, c'est ce qu'il nous manque, nous sommes tous là, conscients que quelque chose ne va pas, mais nous ne passons pas tous véritablement à la résistance.

Dans ma ville, je n'ai vu personne d'autre que moi avec des affiches anti HADOPI sur le sac, à distibuer des tracts d'information sur ce qu'était la loi, ...

Alors voila, je fais le point, soit je baisse les bras et je laisse ce foutu gouvernement l'emporter, soit j'explique mon etat d'esprit qui doit être celui de beaucoup de personnes, nous décisons de monter un vrai front de résistance, chacun apportant sa pière à l'édifice, et on avance ainsi, mobilisés contre le Gouvernement.
Ca m'effraie, mais s'il fait en arriver à un groupe de résistance tel qu'a pu l'être la FFI ou FFL, bien, j'en ferais parti.

Alors voila, on se plaint, on sait que ca ne va pas, mais on fait quoi maintenant?

Toute suggestion est la bienvenue, je reprends le taff, envoyez moi des MP =)

J'ai décidé de ne pas le laisser faire, et d'agir en sorte pour que cela n'arrive pas, et vous?

Oui le parrallele bande fm et internet peut être observé...la bande fm cet espace de liberté disparu...


sur le plan espace de liberté disparu je suis OK mais sur la cause pas OK

les radios A et B ( assos A et commerciales B ) se sont fait racheter à tour de bras pour devenir des C ( reseau genre fun sky etc ) avec equipe locale reduite puis finalement devenir D ( fun sky mais sans presence d equipe dans la ville )

c est plutot la loi du marché la loi de la jungle , les plus pauvres les plus en difficultés rachetées par les reseaux ; mais politiquement parlant c etait neutre

alors que là c est 100 % politique je trouve ( bon au passage les plus gros essaieront d en profiter )
Le Net devient de + en + un espace commercial...on garde le même esprit/la même façon de faire que pour la radio...une transposition de notre systeme dans des espaces virtuels !
Mais bon, comme tu le soulignes ce coup-ci les gros prennent et se partagent tout de suite le gateau...avec l'appui ou pour support les politiques.
Enfin cela doit être "normal" puisque nous sommes pas loin de 30 ans + tard et notre société à l'évolution que l'on connaît...malheureusement!
C'est ce que je pensais, je n'ai JAMAIS vu un gouvernement de droite soutenir des artistes et c'est derrière ce paravent dégoulinant de bon sentiments que s'approche N.S. et une idéologie plus que douteuse mais qui lui assurera un pouvoir sans partage : la télé, les radios, la presse et maintenant : Internet !! La stratégie étant de contrôler tous ce qui peut faire "l'opinion publique ". De plus, ayant à faire à des députés( de gauche comme de droite ) ayant une connaissance faible sur le sujet (l'informatique, les réseaux, internet,etc ,etc): c'est passé !!
Je pense que l'espoir n'est plus permis ... plus le temps passe, plus l'empereur avance ces pions.
Conclusion : ALLEZ VOTER !
'superchips', le 01/01/1970 - 01:00
Oui c'est sûr, les verts vont faire obstacle à la politique européenne de l'UMP... n'importe quoi
Et pourquoi?
Oui allons votez et essayons de contrer Mr Sarkozy©™. Je vais tenter de convaincre 10 personnes qui ne votent pas d'aller voter.
j'ai toujours réve d'avoir un amx30 devant ma porte pour me surveiller..
et avec ceci plus de chomeurs et ça relance nos usines.
bravo mon grand sarko
Et pourquoi pas réaliser une sorte de meeting à ciel ouvert? Pour faire connaitre le problème? Pour le médiatiser? Pour rassembler du monde et pourquoi pas poser les bases d'un nouveau parti?
Ein Volk, ein Reich, ein Führer! on y vient, lentement mais surement. A coté, le complot mondial des illuminati pour contrôler le monde c'est de la petite bière
Je ne sais pas combien de temps durera notre démocratie;Mais c'est mal parti pour durer 1000 ans!
Orwell ne s'est planté que de 26 ans, c'est pas mal...

le point Godwin me démange sauvagement quand je met tout ça bout à bout
j'ai toujours réve d'avoir un amx30 devant ma porte pour me surveiller..
et avec ceci plus de chomeurs et ça relance nos usines.
bravo mon grand sarko
L' amx-30 c'est pour PROTEGER...
j'ai toujours réve d'avoir un amx30 devant ma porte pour me surveiller..
et avec ceci plus de chomeurs et ça relance nos usines.
bravo mon grand sarko

L' amx-30 c'est pour PROTEGER...

Et l'arme nucléaire pour intimider ...

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