Alors que la France pensait s'être débarrassée de l'amendement Bono grâce à un compromis mou et une ultime manoeuvre procédurale, le Parlement Européen a réaffirmé mercredi son attachement à l'amendement anti riposte graduée présenté par Guy Bono et Daniel Cohn-Bendit. La France, par son entêtement à ne pas vouloir accepter cet amendement, repousse de plusieurs mois le Paquet Télécom, mais est politiquement dos au mur concernant la riposte graduée.

Mise à jour : Interrogé par PC Inpact, le porte-parole de la Quadrature du Net indique que le Paquet Télécom a été repoussé du fait du vote de l’amendement Bono, puisqu’il devra repasser en conciliation pour une troisième lecture, à partir de septembre, après les élections européennes. « On rempile pour 3 ou 6 mois de Paquet télécom », confie-t-il. « Les débats ont permis d’affirmer que l’accès Internet est bien un droit fondamental en totale contradiction avec le projet Hadoi actuellement débattu à l’Assemblée nationale. Ce vote finit d’achever Hadopi ! ».

Une nouvelle fois contre toute attente, le Parlement européen a rejeté mercredi matin le compromis Trautmann et adopté la version originelle de l’amendement Bono (138/46), qui fait obligation aux états membres de passer par un ordre préalable de l’autorité judiciaire avant toute suspension de l’accès à Internet.

C’est une immense victoire du Parlement contre l’Hadopi, si la France ne force pas une conciliation pour retarder l’adoption du Paquet Télécom de plusieurs mois.

Sous la pression très forte des citoyens, le Parlement a dû inverser l’ordre des votes, pour se prononcer d’abord sur l’amendement Bono. Il a été adopté par 407 voix contre 57, et 171 absentions. « Les eurodéputés – à l’exception notable des membre de l’UMP – ont ainsi réaffirmé leur attachement à la défense des droits des internautes« , s’est félicité l’eurodéputé Guy Bono. « A un mois des élections européennes, c’est un signe fort ! Contrairement à ce que semble penser l’UMP et sa ministre de la Culture, l’avis du Parlement européen ne vaut pas rien !« 

« C’est une nouvelle claque pour Sarkozy et le gouvernement français ! Le Parlement a dit non à Sarkozy autant sur le fond que sur la forme ! Les eurodéputés ont dit non à la riposte graduée et non aux pressions inadmissibles exercée par la France sur le premier organe démocratique du continent européen !« 

« Quand l’Europe veut, l’Europe peut« , ironise-t-il en référence au tract de l’UMP pour les élections européennes.

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